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La Mauritanie et la guerre au Mali : Entre fausses manœuvres et infiltrations jihadistes


Actualité
Dimanche 27 Janvier 2013 - 11:20

La Mauritanie s’abstient jusque-là à envoyer ses troupes dans la fournaise malienne, satisfaisant d’un côté sa propre opinion, alors que plusieurs sources évoquent l’appui en logistique et en renseignements qu’elle apporte en douce aux forces françaises et maliennes. Alors que cette participation non déclarée dans la guerre, qui en est sa deuxième semaine, handicape sérieusement son allié français, la Mauritanie devra faire face à l’infiltration sur son territoire d’éléments jihadistes.


Les campagnes d'endoctrinement de cellules salafistes, proches des mouvements djihadistes opéraient tout le long de la frontière mauritano-malienne, comme ici à Bassiknou. Crédit : magharebia.com
Les campagnes d'endoctrinement de cellules salafistes, proches des mouvements djihadistes opéraient tout le long de la frontière mauritano-malienne, comme ici à Bassiknou. Crédit : magharebia.com
Face au silence officiel par rapport aux évènements qui se déroulent au Mali, des sources confidentielles non recoupées et vérifiées, évoquent cependant de plus en plus une participation non déclarée de la Mauritanie dans le conflit malien. Bien que le président Mohamed Ould Abdel Aziz se soit rétracté au micro de France 24 durant son séjour à Paris, l’AFP avait bien rapporté l’engagement qu’il avait fait d’aider les Maliens s’ils en formulaient la demande.

Une nouvelle information voudrait que le président ait promis de nouveau à François Hollande, la possible participation de forces terrestres mauritaniennes, à condition qu’elles ne jouent pas les premiers rôles. Ces propos sont considérés par les analyses de plausibles, eu égard à la concordance des points de vue entre Paris et Nouakchott sur le dossier malien. Ainsi, même s’il n’y a pas encore un seul soldat mauritanien sur le champ de bataille, plusieurs sources s’accordent à affirmer que la Mauritanie participe à la reconquête du Nord Mali sous d’autres formes, notamment l’autorisation de passage des avions français sur son espace, l’offre de logistiques et d’informations capitales sur la position de l’ennemi et ses habitudes, auxquels il faut ajouter la certitude côté opposition que des bases aériennes à l’Est du pays seraient utilisées pour des frappes contre les groupes jihadistes.

Pour corroborer ce point de vue, certains n’hésitent pas à avancer le tandem qu’elle forme avec l’Arabie Saoudite et les Emirats, deux pays du Golfe qui appuieraient l’intervention française dans le Nord Mali. Ces puissances moyen-orientales auraient même, selon les mêmes sources, exercé des pressions sur Ould Abdel Aziz pour l’amener à s’engager plus activement dans l’effort de guerre français. Coincé par une opinion publique, y compris sa propre majorité, totalement réfractaire à une telle entreprise, Ould Abdel Aziz aurait préféré garder le même appui occulte, tout en avançant que l’envoie de ses soldats sur le terrain des opérations est encore prématuré. Certains considèrent en effet que toute intervention de l’armée mauritanienne contre les groupes terroristes serait une déclaration de guerre à forte connotation vengeresse.

Pour le moment, l’aide mauritanienne en logistique et en renseignements pour les forces françaises et maliennes est jugée de hautement positive et auraient beaucoup aidé dans la progression rapide des combats contre les jihadistes. D’ailleurs, cette forme de participation arrange bien la Mauritanie, dans la mesure où elle permet de préserver ses relations stratégiques avec ses alliés français et maliens, tout en donnant au Mauritanien lambda l’impression qu’elle ne participe pas à la guerre. Mais revers de la médaille, cette réticence mauritanienne, à laquelle s’ajoute celle de l’Algérie, aurait plombé les efforts français à entraîner l’Europe dans son sillage. En effet, l’OTAN s’abstient de toute intervention, laissant la France se débrouiller toute seule, face à la non participation dans le conflit des deux pays clés de la crise, en l’occurrence la Mauritanie et l’Algérie.

Selon les stratèges européens, la guerre au Mali ne pourra pas donner des résultats déterminants sans l’implication des deux voisins immédiats du Mali. Il faut reconnaître que si la France a mille raisons d’intervenir au Mali (relations historiques, intérêts économiques et géostratégiques), il n’en va pas de même pour l’Algérie et la Mauritanie, les plus exposés à la vendetta des Jihadistes et ses conséquences en termes d’insécurité et d’instabilité. D’ailleurs, les prémisses de tels dangers se sont traduites la semaine dernière par la prise d’otages dans la mine de gaz d’In Amenas en Algérie, qui s’est soldée par un massacre d’une trentaine d’étrangers.

La Mauritanie commence à connaître des infiltrations de jihadistes fuyant les bombardements français. C’est ce qui expliquerait le branle-bas de combat des forces de sécurité, constaté ces jours-ci dans les villes de l’extrême Est mauritanien, et en particulier dans les camps de réfugiés où la présence de combattants islamiques déguisés en réfugiés aurait été signalée. La gendarmerie nationale mènerait ainsi des contrôles rigoureux à l’intérieur du Camp de MBéra, qui concentre une forte population de réfugiés maliens. Des personnes suspectes sont régulièrement arrêtées sur la route de l’Espoir.

Un jeune homme d’une trentaine d’années aurait ainsi été appréhendé, alors que sept étudiants de l’Institut islamique d’Aïoun (850 Km à l’Est de Nouakchott) auraient été appréhendés par la police, soupçonnés de communiquer avec des groupes jihadistes du Mali

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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