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La Mauritanie réfléchit à un déploiement au Mali


Guerre au Mali
Mercredi 6 Mars 2013 - 10:00

Le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a déclaré, le lundi 4 mars à Nouakchott, que son pays était prêt à intervenir militairement au Mali dans le cadre de l’ONU.


[AFP/Joel Saget] Des soldats maliens gardent des prisonniers attendant de monter à bord d'un camion après être arrivés à Kadji en bateau, par le Niger, dans le nord du pays.
[AFP/Joel Saget] Des soldats maliens gardent des prisonniers attendant de monter à bord d'un camion après être arrivés à Kadji en bateau, par le Niger, dans le nord du pays.
"Si la situation change, rien n’empêchera la Mauritanie, en tant que membre de l’ONU, d’engager des forces dans le nord du Mali ou dans les régions ouest du pays pour y assurer la stabilité et la sécurité," a affirmé le président mauritanien lors d’une conférence de presse avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou en visite à Nouakchott.

Le Niger et la Mauritanie partagent le même point de vue concernant la lutte contre le terrorisme et excluent toute négociation avec les terroristes, a ajouté Ould Abdel Aziz.

"C'est un devoir que nous allons assumer dès que possible", a-t-il promis.

Ce sont les forces alliées de la France, du Mali, les membres de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et d'autres états africains qui mènent désormais cette guerre contre les terroristes dans le nord du Mali.

Selon l'AFP, plusieurs membres du bloc régional de la CEDEAO s'étaient portés volontaires pour envoyer des centaines de soldats rejoindre une force militaire destinée à soutenir le gouvernement de transition en difficulté à Bamako.

Mais peu de troupes étrangères se sont jusqu'à maintenant activement impliquées aux côtés de la France sur les fronts de cette opération, qui dure depuis presque deux mois, à l'exception du Tchad dont les soldats, forts d'une grande expérience du désert, ont été le fer de lance de la chasse aux militants.

Ould Abdel Aziz a justifié la réticence de son pays à s'engager dans la guerre au nord du Mali en expliquant : "Si la Mauritanie n'a pas encore participé, c'est parce qu'elle n'est pas membre de la CEDEAO, et que ce sujet concernait alors les états membres de ce groupe".

Le président a renouvelé l'engagement de son pays à offrir son assistance aux forces françaises et maliennes. "La Mauritanie, qui n'est pas prête à s'engager dans une guerre avec ces groupes, joue toutefois un rôle essentiel en empêchant les terroristes de s'infiltrer et de se réfugier sur son territoire et en les canalisant dans le nord du Mali, de manière à permettre aux unités maliennes d'intervenir et de les détruire dans leurs repaires, et je pense qu'il s'agit d'un rôle très important", a-t-il fait remarquer.

Les revendications des Touaregs au nord du Mali, ainsi que leurs relations avec l'Etat malien, ont été également abordées lors de cette conférence de presse réunissant les deux présidents.

"La position de la Mauritanie quant à la crise au Mali tient compte du problème du terrorisme, présent dans le nord du Mali depuis 2001 en raison de la légèreté avec laquelle le gouvernement central le traite depuis exactement 12 ans maintenant," a indiqué Ould Abdel Aziz. "Et pourtant, les revendications des populations du nord du Mali qui sont liées aux infrastructures de base, à la santé, à l'eau, à l'électricité, aux routes, à l'éducation constituent des demandes légitimes."

"Cependant," a-t-il relevé, "d'autres revendications sont inacceptables, parce qu'elles affectent l'unité de l'Etat du Mali. Nous les avons rejetées, nous les rejetons encore, nous les désapprouverons et nous refuserons toujours de les entendre".

"Nous souhaitons toujours que les parties en conflit au Mali trouvent des solutions à leurs problèmes, en partageant équitablement ces richesses limitées parmi la population", a ajouté le Président mauritanien.

Le politologue Hussein Ould Medo a commenté la récente décision de la Mauritanie de s'impliquer plus activement dans le combat contre le terrorisme au nord du Mali. "Cette décision ne signifie pas que la Mauritanie évoque une intervention rapide dans la guerre actuellement menée contre les terroristes, mais devrait être comprise comme voulant dire que la Mauritanie pourrait s'engager dans le déploiement de soldats de la paix sous l'égide des Nations unies uniquement."

"L'option d'une intervention militaire mauritanienne dans la guerre en cours n'a pas suscité, et ne suscitera jamais de consensus dans la classe politique du pays. Le régime ne peut donc pas franchir une telle étape sans fournir de justifications susceptibles de convenir à tous les Mauritaniens", a-t-il ajouté.

Par Jemal Oumar
pour Magharebia


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