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La condamnation à mort de Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir : Un cas de dysfonctionnement de la justice mauritanienne


Actu Mauritanie
Jeudi 5 Février 2015 - 22:18

(Extrait) En un mot, Mohamed Cheikh a été condamné à la peine capitale pour avoir fait usage de sa liberté d’expression dans un pays censé la garantir. Et on peut ajouter que la condamnation pour apostasie n’est pas conforme « aux exigences du monde moderne », ni compatible avec la « garantie intangible (...) des libertés et droits fondamentaux de la personne humaine ».


La condamnation à mort de Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir : Un cas de dysfonctionnement de la justice mauritanienne
En Mauritanie, la peine de mort concerne les crimes suivants : homicide, terrorisme, viol, apostasie, adultère, trahison, espionnage, torture, parjure, complicité et homosexualité. Cependant, elle n’est pas appliquée depuis le 6 décembre 1987, lorsque trois officiers noirs de l’armée (les lieutenants Ba Seydi, ancien commandant de la base navale de la capitale, Sarr Amadou et Sy Saidou, ancien officiers d’état-major), furent fusillés par la justice militaire sous l’accusation de complot contre l’État. Depuis lors, 52 personnes accusées de terrorisme se trouvent dans le couloir de la mort (Ensemble contre la peine de mort, Mauritanie). 

 

La condamnation à mort de Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir : Un cas de dysfonctionnement de la justice mauritanienne
La condamnation de Mohamed Cheikh révèle l’ampleur de l’importance acquise au fil des années par les mouvements islamistes qui ont été directement influencés et financés par l’Arabie Saoudite et les autres pays du Golfe. L’islamisme oriental, salafiste et wahhabite, a commencé à s’introduire en Mauritanie dès la fin des années 1970, mais il a acquis de l’importance après les années 1990. Les militaires ont souvent réprimé cet islamisme politique, étranger à un pays socialement très ouvert, de tradition sunnite, centré sur la pratique privée et austère de la religion, sur les réseaux confrériques et sur le soufisme. La chute du régime de Maaouya ould Sid’Ahmed Taya, en 2005, a ouvert les portes à un grand changement social et politique. Après une année de gouvernement militaire dirigé par le général Ely ould Mohamed Vall, un gouvernement civil fut élu en 2007. Mais le président Sidi ould Abdellahi fut démis de ses fonctions par un nouveau coup d’État dirigé par le général Mohamed ould Abdel Aziz, qui se fit élire président en 2009, et qui vient d’être réélu en juillet 2014. Contrairement à la période précédente, l’islamisme se présente sous de nouveaux habits et n’est plus ouvertement attaqué.

Trois forces islamiques coexistent dans le pays : les érudits [ouléma] et/ou les imams des grandes mosquées, loyaux aux pouvoirs en place ; les groupuscules islamistes financés par les Saoudiens qui sont devenus très populaires dans les quartiers pauvres des grandes villes ; et enfin le parti Tawassoul, adhérant au parti des Frères musulmans d’Égypte, qui, en l’absence de partis d’opposition légale lors des dernières élections présidentielles, a obtenu 16 sièges au Parlement et constitue actuellement la seconde force politique en Mauritanie


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Dr Mariella Villasante Cervello ​

Anthropologue (EHESS), spécialiste de la Mauritanie et du Pérou
Institut de démocratie et des droits humains de la PUCP (IDEHPUCP), Lima, Pérou
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