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L’histoire d’une femme...Par l'écrivaine et romancière Aichetou Mint Ahmedou


Société
Samedi 12 Décembre 2015 - 14:38

Enfin dans sa maison à elle, avec un mari doux, attentionné, sobre et fidèle. Elle avait attendu ce jour comme on attend le paradis dans une vie ultérieure. Elle était prête à affronter sans vaciller la vague de bonheur qui n’allait pas manquer de la faucher. Mais rien ne survint. Elle n’était pas malheureuse c’est sûr, mais elle ne nageait pas particulièrement dans la joie non plus.


L'écrivaine et romancière mauritanienne Aichetou Mint Ahmedou
L'écrivaine et romancière mauritanienne Aichetou Mint Ahmedou
« Cela viendra », se dit-elle.
 
Bezeid sortait de la salle de bain et l’avait inondée. Quand elle y entra pour prendre une douche à son tour, elle eut de l’eau jusqu’à la cheville. Le savon traînait par terre et elle faillit se casser la figure en marchant dessus. Le flacon de shampoing gisait ouvert au fond de la baignoire et il s’était vidé de son contenu. Tous les mêmes ces hommes, désordonnés et brouillons.

Elle devait se débrouiller pour se laver sans compromettre l’équilibre et la disposition de l’édifice qui avait miraculeusement domestiqué ses cheveux si rebelles à toute discipline. Ce qui n’arrangea pas son humeur, déjà sombrement entamée par l’état de la chambre.

Elle était encore arouss. Elle attacha tant bien que mal, à l’aide d’un chouchou, les innombrables tresses, constellées de perles traditionnelles, qui lui pendaient dans le dos et lui couvraient les tempes et les joues. Le miroir lui renvoya l’image d’une Cléopâtre qui serait passée par les mains d’une forgeronne mauresque.
 
A sa sortie de la douche, Bezeid avait préparé un plateau où un plantureux petit-déjeuner séduisait les yeux et l’esprit. Sellem fut touchée par l’attention et fit honneur au repas comme le lui commandait son solide appétit.

Son nouveau mari aussi fit preuve d’un appétit au moins aussi vorace que le sien. Pourtant il était maigre comme un clou et avait le visage en lame de couteau. Ses amis lui disaient qu’il avait sûrement un boa dans le ventre. Sellem sentit, malgré l’inconfort où la mettait sa terrible coiffure, un petit oiseau de tendresse voleter au-dessus d’eux.
 
Elle fit mine d’engager la conversation mais son mari l’arrêta net, arguant de l’interdiction traditionnelle de parler quand on mange. Sellem trouva la réaction fort rude à son goût mais ‘’la frotta dans sa peau’’. Elle n’allait pas se vexer un jour pareil, dans cette maison si grande et si belle, avec des salles de bain et une cuisine si spacieuses, un salon démesurément grand, des chambres vastes, le tout luxueusement meublé.

Le garage double s’ouvrait grâce à une télécommande et constituait un écrin parfait pour la BMW de Bezeid et sa nouvelle petite Suzuki à elle (qu’elle n’avait même pas encore essayée.) Allons ! C’était la journée du bonheur et aucune rebuffade ne viendrait la ternir.
 
Bezeid finit de manger, but son café et s’étendit sur le dos, en rotant de satisfaction, ce qui faillit étouffer dans l’œuf les espoirs de Sellem d’avoir trouvé un homme à son goût. Montrer son confort physique avait pour elle quelque chose d’impudique et l’embarrassait plus qu’autre chose. Il la regarda avec adoration et rit doucement, en s’étirant comme un gros chat, sans se douter le moins du monde des réflexions de sa tendre moitié.
 
Sellem, adoucie, songea qu’un homme repu et satisfait ressemblait à un félin, pour ne pas dire un animal tout court, un félin étant nettement plus élégant, à ses yeux d’esthète. Elle n’avait pas fini de manger et se demandait si elle pouvait parler sans risque d’être encore rabrouée.

Il la devança de sa voix métallique, cette voix qui l’avait fait tant rêver, adossée à son oreiller en train de chercher le sommeil, en train d’accomplir ses prières quotidiennes, dans toutes les circonstances, dans tous les lieux et par tous les temps. Misère, elle espérait qu’il en serait de même longtemps encore :
 
- Je veux mettre certaines choses au point dès aujourd’hui, pour que tout soit toujours clair entre nous. Ne réponds jamais au téléphone.
 
« Ya Latif, ça commençait bien. »
 
« Beaucoup d’hommes me contactent et je ne veux pas qu’ils fantasment au son de ta voix. Laisse toujours au gardien le soin d’ouvrir la porte, il est payé pour le faire. Je ne veux pas te voir non plus quand j’ai de la compagnie. S’il y a quelque chose à faire pour eux, le boy est là pour ça.
 
Atterrée, Sellem le fixa d’un regard incrédule. Qui est cet homme qui lui parlait avec une autorité aussi abusive. Ce n’était assurément pas l’homme qu’elle pensait avoir épousé. Serait-ce un inconnu, un fou, un ‘’jaloux’’, un sosie qui aurait pris sa place ? Cette grande et belle maison allait-elle être une tombe pour elle ?
 
Cela ne se passera pas comme ça ! Elle ne pouvait s’être trompée à ce point-là et sur toute la ligne ! Cet homme sera malléable ou ne sera pas ! Elle ne pouvait pas non plus se permettre un autre divorce aux yeux de la société et si vite après le mariage !

C’était son troisième mariage et elle n’avait que trente ans ! Son premier mariage avec un chérif (issu de la famille du Prophète PSL) très riche que son père l’avait obligée à épouser s’était soldé par un échec retentissant et mélodramatique et une brouille définitive entre la famille du monsieur et la sienne.

Elle l’avait tant haï, à l’aube de ses treize ans. Elle s’était enfuie du domicile conjugal et son mari, ulcéré, avait refusé de la reprendre, lui que toutes les femmes espéraient attraper dans leurs filets, ou sa fortune, mais peu importe, le résultat était le même.
 
Son deuxième mari, qu’elle aimait bien par contre, à défaut de l’aimer tout court, la trompait d’une façon indiscrète et même ostentatoire, tout en s’adonnant à des activités encore moins avouables. Ses parents outragés avaient prononcé le divorce eux-mêmes chez le cadi.

Elle en avait gardé un sentiment perpétuel de mortification et de manque de confiance en soi. Elle eut des enfants de chaque mariage, deux filles et un garçon. Elle ne réussit à obtenir que la garde des deux filles nées de son dernier mariage et qu’elle aimait comme la prunelle de ses yeux, comme ‘’le bouton de son cœur’’.
 
Le chérif tenait à éduquer lui-même ses fils qu’il avait nombreux et de mères différentes. La famille de leur père était illustre et leur éducation ne pouvait être confiée à n’importe qui. Comme si sa famille à elle comptait pour du beurre. En lui enlevant Ahmed, il lui causa une blessure terrible, dont elle ne s’était pas encore remise.
 
Puis elle avait rencontré Bezeid, alors qu’elle avait fini par avoir peur de tous les hommes, du mariage et de tout ce que cela impliquait. Il paraissait si différent, si fin, si cultivé. Son regard était si pénétrant, son sourire si lumineux.

Il se dégageait de lui une impression de force rassurante et sentait la propreté, détail très important aux yeux d’une femme. Ses manières étaient douces et sa conversation agréable. Il semblait bon et inoffensif. Il s’était déjà marié avec une femme plus âgée que lui, genre femme fatale, qui l’avait couvert de honte et d’opprobre en le trompant avec tout le monde. Il en avait gardé une blessure secrète dont il n’avait parlé qu’à elle et qu’elle devinait douloureuse et indélébile.
 
Deux êtres éprouvés que le sort avait miraculeusement réunis, pour panser ensemble les blessures que la vie leur avait infligés.
 
Allait-il la faire payer pour les fautes commises par son ex-femme ? Ou ne pouvait-il plus faire confiance à une femme tout simplement ? Elle n’allait pas se laisser faire ! Et n’allait pas non plus le quitter ! Cette fois elle voulait être mariée pour de bon. Elle saurait éveiller sa confiance et l’amener à changer d’attitude. Elle en faisait le serment. Sellem sera assez persuasive pour lui démontrer que rares étaient les femmes qui se conduisaient comme sa première épouse et le réconcilier par là même avec la gente féminine.
 
- A quoi penses-tu Sellem ?
 
- A rien …
 
- C’est préférable … C’est quand les femmes ont commencé à réfléchir que la terre a tourné dans le mauvais sens et que le malheur s’est abattu sur les hommes. Une femme doit laisser son mari réfléchir pour elle, ils s’en porteront mieux tous les deux.
 
Il se gratta le menton d’un air pensif et murmura, comme à contrecœur, et Sellem sentit son cœur se serrer :
 
- Je continue donc ce que je disais. Quant à ta voiture, tu ne peux la conduire qu’en ma compagnie et dans ce cas-là, c’est moi qui prends le volant, sinon de quoi aurai-je l’air ?
 
« De mieux en mieux, se dit Sellem, mais tout cela changera mon ami, inchallah, ou alors ma beauté et mon charme auront été toujours inutiles. »
 
Quelques mois passèrent, au cours desquels les choses ne s’améliorèrent guère. Ella aménagea une chambre pour ses filles, qu’elle remplit de jouets et de gadgets électroniques. Elle tendit la chambre de fuchsia et y disposa des tapis d’une teinte plus soutenue.

Des lits, à la tête métallique ouvragée en rosaces entremêlées de grappes de raisins et d’angelots, étaient faits pour recevoir moelleusement les tendres corps des deux petites filles. Les rideaux étaient en cretonne rose fleurie, pour mettre une note de fraîcheur et de simplicité dans tout ce luxe tapageur.
 
Son mari ne s’était guère adouci et s’avérait vantard comme la plupart des hommes quand ils souffrent de manque de confiance en soi. Il lui narrait des contes à dormir debout, dont il était toujours le héros. Comme le fait d’avoir obtenu un diplôme dans une grande école commerciale de Paris, avec mention très bien. A son retour, de grosses entreprises se l’étaient arraché.
 
Un ami de Bezeid, comme sont devenus les amis de nos jours, s’était déjà fait un plaisir de lui raconter par le menu les déboires estudiantins de son futur mari et son diplôme obtenu in-extremis, sans se gêner pour lui glisser que Bezeid avait sa version propre et falsifiée de l’affaire. Et bien sûr, elle garda pour elle ces aveux malveillants.
 
Pour faire plaisir aux hommes, il suffisait de les écouter attentivement, en apparence du moins, avec un sourire admiratif à la clé. Il faut paraître gober avec courage et détermination tout ce qu’ils racontent, même si vous n’en croyez pas un traître mot. Vous pouvez même penser à autre chose en même temps, si le sujet est trop ennuyeux. C’est en cela que l’intelligence de la femme était supérieure à celle de l’homme. Tous des paons, concluait invariablement Sellem, déçue et triste, et qui n’arrêtaient jamais de faire la roue.
 
Elle tint bon cependant, ne s’opposa jamais de front à Bezeid, ne mit jamais de l’eau dans le bain de sa jalousie. Elle cacha toujours les blessures que lui infligeait le caractère soupçonneux de son mari et ses nombreuses provocations. Elle demeura égale à elle-même, ne provoqua jamais une dispute ni n’entretint une querelle. Elle fut aimante, disponible, de commerce fort agréable. Sa maison était bien entretenue, sa cuisine excellente et sa mise toujours fraîche et élégante.
 
Un jour, cependant, alors qu’elle était sortie acheter du pain et qu’elle s’était attardée dans la boutique, attendant que le pain soit livré, elle entendit des cris provenant de sa maison.
 
Elle rentra au pas de course chez elle et comprit tout de suite les raisons du remue ménage survenu en son absence. Bezeid, revenu alors qu’elle était encore à la boutique, était entré dans une rage folle, quand il avait compris qu’elle n’était pas là.

Il hurlait des paroles incompréhensibles et était sur le point de s’en prendre au pauvre boy, qui effaré, reculait jusqu’à se retrouver acculé au mur. Pris de panique, il s’était même couvert le visage, pour se protéger d’un éventuel coup. « Ne t’en fais pas, Limam, songea-t-elle, mon mari aboie mais il ne mord pas. »
 
Ses deux petites filles, terrorisées, poussaient des cris perçants et s’accrochaient l’une à l’autre. Sellem s’élança vers les deux petites et les serra fort contre elle jusqu’à ce qu’elles fussent calmées. Avec un regard lourd de reproches pour Bezeid, elle les emmena dans leur chambre et donna à chacune un bonbon acidulé comme elles les aiment. Quand elle les quitta, elles jouaient tranquillement dans un coin de la chambre.
 
Elle expliqua à un Bezeid, penaud, qu’elle était sortie acheter du pain et que dorénavant, elle lui serait reconnaissante de ne pas se donner en spectacle devant les enfants. Il lui rétorqua qu’elle n’avait qu’à rester auprès de ses enfants et laisser les domestiques faire leur travail.
 
Après cet incident, Bezeid lui interdit de franchir la porte de la maison. Le premier jour, elle demanda à Fatou, leur cuisinière sénégalaise, avec quoi elle allait préparer le repas. Elle lui répondit qu’avant son réveil, le patron l’avait conduite au marché et qu’ils avaient acheté de quoi nourrir un régiment pendant un mois.
 
Bezeid n’avait pas su apprécier sa patience sans faille, sa fidélité, sa disponibilité, son obéissance aveugle. Elle devenait « celui qui trait sa chamelle dans la mare. » Tout ce qu’elle avait supporté, stoïque et digne, n’avait servi à rien.
 
La situation devenait grave et désespérée et la prison dorée de plus en plus étouffante. Sellem en souffrait dans son corps et dans son esprit. Elle touchait le fond du gouffre. Elle ne savait plus depuis combien de temps elle n’avait pas vu ses parents.

Compréhensifs et compatissants, ils souffraient pour leur fille, mais n’osaient intervenir, tant qu’elle-même acceptait son sort. Ils lui rendaient de temps en temps visite, mais répugnaient à abuser de ce droit. Ses amies s’étaient détachées d’elle, car elle ne venait jamais les voir et Bezeid les regardait avec méfiance et circonspection le temps qu’elles passaient chez Sellem.
 
Elle était devenue nerveuse et sursautait au moindre bruit. Elle se mit à fumer paquet sur paquet, en cachette de Bezeid. Il s’en rendit compte et cela lui rappela sa première épouse. Une scène épouvantable s’ensuivit qui ôta définitivement le goût de fumer à Sellem. S’il n’y avait pas eu Lalla et Houda, ses deux filles, avec elle, elle serait sûrement morte de chagrin et de solitude.
 
Un jour, on téléphona à la maison pour dire que la mère de Sellem se trouvait à l’hôpital, suite à une crise d’hypertension. Ce fut évidemment Bezeid qui décrocha et en informa bien malgré lui Sellem.
 
- J’y vais de ce pas, attends-moi ici, et ne bouge surtout pas !
 
- Je viens avec toi, cria presque Sellem, au bord de l’hystérie.
 
- Pas question, il y a plein d’hommes à l’hôpital, les médecins, les infirmiers, les visiteurs, les malades…
 
« Tiens, il est jaloux même des malades », ricana Sellem, à part elle.
 
Il sortit précipitamment, en criant : « Si ta présence est vraiment indispensable, je t’en informerai !! »
 
« Dans mes rêves, oui » se dit Sellem, alors que des larmes de tristesse et de colère commençaient à l’aveugler de leur marée salée.
 
Les petites étaient à l’école et ne rentreraient que dans deux heures. Elle avait donc un peu de temps devant elle. Sellem se pencha à la fenêtre, puis l’enjamba et sauta. Ayant mal calculé la distance qui séparait la fenêtre du sol, elle atterrit lourdement sur son pied droit qui se replia sous elle.

Un affreux bruit d’os brisé parvint à ses oreilles. Hébétée, elle ne comprit pas tout de suite qu’elle s’était cassé quelque chose, jusqu’à ce qu’une douleur lancinante lui vrillât la cheville et lui arrachât une plainte étouffée.
 
Sellem essaya de se relever et s’affaissa cette fois avec un cri déchirant de douleur. Son pied formait avec sa jambe un angle bizarre et une terreur sans nom s’empara d’elle quand elle s’en aperçut. En gémissant, elle se laissa aller sur le sol et resta prostrée pendant une demi-heure qui lui parut un siècle. Au bout de ce temps interminable, au cours duquel elle s’évanouit deux fois de douleur, son père, Mohamed, apparut à l’horizon, tel un rêve trop longtemps refoulé.
 
Mohamed s’arrêta en fronçant les sourcils, essayant de comprendre ce qui se passait. Puis il se mit à courir comme un fou et arriva tout essoufflé près de sa fille.
 
- Je suis entré dans une colère noire, quand ton mari est arrivé à l’hôpital tout seul et je suis venu te chercher, dit-il d’une voix hachée. Que t’est-il arrivé, ma pauvre fille ? Mon Dieu, tu as une jambe cassée !!
 
Il la saisit dans ses bras et la porta vers sa voiture, pendant qu’en pleurant toutes les larmes de son corps, elle lui confiait ce qui était arrivé.
 
- Ghlana se porte bien, elle est sortie de l’hôpital. C’était une fausse alerte, hamdoulillah.
 
La rage au cœur, il emporta sa fille à l’hôpital, le cœur brisé de la voir dans un état aussi lamentable.
 
- Tu vas retourner à la maison. Tu n’as pas besoin de mari ni de maison fût-elle un palais. Si Bezeid veut toujours de toi, il devra changer de A à Z et te traiter comme il faut et mieux encore ou renoncer à toi.
 
Son père, de colère, ne se rendait pas compte qu’il parlait d’une façon jugée indécente par les Maures, entre un père et sa fille.
 
A l’hôpital, elle perdit l’enfant qu’elle portait sans le savoir, dans un semi brouillard peuplé de douleurs atroces.
 
Sellem se remit lentement de sa fracture et de sa grossesse si brutalement interrompue et passa une convalescence relativement calme, entourée de ses parents, qu’elle n’aurait jamais dû quitter et de ses deux petites filles, tous aux petits soins avec elle.
 
Mais une fêlure douloureuse habita son cœur pour longtemps.
 
Bezeid ne donna jamais signe de vie, rongeant son frein et sa colère, loin des regards. Puis la terrible nouvelle tomba. Il fut interné pour crise grave de démence. Les médecins affirmèrent qu’il en avait toujours souffert mais qu’elles n’étaient jamais assez graves pour attirer l’attention et qu’elles dataient probablement de l’enfance.

aichetouma.ma
version arabe 
Noorinfo


              

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