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La COD enterre l’initiative de Messaoud


Actu Mauritanie
Mardi 9 Juillet 2013 - 09:30

C’est peut être le grand tournant de la crise politique en Mauritanie : Lors de son meeting de dimanche, sur la mythique place Ibn Abass, la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) est revenue à son slogan des débuts d’un «printemps mauritanien» qui a du mal à aboutir, réitèrant son appel au départ du président Mohamed Ould Abdel Aziz et annonçant son refus de participer aux futures élections.


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Sans le dire ouvertement, la Coordination de l’opposition démocratique ne s’engage plus dans le processus de sortie de crise que préconise l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaou Ould Boulkheir. Le retour à la case départ, avec l’appel au « rahil » du président Aziz et l’impossibilité pour la COD de prendre part à des élections alors que lui est encore au pouvoir, ne sont-ils pas des prises de position à mettre directement en rapport avec ce qui se passe en Egypte ? Sauf que dans le pays des Pharaons, se sont les militaires qui ont chassé du pouvoir un président démocratiquement élu (et dont la COD réclame le rétablissement) ! La comparaison s’arrête au fait que le « soulèvement » popuaire en Egypte qui a poussé les militaires à reprendre le pouvoir des mains du président Mohamed Morsi, donne des idée à la COD.

C’est ce que le chef de file de l’opposition démocratique et président du Rassemblement des forces démocratique (Rfd), Ahmed Ould Daddah, signifie en disant que le peuple mauritanien n’est pas « moins militant que le autres », dans une allusion on ne peut plus clair à ce qui se passe en Egypte. Pour lui, il faut tout entreprendre maintenant, de manière volontariste mais ferme, pour soutirer le pays à la mainmise d’un groupe d’officiers qui accaparent et dévoient un processus démocratique qui avait pourtant été bien engagé en 2005.

On le voit donc, la COD est échaudée par les évènements d’Egypte et le dernier meeting de la place Ibn Abass était venu lui donner de ardeurs pour relancer son combat politique contre le pouvoir. Elle a sans doute réalisé qu’il est déjà trop tard pour préparer des élections municipales et législatives voulu par le pouvoir dans cinq mois mais qui s’annoncent comme un véritable camouflet pour elle. Peut être pire qu’en 2009, quand elle s’était lancée, tête baissée, dans une élection présidentielle perdue d’avance parce qu’au moment où les candidats de l’opposition dénonçaient le putsch contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le général Aziz avait tout mis en place pour « civiliser » un pouvoir pris par la force le 6 août 2008. C’est pour éviter le même traquenard que la COD prend le risque du boycott – parce qu’on doute qu’elle ait vraiment les moyens de faire partir Aziz – et ne joue plus à quitte ou double en acceptant le plan de sortie de crise de Messaoud.

Pourtant, la déclaration de Mohamed Ould Khlil, l’un des dirigeants de l’Union des forces de progrès (Ufp), si elle engage la COD, est maladroite. Refuser toute participation à une élection qui se tiendrait ici et maintenant c’est assumer un boycott aux conséquences très lourdes mais surtout que le pouvoir puisse maintenant organiser les municipales et législatives en se disant que les « absents ont toujours tort ». Certes, il reste que la COD peut miser encore sur la pression de la communauté internationale pour qu’il y ait des élections consensuelles, mais non sur le « combat » de Messaoud pour faire passer une initiative qui ne prévoit nullement le départ du président Aziz ! L’homme qui est au pouvoir en Mauritanie depuis le 6 août 2008, par un coup de force contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, puis une victoire à l’élection du 18 juillet 2009, ne partira pourtant pas par des manifestations épisodiques sur la place Ibn Abass, surtout que pour le moment sa légitimité est fondée par la présence d’un parlement qui lui est largement favorable et un plébiscite populaire qui ne sera remis en cause par de nouvelles élections.

C’est dire que le changement « qualitatif » dans la manière de mobiliser les militants, ne suffira pas pour ébranler les assises d’un pouvoir qui en a vu bien d’autres. Quand le « printemps arabe » emportait tout sur son passage et que la jeunesse mauritanienne s’essayait avec ardeur aux révoltes (on oserait parler de « révolutions » avec ce qui vient d’arriver en Egypte) qui ont emporté les régimes de Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Ali Abdallah Saleh.

Tout laisse croire donc que la COD fait encore fausse route. Avec une appréciation erronée du terrain politique en Mauritanie à partir d’évènements qui se passent ailleurs. Elle oublie la nature foncièrement pacifique des Mauritaniens qui ont compris, depuis la chute de Taya, que les hommes politiques de tous bords excellent dans le jeu et n’ont, pour la plupart que des intérêts. Alors les Mauritaniens observent les empoignades entre la majorité et l’opposition, écoutent les discours mirobolants des uns et des autres mais se refusent à trancher autrement que par les urnes. Même s’ils savent, là aussi, qu’il s’agit d’une futilité « démocratique » mais avec un moindre mal.

Source: Elhourriya
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