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LIBYE: LE SILENCE ASSOURDISSANT DE L’AFRIQUE


International
Lundi 3 Février 2014 - 17:45

Depuis la chute du régime de Mouammar Khadafi, la Libye est en quête de stabilité. Dans le sud du pays, les tribus toubous et arabes se livrent à une guerre qui n’a que trop duré. Ce qu’il reste de l’armée du pays a fait un raid aérien cette semaine pour libérer un camp militaire à Sebha et instaurer l’état d’urgence… pendant ce temps, l’Afrique est aux abonnés absents.


Photo d'illustration © Roberto Schmidt / AFP
Photo d'illustration © Roberto Schmidt / AFP
Régulièrement théâtre d’affrontements entre tribus arabes et toubous, le sud libyen figure-t-il dans l’agenda de l’Afrique, et singulièrement de l’Union africaine ? Pourtant, il s’y passe une salle guerre. Une guerre qui va virer vers un nettoyage ethnique, si on n’y prend garde ! Déjà en 2012, ce sempiternel conflit avait fait 150 morts avant une trêve, … Celle-ci eut lieu à Sebha, à 650 km au sud de Tripoli, la capitale. Mais auparavant, une autre guerre intertribale se déclarait à Koufra, dans l’extrême sud du pays, …

Depuis le début du mois de janvier 2014, la mèche s’est rallumée, dans un pays sous le chaos. En témoigne, le rapt de 5 diplomates libyens à Tripoli. Salah al Marghani, ministre libyen de la justice, vient de confirmer une prise de contacts avec les ravisseurs. Dans un tel contexte et des batailles qui ont fait 154 et plus de 450 morts, de source hospitalière, l’absence de transactions pilotées par l’Union africaine fait désordre. A Sebha, les toubous libyens, qui sont des noirs et vivant dans une région à cheval entre la Libye, le Tchad et le Niger, sont en guerre contre des tribus arabes de la branche des Oulad Sleiman. Ces derniers reprochent aux premiers d’être des envahisseurs, même si cette ville de Sebha, située en plein territoire libyen, est pratiquement équidistante de la capitale et des frontières des Etats cités plus haut. Amnésiques ces derniers ne remontent pas jusqu’à la Conférence de Berlin (1884-1885) qui balkanisa l’Afrique, ou plus loin à la colonisation arabe, avec les vagues d’islamisation aux VIIIème et XIXème siècles. Dans le même sillage,

l’UA, dont l’ancêtre l’OUA a, dans un élan de facilités, décidé d’accepter de partir sur les frontières héritées de la colonisation, au prix de scinder en deux des peuples et des familles, croise les doigts dans ce qui va ressembler à un nettoyage ethnique. C’est d’autant plus plausible que des partisans de l’ex-homme fort libyen, Khadafi, à Ouerchefana à l’ouest de Tripoli, se sont engouffrés dans la brèche pour attaquer et occuper la base militaire de Tamenhat, dans la banlieue de Sebha. De là à confondre les toubous aux pro-Khadafi, il n’y a qu’un pas que des rebelles, qui ont chassé l’ex-Guide du pouvoir, n’hésiteront pas à franchir. L’Omerta de l’organisation africaine sur l’esclavage en Mauritanie va-t-elle s’ajouter au motus de trop, sur des drames qui concernent des noirs africains sur la terre d’Afrique. Cette fois-ci, Nkosazana Dlamini Zuma, président de la Commission de l’UA, sud-africaine, pourra-t-elle enfin engager les pays-membres, le sien en tête- du reste le plus puissant- pour mettre un terme à une injustice qui ne que trop duré.

Source:lesafriques
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