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La France à Tombouctou


Tribunes
Dimanche 3 Février 2013 - 21:35


La France à Tombouctou

Le président Hollande est allé à Tombouctou. C’est une petite coquetterie d’atavisme français pour l’Histoire. Un vieux pays d’Europe lutte, non sans succès, pour continuer à se donner une place digne de lui.

 

1) L’Histoire en marche, vue de France : Fierté légitime et appropriée ! En dépit des vents contraires de la démographie, de la bascule de l’Europe vers son centre germanique, du tangage du monde vers l’Extrême-Orient, la France reste nécessaire, indispensable et souhaitée pour le maintien du tampon du Sahélo-Saharien et au-delà. Elle confirme sa capacité à tenir son rang et défendre ses acquis en Afrique, à répondre à la demande des Africains qui respectent son juste droit et ont besoin d’elle pour conserver les leurs.


L’Histoire en marche vue d’Afrique, constate l’échec des Africains à disposer d’une défense intérieure autonome et une souveraineté capable de résoudre seule les contradictions nationales majeures. Les Africains n’ont pas trouvé de solutions aux impasses des « nations vues de l’esprit ». Plus de 50 ans après les indépendances ; un Etat extra continental reste incontournable pour le maintien de nombreux Etats d'Afrique. Que l’on aime, s’accommode ou déteste, toute réflexion africaine pour un avenir africain part de ces faits !


Vue du Mali ; en dessous de la boucle du Niger, en pays noir, là où se trouve le gros des maliens, plus 13 millions de personnes sur 15 : L’heure est à la joie et au soulagement. Davantage de lucidité tempèrerait les joies : les choses ne se refont pas à l’identique après qu’un Etat ait failli et qu’un territoire perdu ait été remis par un pays étranger, fusse-t-il ami !


Vue du Mali encore, mais au Nord de la boucle du Niger, en pays Touareg : c’est inquiétudes et exode. Davantage de sang froid rassurerait. On ne recompose pas le Mali à l’ère du pétrole, de l’uranium et d'Etats d’Afrique du Nord autonomes; de la même façon que du temps du coton, de filatures à Lille et une Algérie encore française!


Quoi qu’il en soit, avec le temps qu’accorde la présence de l’armée française pour plusieurs années, l’heure est venue pour les maliens de refonder un Etat.


« Un monsieur Diarra », ancien ministre des affaires étrangères du Mali, sur un plateau de télévision française, donnait une réponse récemment : « les maliens vont se réunir entre eux et trouver la solution à leur problème politique interne ». Une telle piste, vue de Paris, évoque le paradis pour les « chargés d’ingénierie gouvernementale » française en Afrique ! Mais c’est aussi le purgatoire de la France : si peu d’exigence des élites africaines, si peu d'ouverture sur les enjeux, peut être commode pour bricoler un gouvernement mais laisse seul pour servir un projet géostratégique durable ! Combien de temps des élites africaines soucieuses de leurs lignages familial et tribal, mais sans vision d’avenir pour leur pays, suffiront-elles encore à satisfaire l’avenir de la France en Afrique ? C'est d'ailleurs de solitude que la vision de la France pour l'Afrique souffre le plus : Des alliés européens peut enclins à se faire conduire en Afrique, des alliés américain trop englobant, des amis Africains commodes mais trop passifs ou dépendants ;  des marchands français aussi enclins à aveugler la France, par confusion des intérêts, que l'étaient les lobbies coloniaux.


2) Perspective d’Histoire vue d’Afrique : Quels que soient les bricolages politiques (démocratie sans citoyens, primauté de l’Etat central sans identité nationale, nation établie sans peuple singulier), 3 générations post indépendance ont failli envers une ambition historique africaine pour l’Afrique. Leur intelligence est restée accaparée par les recompositions des statuts intra et inter tribaux et occupée au partage de la seule ressource sous contrôle locale : les dividendes du pouvoir. Les individus différents ont le plus souvent été brisés par les africains eux-mêmes. L’expression d’ambitions historiques, faute de conscience collective et de projet compatible avec l’harmonie globale du monde, s’est le plus souvent traduite sous forme de révoltes meurtrières et non de révolution des consciences. Il est impossible aux Africains de continuer entre révoltes irrationnelles, vindictes réactionnelles et docilité économe pour la survie de la génération du moment mais sans vision d’avenir pour les suivantes.

Perspective d’Histoire vue de France : en dépit ou avec les aveuglements des capitaux marchands, en dépit ou avec les besoins miniers de l’Extrême-Orient, avec ou sans capacités partenariales des Africains, il faudra de toute façon transformer cette nouvelle victoire des armes en un nouvel ordre stable et pacifique pour servir de levier de prospérité à l’humanité ! C’est nécessaire pour la France, c’est vital pour la paix à défaut de prospérité, au Sahel-Sahara !


Antipervers



              

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