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Noorinfo

La CEDEAO répond aux derniers délires du ministre mauritanien des affaires étrangères...


A.O.S.A
Mardi 24 Janvier 2017 - 23:02


La sortie de crise en Gambie tourne bien partout sauf pour la Mauritanie qui est de plus en plus diplomatiquement déplacée et ridicule à moins de tenir en Gambie de quoi faire dégénérer la sécurité sinon comment comprendre l'immature dernière sortie  à Barcelone de Isselkou Ould Ahmed Izidbih hier 23 janvier où, à propos du dénouement d'une crise dans une affaire qui ne concerne que la CEDEAO, l'UA et l'ONU, il a déclaré ceci :

 

"  Il importe de signaler que toute remise en cause des termes de l'accord conclu, en Gambie, sous l'égide des présidents mauritanien et guinéen, par quelque partie que ce soit, a le potentiel de créer une nouvelle "Somalie", en Afrique occidentale. "

 

http://fr.ami.mr/Depeche-39282.html

 

C'est affligeant ! Cela signifie qu'il interdit même à l'ONU, à l'UA et à la CEDEAO de décider sans parler du peuple gambien après une commission de réconciliation nationale promise par le nouveau président Barrow.

 

Eh ! bien la CEDEAO n'a pas tardé à réagir aujourd'hui 24 janvier toujours de façon diplomatique : les mots du président de la commission Marcel de Souza disent clairement qu'en matière d’amnistie pour Jammeh, ce n'est pas acquis puisqu'il déclare :

 


" Parlant des demandes d’amnistie et de garantie formulées par l’ancien président gambien pour lui-même, son entourage et ses partisans, le président de la Commission a indiqué qu’elles seront examinées par les instances de la Cedeao, de l’Union africaine et des Nations unies. "

 

Quant au nouveau président Gambien, il n'a aucune obligation d'amnistier Jammeh, la CEDEAO " l'appelle à privilégier" , ce qui ne signifie aucune obligation...

 

" S’agissant du nouveau président gambien, Adama Barrow, le président de la Commission l’appelle à privilégier l’unité nationale et la réconciliation de tous les gambiens, le redressement de l’économie, la consolidation de la paix retrouvée et de la démocratie, tout en évitant les règlements de compte et la chasse aux sorcières. "

 

http://www.ecowas.int/le-president-de-la-commission-de-la-cedeao-salue-lissue-pacifique-de-la-crise-post-electorale-en-gambie/?lang=fr

 

C'est donc bien clair. Aucune résolution de l'ONU ni de l'Union Africaine ni de la CEDEAO n'accorde d'amnistie à Jammeh pour l'instant ni surtout ne le protège désormais contre les recommandations d'une commission de réconciliation nationale gambienne qui aurait d'abord étudié le passif de Jammeh avant de trancher.

 

De quel droit parle la Mauritanie qui n'appartient même pas à la CEDEAO et n'a aucune frontière avec la Gambie au point de promettre des malheurs en Sénégambie comme Poutine parlerait à Obama à propos de la Syrie ? A-t-elle un document signé par quiconque de l'ONU, de la CEDEAO ou de l'Union Africaine ? D'où sort le document que Nouakchott a traduit en arabe pour le passer à la télé aux citoyens mauritaniens ? Et même si ce papier existe, il n'a jamais été ni voté ni signé par aucune autorité citée : est-ce alors à la Mauritanie de décider unilatéralement de la suite à donner à la crise gambienne surtout que la presse de la sous-région  crie désormais partout que la Mauritanie, le Tchad et la Guinée sont complices des pillages de Jammeh pour son exil doré en ayant contribué par avions à ce déménagement jamais vu dans l'histoire d'un tyran encerclé par des armées et poussé dehors par l'ONU, l'Union Africaine et la CEDEAO.

 

La Mauritanie semble persister dans cette voie agaçante tout simplement car elle n'avale pas la perte de son allié contre Dakar et veut imposer ses conditions à la Gambie et à la CEDEAO quant au sort de Jammeh histoire de créer une crise... N'est-ce pas du délire tout simplement car n'ayant rien à perdre vu son tourisme à l'agonie, l'image désastreuse de pays esclavagiste, elle peut créer des tensions avec le Sénégal à l'heure où les deux pays ont en partage du gaz qui devrait être produit pour 2021. Bientôt certains diront que le nouveau port de Ndiago servira aussi de base militaire. De là toutes ces provocations diplomatiques.

 

Pourquoi la Mauritanie s'emporte-t-elle à ce point dans ce dossier en disant qu'elle a réussi diplomatiquement là où tout le monde a échoué alors que la médiation mauritanienne et guinéenne est arrivée après les contributions de bien d'autres et surtout parce que Jammeh allait finir ficelé ou liquidé quand on voit comment les forces gambiennes ont accueilli les troupes sénégalaises. N'est-ce d'ailleurs pas puéril comme comportement ? Nous valons mieux que l'image que nous donnons...

 

Les gambiens en avaient assez de ce tyran et aucun des 40% qui ont voté pour lui n'est allé manifester pour lui. Il faut être sérieux. Aucun peuple surtout dominé par la peur ne tient à son bourreau sauf sous le coup du syndrome de Stockholm. C'est vouloir donner un chèque en blanc à tous les tyrans du coin que de faire de cette sortie de crise une sorte de jurisprudence à l'avenir au nom de la paix...

 


Aziz craint-il pour sa retraite ? Qu'il n'ait rien à craindre, il est le meilleur des militaires qui ont pris le pouvoir en Mauritanie, il est le plus démocrate et le plus respectueux des libertés publiques. Sa seule faiblesse est son manque de courage politique à l'intérieur pour sortir la Mauritanie des archaïsmes qui l'empêchent d'avancer. Au contraire, en politique de cette époque molle, il semble nourrir ces archaïsmes peut-être par ce fatalisme qui gangrène jusqu'à l'esprit des plus éclairés parmi nous qui pensent que notre pays n'est pas gouvernable autrement. Il faut en profiter, gérer le quotidien et tenir le bâton pour éviter le sang. Le reste, inchallah... Aussi si les autres militaires avant lui se pavanent à Nouakchott en toute impunité ou ailleurs, lui ne risque rien en Mauritanie de la part du peuple ou même de l'armée. Il devrait plutôt craindre les redoutables milliardaires qu'il a sur le dos notamment en exil. Contre eux, il vaut mieux ne pas quitter le pouvoir...

 

Ainsi, dans cette sortie de crise gambienne, au contraire, il faut regretter qu'un tyran ne puisse jamais répondre de ses actes et fuir comme en roi en vidant les caisses. C'est une insulte à la souffrance des peuples. Du baume au coeur des tyrans en exercice...

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chezvlane


              

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