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La Chine assouplit le dogme de l'enfant unique


Lu sur le web
Vendredi 15 Novembre 2013 - 13:55


Un enfant à Hongkong le 1er octobre 2011, lors de la fête nationale chinoise. | AFP/ED JONES
Un enfant à Hongkong le 1er octobre 2011, lors de la fête nationale chinoise. | AFP/ED JONES
A l'issue du troisième plénum du 18e comité central du Parti communiste chinois (PCC), Pékin a fait vendredi 15 novembre une série d'annonces majeures relayées par l'agence de presse officielle Chine nouvelle : assouplissement du contrôle des naissances, abolition du système de "rééducation par le travail", réduction du nombre de crimes passibles de la peine de mort, autorisation des étrangers à installer des banques en Chine, et exigence de l'Etat vis à vis des groupes publics de lui reverser 30 % de leurs bénéfices d'ici à 2020.

Contrôle des naissances
 
La Chine va assouplir sa politique de contrôle des naissances, dite de l'enfant unique, lancée en 1979. Les couples dont au moins l'un des membres est lui-même enfant unique seront autorisés à avoir deux enfants, selon "une décision majeure" dévoilée par le PCC, selon le média d'Etat.
 
Les démographes chinois réclamaient en vain depuis plusieurs années un assouplissement de la planification familiale, voire son abandon, au motif que le taux de fertilité était passé bien au-dessous du seuil de renouvellement de la population. Le syndrome du "pays vieux avant d'être riche" préoccupe aujourd'hui les Chinois. Des démographes, mais aussi des économistes, signalent que la Chine approche du "tournant de Lewis", moment où le déclin de la population en âge de travailler à l'usine lui fera perdre ses avantages comparatifs : le dividende démographique, c'est-à-dire les bénéfices de la réduction de la population, est appelé à devenir une dette démographique, en raison du fardeau représenté par la population âgée.
 
Actuellement, la loi chinoise autorise les couples à n'avoir qu'un seul enfant, mais des exceptions existent pour les couples dont les deux membres sont enfants uniques. "La politique des naissances sera ajustée et améliorée progressivement pour promouvoir 'l'accroissement équilibré à long terme de la population de la Chine'", a rapporté Chine nouvelle.
 
Jusqu'à présent, les dirigeants chinois répétaient de façon constante que la politique de l'enfant unique restait nécessaire et qu'un développement démographique excessif menacerait la croissance économique du pays.
 
En trente ans d'application, de 1980 à 2010, la politique de l'enfant unique a conduit à 281 millions d'avortements et 516 millions d'opérations de pose de contraceptifs et de stérilisation, selon le ministère de la santé.

Les couples dont au moins l'un des membres est lui-même enfant unique seront autorisés à avoir deux enfants, selon "une décision majeure" dévoilée vendredi. | "Le Monde"
Les couples dont au moins l'un des membres est lui-même enfant unique seront autorisés à avoir deux enfants, selon "une décision majeure" dévoilée vendredi. | "Le Monde"
"Rééducation par le travail"
 
La Chine va également abolir son système de "rééducation par le travail" (laojiao en chinois), dans lequel des personnes peuvent être envoyées dans des camps pendant des années sans procès ni décision de justice.
 
Cette décision "fait partie des efforts pour améliorer [le respect] des droits de l'homme et les pratiques judiciaires" dans le pays, a précisé le média d'Etat, soulignant que Pékin allait également réduire "par étapes" le nombre de crimes passibles de la peine de mort.
 
"C'est une décision logique dans la mesure où le pouvoir avait annoncé en décembre 2012 que le système allait être aboli d'ici à la fin de l'année 2013. La question qui se posait était la suivante : est-ce que cela allait être un texte unique ou bien est-ce que cela allait s'intégrer dans un paquet de réformes ? Puisque cette réforme est associée au nouveau président et secrétaire général du PCC, Xi Jinping, il est logique que ce soit annoncé dans le bouquet de réformes du troisième plénum", précise Stéphanie Balme, chercheuse à Sciences Po Paris et au Centre d'études et des recherches internationales, spécialiste du droit en Chine.
 
Les camps de rééducation par le travail, institués en 1957 au début de la campagne "anti-droitiers", accueillent les petits délinquants, mais aussi toute une population de "prisonniers d'opinion" accusés souvent de "troubles à l'ordre public". On y trouve des "plaignants", dont les démarches gênent le pouvoir, des convertis de tout acabit dont le prosélytisme est jugé dangereux par le parti (comme les membres de la secte Falun Gong), mais aussi des dissidents (Liu Xiaobo, qui purge désormais une peine de onze ans de prison pour incitation à la subversion de l'Etat, y fut envoyé pendant trois ans dans les années 1990).
 
Sur simple décision de police, ce système permet d'envoyer dans les camps des personnes pour une durée allant jusqu'à quatre ans, sans passer par les tribunaux. Il est vivement dénoncé pour les nombreux abus qu'il permet, notamment de la part des cadres locaux cherchant à faire taire leurs opposants ou les internautes qui les dénoncent, ou encore contre les "pétitionnaires" qui demandent réparation d'un préjudice commis par les autorités locales. 
 
Le premier ministre, Li Keqiang, en poste depuis mars, avait lui-même annoncé au printemps qu'une réforme du système serait dévoilée avant la fin de l'année. Selon l'intellectuel Hu Xingdou, les quelque 350 camps chinois détiennent entre 1 000 et 2 000 prisonniers chacun – soit en totalité entre 350 000 et 750 000 personnes.
 
 Source : AFP
Mamoudou Kane


              

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