Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

L’image et son reflet


Tribunes
Mercredi 17 Juillet 2013 - 15:24

L’image qu’offre la Mauritanie aujourd’hui est effrayante ! La crise est multiforme. Elle est politique, économique, financière et sociale. Mais une certaine pudibonderie bédouine nous empêche encore de reconnaître certaines réalités. La faim continue d’en être une. Oui, nombre de nos concitoyens ont faim ! Avant, on n’acceptait pas de reconnaître notre pauvreté.


L’image et son reflet
La pilule était dure à avaler mais on a fini par dépasser cette étape. Notre pauvreté est actuellement le meilleur produit que nous avons si bien vendue, qu’on a fait partie des premiers pays à bénéficier de la réduction des dettes. Puis, on est restés ensuite des années à cacher le sida, avant de découvrir les mannes qu’une telle malédiction pouvait apporter, en termes de projets juteux. La famine et la pauvreté effrayante qui sévissent actuellement en Mauritanie, continuent encore d’être une honte, que nous tentons de draper du voile sombre du non existant, mais que le commun des visiteurs de la Mauritanie, découvre dès qu’il franchit les frontières du pays. Partout, la face hideuse de la misère vous happe, où que vous vous dirigez.

Dans les régions intérieures, les façades ternes des maisons, les casbahs dépenaillées qui défilent le long des principales artères, la masse hirsute des populations qui jonchent les rues, regards éteints et silhouettes rabougries, vous signalent que vous êtes dans un patelin où les gens ne pètent pas de bonheur. Le phénomène n’est pourtant pas récent. Seulement, ces dernières années, il a empiré. Avec l’arrivée du nouveau pouvoir et la mise en place d’une politique d’austérité qui ne dit pas son nom, la situation générale des populations ne cesse pas de se dégrader. La détérioration des conditions de vie a atteint son point fatidique ces derniers mois. On n’accuse personne… On constate. Dans les villages les plus éloignés de la Mauritanie, la sévérité des conditions a dépouillé les populations de leur dignité. Là, on n’hésite plus à livrer à l’étranger, n’importe lequel, la misère d’une vie, avec des mots qui ont perdu toute leur pudeur.

Nouakchott est devenue ainsi depuis quelque temps, le déversoir de toutes les misères de la Mauritanie, le lieu où affluent des centaines de populations fuyant des bleds où plus rien qui ressemble à la vie n’existe plus. Impossible de franchir deux pas ou de rouler quelques mètres dans cette grande capitale, sans être assaillis par des grappes de gueux qui vous exposent leur douleur. Mains tendues, ils bloquent les grosses avenues ; d’autres pleurent, ou font semblant de pleurer, devant les vitres relevées des étrangers, exprimant la faim qui les tenaille, avec des gestes sans équivoques. Dans les restaurants chics de Nouakchott, les mendiants de plus en plus nombreux et audacieux, forcent les portes d’entrée, importunent des visiteurs de passage attablés.

D’autres plus cyniques, brandissent des feuilles et des seringues, arguant d’une femme ou d’un enfant retenu à l’hôpital, sans soins. La situation est tellement dramatique que les autorités doivent prendre des mesures, toute affaire cessante, pour débarrasser la ville de ces nouveaux chasseurs de prime, ceux qui cherchent à vivoter en vendant leur misère. Cela donne une mauvaise publicité au pays. Par contre, des mesures énergiques doivent être initiées pour augmenter les conditions de vie des populations, assurer les services sociaux de base, veiller à la répartition équitable des richesses nationales, créer des emplois et de la richesse. C’est cela que Ould Abdel Aziz avait promis aux Mauritaniens et non un passage douillet au palais présidentiel, et des voyages à n’en pas finir.

Source:Lauthentic
Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter