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La Mauritanie entre " trois feux "


Actualité
Mercredi 22 Février 2012 - 09:01

La Mauritanie est, actuellement, dans une situation qu’on ne lui envie certainement pas. Crise à l’intérieur et menaces à l’extérieur, du fait de troubles dans deux de ses voisins immédiats, le Mali et le Sénégal


La Mauritanie entre " trois feux "

Il est préoccupant de constater que le pouvoir mauritanien n’accorde aucun intérêt à ce qui se passe à ses frontières, en tentant, par exemple, de jouer un rôle quelconque dans le conflit malien, alors que le Premier ministre se déplace en Syrie pour apporter le soutien de la Mauritanie à Bachar Al Assad par des déclarations fracassantes, en déphase complet avec la position de la communauté internationale dans son ensemble. Comme si le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz veut se singulariser, quitte à attirer sur lui les foudres de l’Occident et à remettre en cause les bonnes relations qu’il entretient avec les pays du Golfe, qui ont pris fait et cause pour le peuple syrien. Une attitude qui rappelle, étrangement, celle que Nouakchott avait eue vis-à-vis des insurgés libyens, et que le gouvernement mauritanien a dû quand même abandonné pour rattraper le train déjà presque arrivé à destination !

C’est ce jeu équivoque qui risque aussi de mettre la Mauritanie à mal avec ses voisins immédiats. Il n’est pas sûr, par exemple, que la révolte d’une partie des Touaregs du nord Mali arrive à avoir le dessus sur le gouvernement de Bamako, même si les combattants du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad) ont réussi à porter de rudes coups à l’armée malienne. Quand tout sera fini, maintenant ou dans un an, le pouvoir sera obligé de regarder la réalité en face : les relations entre les Etats dépassent le simple cadre des moments de bonne ou de mauvaise humeur. Certes, Bamako n’a pas été d’un grand secours pour la Mauritanie dans son combat contre Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), en n’envoyant pas ses soldats combattre aux côtés des unités d’élite envoyées en " expédition punitive " par Aziz, mais il faut lui reconnaître de n’avoir pas haussé le ton en voyant une armée étrangère mener des opérations de haute sécurité et de guerre sur son propre sol.

On peut aussi soupçonner le Sénégal d’avoir " favorisé " certains des bobos que la Mauritanie connaît depuis un certain temps, parce que le président Wade ne souffre pas d’être concurrencé dans son rôle de " médiateur en chef " en Afrique par un général venu au pouvoir par un putsch qu’il a par la suite " légalisé ", mais on sait aussi que les rapports entre Nouakchott et Dakar doivent dépasser les contingences personnelles ; les deux pays sont liés par l’histoire et par des intérêts économiques et géostratégiques qui font que ce qui se passe dans l’un a, forcément, des répercussions sur l’autre.

Un avis à valeur de reproche

C’est pour dire que l’interview accordée récemment par le président Aziz au journal Le Monde est à situer dans ce contexte de rapports diplomatiques qui doivent être préservés à tous prix. L’avis du président Aziz sur la situation sécuritaire au Nord Mali a été vu, ici et ailleurs, comme un reproche fait aux autorités de Bamako, qui ont laissé tout le nord du pays à Alqaeda devenue l’ennemi juré de la Mauritanie. Aziz ne cache pas son amertume de voir une poignée de salafistes (l’on parle de quelque 300 hommes) braver les armées de quatre pays de la sous-région (Algérie, Mauritanie, Mali, Niger) et même disposer d’une sorte de " paix des braves " avec Bamako qui n’a jamais essayé de remettre de l’ordre dans la partie nord de son territoire. Et ce n’est donc pas pour rien qu’Aziz se soulève et déclare, à qui veut l’entendre, et sans aucun égard pour les souplesses de la diplomatie, que le " vide sécuritaire dans le nord du Mali met en péril la région du Sahel toute entière " et qu’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) est déterminée à exploiter la fragilité sécuritaire de ce pays pour étendre ses opérations terroristes à l’ensemble des pays de la zone.

A ce " péril " terroriste s’ajoute maintenant le conflit entre le Mali et la rébellion touarègue animée par le MNLA dont les combattants côtoient, chaque jour, ceux d’AQMI ! Une situation qui met la Mauritanie dans une position délicate, ne lui permettant sans doute plus de se livrer à la " chasse aux terroristes " parce que cela risque de créer des dommages collatéraux (au sein des populations touarègues en déplacement à cause de la guerre), mais aussi, des risques de tomber dans des embuscades rendues plus faciles par le " camouflage " qu’offre la présence d’autres hommes armés n’ayant peut-être rien à voir avec Al Qaeda. Même si, dans sa déclaration au journal Le Monde, Aziz, laisse entendre que le MNLA d’Yad Ghali pourrait bien avoir noué des relations stratégiques avec les groupes terroristes.

C’est une accusation de faiblesse que les autorités de Bamako n’ont sans doute pas appréciée, même si elles n’ont pas réagi, trop occupées qu’elles sont à mater cette rébellion qui risque de remettre en cause l’agenda électoral en cours. D’aucuns pensent même que la Mauritanie a pris le parti de la rébellion touarègue parce que le chef de sa diplomatie avait déclaré que les revendications de cette communauté sont, quelque part, justes ! L’opposition à la manœuvre

C’est par rapport à ces deux crises (sénégalaise et malienne) que la Coordination de l’opposition démocratique (COD) cherche à tirer profit de ce que l’on peut appeler " les indélicatesses diplomatiques " de Nouakchott. Dans tous les discours que tiennent actuellement les leaders de la COD l’accent est mis sur ces erreurs d’appréciation dont le prix pourrait être payé un jour, quand les voisins de la Mauritanie auront réussi à calmer le front intérieur pour se consacrer aux relations extérieures et à tout ce qui a été dit dans ce cadre. Wade qui a été attaqué frontalement par le ministre français des Affaires étrangères et par le Département d’Etat Américain a sans doute plus d’une carte encore dans son sac. S’il sort vainqueur des élections du 26 février prochain, et s’il parvient à calmer le jeu, il se rappellera sans doute que Nouakchott avait appelé, peut-être un peu trop vite, les mauritaniens du Sénégal à quitter ce pays, et que l’opposition avait condamné cette précipitation. Aussi, il faut s’attendre à un possible froid dans les relations entre les deux pays, même si, à Nouakchott comme à Dakar, on fait comme si le courant passe très bien entre Aziz et Wade. Wait and see.

Sneiba

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1.Posté par FADIGA le 22/02/2012 13:45
Le MNLA declare tout haut que les touaregs sont différents des restes des maliens et ne peuvent donc pas cohabiter avec les negres. Si le chef de la diplomatie mauritanienne trouve cela juste, il doit tout simplement aller voir son patron et lui demander de permettre le morcellement de la Mauritanie parce que les negres de Mauritanie sont eux aussi très différents des maures.

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