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L’esclavage en Mauritanie : Entre silence et complicité des Oulémas


Actu Mauritanie
Mercredi 17 Avril 2013 - 10:34

La République Islamique de Mauritanie… Que connaissez-vous de ce pays ? La science religieuse, la maitrise des techniques de mémorisation du Coran, ou encore, la poésie ? Jadis connu comme le pays au million de poètes, il pourrait aujourd’hui être tristement baptisé pays au million d’esclavagistes.


L’esclavage en Mauritanie : Entre silence et complicité des Oulémas
Située entre le Maroc et le Sénégal, la Mauritanie est un pays pluriethnique et multiracial. Il est composé d’Arabo-berbères (communément appelés Maures), de Peuls, de Wolofs, de Soninkés et de Harratines. Ces derniers sont considérés comme des esclaves, et ont été de tous temps asservis par les arabo-berbères.

En dépit des dénégations officielles, la survivance de l’esclavage traditionnel reste une réalité massive dans la Mauritanie postcoloniale. Aujourd’hui, on estime que 500 000 à 600 000 en sont encore victimes. La promulgation de multiples lois criminalisant les pratiques esclavagistes, notamment celle de 2007 votée au Parlement mauritanien, n’a pas permis d’éradiquer le phénomène.

Maintenus dans l’ignorance, les Haratines subissent depuis très longtemps des traitements abjects de la part de leurs maîtres issus des grandes tribus maures. Le statut d’esclave se transmet à la naissance, et ce jusqu’à la mort. Durant toute leur vie, ils sont réduits à l’exécution de travaux subalternes : corvées au sein des ménages pour les femmes et leurs enfants, gardiennage et abreuvage du bétail pour les hommes.

En matière d’éducation, les chiffres sont alarmants. Les Haratines constituent plus de 85 % des 1 500 000 analphabètes en Mauritanie. Plus de 80% de leurs enfants n’achèvent pas le cycle primaire. Moins de 5 % poursuivent jusqu’au terme du cycle secondaire.

Par ailleurs, plus de 80% des 1 400 000 ménages pauvres en Mauritanie sont Haratines*. A Nouakchott, l’essentiel de cette communauté se concentre à la périphérie, dans les kebbas (bidonvilles), véritables poches de misère où ils sont entassés dans la promiscuité la plus totale. A la campagne, la situation est pire encore. La plupart d’entre eux sont exploités en silence par leurs anciens maîtres et vivent dans des ghettos de brousse (Adwabas) où règnent l’ignorance, le désœuvrement et la pauvreté. Beaucoup succombent à la délinquance lorsqu’ils quittent la campagne pour la ville.

Musulmans, ils n’ont pourtant aucun accès à l’éducation religieuse. Cette communauté dispose d’un seul jurisconsulte agréé sur plusieurs centaines en Mauritanie, et une dizaine d’imams parmi des milliers reconnus et agrées. Plus grave, selon l’activiste maure Saleck Najem : « Être hartani ou réduit en esclavage signifie que ta religion est incomplète : tu n’as pas à t’acquitter de devoirs religieux tels que la Zakat, le pèlerinage, la grande prière du vendredi… Même le mariage de ta propre fille est susceptible d’être annulé si tes maîtres ou les siens n’ont pas été consultés ».

Afin de faire cesser ces pratiques indignes, Biram Dah Abeid, Président de l’IRA-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste) a procédé un vendredi de décembre 2011, après boycott des mosquées, à l’autodafé du célèbre livre « Al-Mouwatta » de l’Imam Malick**. L’Etat mauritanien l’a accusé d’apostasie puis jeté en prison, malgré l’absence de charges pénales. D’éminents savants religieux, très respectés en Mauritanie, ont subitement demandé l’application de la loi fondamentale à l’encontre du leader et de ses camarades.

Nous savons tous que l’exploitation non rémunérée d’un homme par un autre est prohibée en Islam. Que dire alors de ce traitement infligé à des Musulmans dans un pays musulman ? Pourtant, en Mauritanie, rares sont les responsables religieux - même au sein des mouvances proches des Frères Musulmans - qui font de la lutte pour l’abolition de l’esclavage une priorité. Par leur silence complice, les oulémas ont une grande part de responsabilité dans la persistance du phénomène. A l’échelle internationale, aucun savant musulman ne s’est prononcé publiquement sur le sujet.

Cette grave situation alimente l’idée, erronée et dangereuse, selon laquelle l’Islam est un moyen de maintien de l’esclavage. Comme l’écrit Patrick Chamoiseau, « l’on peut se sentir soldat dans n’importe quelle plaie du monde »***. Aujourd’hui, comme ils l’ont fait pour la cause Palestinienne, les Musulmans épris de justice doivent se solidariser pour soutenir la communauté Haratine en Mauritanie.

Source:[Lauthentic]urlblank:Lauthentic.info
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