L'édito de Biladi n° 676


Vendredi 5 Octobre 2012 - 22:00

              

L'édito de Biladi n° 676
L’événement est presque passé inaperçu. Lundi dernier, 1er octobre, c’était la rentrée scolaire. Après trois mois de vacances, les écoliers sont revenus dans leurs classes pour démarrer une nouvelle année. Juste une nouvelle année. Surtout pour l’école publique qui n’accueille plus que très peu de monde.

Le super ministre de l’Education nationale, apparemment un champion de ‘’l’éducation’’ des gosses, s’est adressé aux mauritaniens – il n’avait pas froid aux yeux- pour leur dire que tout va bien dans ce secteur. Au moins depuis les trois dernières années. C‘est-à-dire depuis l’élection de l’actuel président et depuis qu’il l’a nommé, lui, dans ce qui n’est autre qu’un ‘’bordel’’ national. Certes, l’actuel ministre de l’enseignement n’est pas responsable de l’état calamiteux dans lequel se débat le secteur de l’éducation, mais il n’a rien fait pour faire évoluer les choses. Pire, il a plutôt aggravé la pagaille par ses nominations qui ne répondent à aucun critère d’objectivité, ses partis-pris, son à priori et ses préjugés contre tel ou tel groupe social…

Mais, quelles que soient les insuffisances et erreurs de l’actuel ministre de l’Education, notre école était déjà malade bien avant lui. Certes, notre enseignement est en crise depuis des décennies. Mais de quelle crise s’agit-il ? Aucun pouvoir ne s’est arrêté pour chercher à comprendre le mal pour faire le diagnostic  juste. 

La Mauritanie est un pays sous développé qui manque cruellement de ressources matérielles et humaines pour soigner son enseignement. Mais la crise de ce dernier n’est pas uniquement financière.      
Il y a la crise historique, voire civilisationnelle: l’accélération du temps rend insupportable l’effort patient, ardu, heureux qui résidait dans la lecture ou la résolution d’un problème mathématique ; la démocratisation des sociétés déstabilise la féconde inégalité entre le professeur et l’élève sur laquelle se fondait la transmission du savoir ; l’institution scolaire, comme toutes les autres, se trouve assaillie nouvelles demandes et de besoins nouveaux. 

Tout le monde s’accorde sur une chose : notre système éducatif est malade. Mais personne ne livre jusqu’à présent l’esquisse de l’école mauritanienne de demain. Les états généraux de l’éducation, dont on a tant parlé, apporteront-ils le remède?

Moussa Ould Hamed
Pour Biladi


Noorinfo





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