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L’expansion urbaine de Nouakchott : Une réalité effrayante


Société
Dimanche 26 Mai 2013 - 11:18

En 1960, date de l’indépendance nationale, Nouakchott s’est donné le qualificatif de capitale politique de la Mauritanie mais représentait seulement un simple site destiné à abriter une future capitale. La raison en est que, à cette date là, la dualité population/habitat suffisait juste à donner à Nouakchott un nom de capitale mais certainement pas celui de ville.


L’expansion urbaine de Nouakchott : Une réalité effrayante
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Tout compte fait, la cité a connu une progression relativement stable jusqu’à l’année 1973. Suite à une terrible sécheresse qui a frappé tout le pays, des populations rurales en grand nombre se sont ruées sur Nouakchott, obligées de rompre avec le lien qu’elles avaient jusqu’ici avec l’agriculture et l’élevage.

Les nouveaux venus se sont alors installés pêle-mêle à la périphérie de la petite agglomération et ont réussi tant bien que mal à s’intégrer dans le milieu urbain où ils ont trouvé des emplois rémunérés dans l’armée, l’administration, les services ou tout simplement dans des activités relevant du secteur informel.

Le développement de l’administration ainsi que la création de la monnaie nationale et, peu de temps après, la nationalisation de la MIFERMA ont eu pour effet de provoquer chez les mauritaniens un syndrome de « l’immobilier », ce qui a constitué la base d’une première génération de propriétaires fonciers.

D’autre part la création de la Société Socogim et l’investissement proposé par certains établissements bancaires pour accompagner le développement urbain ont contribué grandement au renforcement du créneau.

Tous ces facteurs combinés ont attiré vers Nouakchott des milliers de familles en quête d’espace et de travail, ce qui a engendré un véritable dépeuplement de nos campagnes, d’autant plus que l’Etat n’a pas mesuré à temps l’ampleur du phénomène et ses conséquences, ni mené une action concrète dans l’optique du développement local, sensé favoriser la fixation de ces populations sur place.

En fait, l’Etat est même responsable de la situation qui en a résulté, au moment où plusieurs alertes ont été faites par des démographes, des économistes, des planificateurs et autres sociologues sur les effets négatifs du comportement humain liés au phénomène d’entassement et de cohabitation culturelle.

Je garde encore le souvenir de plusieurs conversations entre des cadres administratifs de ma génération, où chacun étalait avec fierté le nombre de maisons et de terrains acquis, à la place du cheptel décimé par la sécheresse.

Je répète que l’administration a créé et entretenu cet appétit foncier car chaque année, pratiquement, il procédait à des morcellements et distributions de terrains soit en zone résidentielle, soit en zone traditionnelle.

Chaque opération de cette nature créait un engouement et une onde de propagation à travers tout le pays. De nouvelles valises se posaient dans la capitale, amplifiant le phénomène d’occupation anarchique de l’espace foncier urbain.

Dès lors, mesurant le danger à sa réelle dimension, les missionnaires de Breton Woods et l’Etat Mauritanien ont entamé une série d’études et de réformes de nature à réduire les dégâts.

Il n’y a pas si longtemps seulement que des données statistiques fiables ont commencé à être produites et mises à la disposition de l’Etat pour faciliter sa politique de planification dans ce domaine.

Curieusement, depuis 2009, on assiste à un rebondissement du phénomène d’expansion de la ville et de l’exode rural. La restructuration des quartiers dits précaires sous le vocable de Gazra en est certainement l’élément moteur, avec tous les conflits sociaux et cas d’injustice que cela a pu engendrer.

Le Président des pauvres avait fait de la distribution d’un toit à chaque mauritanien un slogan de campagne. A l’arrivée le constat s’est avéré amer dans la mesure où le siège de l’ADU au Ksar et la devanture de la Présidence de la République sont devenus des lieux de rendez-vous quotidiens de citoyens lésés, qui réclament justice sans parvenir forcement à l’obtenir.

En réalité cette affaire a été un miroir aux alouettes, un bluff pour attirer et fidéliser un électorat au profit du candidat Président.

Aujourd’hui, selon les dernières statistiques exploitées, on estime que plus du tiers de la population du pays vit à Nouakchott.

Amusez-vous à situer, en vous déplaçant, les limites de la capitale dans ses quatre points cardinaux. Je l’ai fait moi-même il y’a juste une semaine. J’en ai tiré quelques enseignements :

La ville continue à croître indéfiniment de tous les côtés sauf sur sa façade maritime

- Le goudron surgit de toute part et assure toutes les connexions, y compris avec des zones dunaires non habitées, du moins pour l’instant.

- Des villas somptueuses se dressent en un temps record sur la partie Nord et Nord-Est de la ville contrastant avec des habitations très modestes sur la partie Est et Sud de la capitale où s’offrent plutôt deux spectacles, celui de la démolition d’habitats dits illégaux et celui de chantiers de construction timide sur les sites déguerpis.

Au final, tout le monde s’accorde à dire que l’expansion urbaine de Nouakchott est devenue une réalité quelque peu effrayante.

Oumar Tafsir Bocoum

Parti Convergence Démocratique Nationale

Source:[Lauthentic]urlblank:http://lauthentic.info/spip.php?article4445
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