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L’occident, la dernière prison des exilés mauritaniens…


A.O.S.A
Lundi 22 Avril 2013 - 09:53


L’occident, la dernière prison des exilés mauritaniens…
A Paris, j’en ai rencontré un et des plus fameux : 27 ans sans avoir remis les pieds en Mauritanie ! On raconte que nos exilés viennent de temps en temps en douce via le Sénégal en traversant le fleuve pour aller au village, revoir du pays puis rentrer toujours en douce en occident pour ne pas perdre le statut de réfugié politique. Vu de Mauritanie, certains pensent que les exilés ont une vie en or loin de chez eux or indépendamment du fait que la qualité de vie est meilleure en occident où on n’a pas, comme chez nous,  peur des aliments périmés, des médicaments trafiqués, de hôpital mouroir ou du médecin incompétent ou du système éducatif détruit ou de l’ennui quotidien ou des problèmes de visas pour aller respirer ailleurs, indépendamment de cela, nos exilés ont fini par fuir une prison pour se retrouver dans une autre prison…
 
Celui que j’ai rencontré est certainement l’un des êtres humains les plus accomplis que j’aie rencontrés dans ma vie. A vrai dire, des comme lui, j’en connais que 3 ou 4 en Mauritanie. Un être pareil ne peut pas vivre dans la Mauritanie d’aujourd’hui sauf à vivre comme celles et ceux qui lui ressemblent à savoir vivre caché et silencieux loin de la scène politique et médiatique. Quand on rencontre ce genre de personnage, on se rend compte combien nous vivons dans un univers psychologique où les coups pouvant pleuvoir de partout, nul ne peut survivre s’il n’a pas une dose respectable de paranoïa et surtout s’il n’a pas déjà tant de fois goûté à la nausée qu’il finit par trouver ce goût assez naturel, banal comme le malheur quand on en prend l’habitude comme un mal nécessaire pour être un homme ou une femme lucide et serein dans la Mauritanie citadine d’aujourd’hui.
 
Figurez-vous que ce monsieur, comme tant d’autres exilés, est plus engagé et plus au courant de ce qui se passe en Mauritanie que ceux qui y vivent. Ces gens-là sont collés aux nouvelles, lisent tout le net disponible, écrivent, s’expriment à la radio, vivent jour et nuit en pensant à la Mauritanie sans y avoir mis les pieds depuis 27 ans !
 
Ce monsieur est un négro-mauritanien de la race de ces vieilles familles métissées où l’on avoue avoir une mère, une grand-mère, une tante maure. Il appartient comme tant d’autres à la Mauritanie plurielle telle que cette terre l’a toujours été avant que des criminels n’y distillent à grande échelle racisme et fanatisme de l’arabité errante dont le dernier braquage est d’avoir retiré de la constitution la langue de travail qui permettait à toutes les communautés d’avoir ce butin de la colonisation en commun pour se comprendre. Ces mêmes petits types complexés en retirant le français comme langue de travail n’ont fait aucune place à la première langue du pays à savoir le hassanya sous prétexte que ce serait un dialecte trop vulgaire par rapport à l’arabe parlé aveuglément par une poignée de borgnes qui veulent mystifier et complexer la majorité des maures et des h’artines qui ne  parlent parfaitement que le hassanya sans parler des négro-mauritaniens qui doivent s’arabiser ou se condamner à vivre comme des arabes israéliens. Passons.
 
Ce monsieur, auteur parmi d’autres du manifeste du négro-mauritanien opprimé comme il aurait pu rédiger le manifeste du h’artani enfumé ou du maure dénaturé, ce monsieur vit dans son salon au milieu d’objets qui lui rappellent la Mauritanie jusqu’au petit drapeau à l’entrée de l’appartement. A l’entendre ou à le lire, on pourrait penser avoir affaire à un petit diable or il ne s’agit que d’un ourson qui ne ferait jamais de mal à une mouche  mais qui parle et écrit comme quelqu’un qui n’a pas à craindre le qu’en-dira-t-on du pays.
 
Pourquoi ne rentre-t-il pas ? Plus facile à dire qu’à faire. Tant qu’il y avait des régimes qui leur faisaient risquer la prison, cet exil avait un sens mais aujourd’hui que craignent-ils ? D’abord, on a beau dire, reste que le régime civilisé en place peut enfermer qui il veut à sa guise. Si les exemples ne sont pas nombreux, les arrestations arbitraires ou tout comme existent toujours, aussi personne ne peut assurer que les exilés politiques ne risquent rien en rentrant. Mais ce n’est pas là le plus grand danger : le plus grand danger est de rentrer pour rien ! Rentrer en voyant qu’il n’y a plus de lutte ou du moins que la lutte est devenue plus compliquée car l’ennemi a changé de visage et peut-être même de cœur…
 
Rentrer d’exil sans personne pour vous attendre que la famille c’est un peu court quand on s’est battu pour la Mauritanie plurielle et pour un meilleur sort pour sa communauté. Rentrer d’exil aujourd’hui c’est un peu rentrer bredouille ou presque. La lutte a-t-elle été inutile ? Certainement pas car tous les exilés noirs et blancs ont contribué à faire tomber la Tayie même s’ils n’ont pas réussi ensuite à faire un procès au système d’où ce goût amer de voir le mal amoindri mais sans être désarmé comme un revanchard sanguinaire persuadé que son heure n’est pas définitivement perdue…

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chezvlane


              

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