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L'édito de Biladi N°681


Tribunes
Jeudi 8 Novembre 2012 - 10:53


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L'édito de Biladi N°681
Ici, en Mauritanie, on s’attache aux hommes, lorsqu’ils sont au summum de la gloire. On les vénère, on les gave d’attributs et d’épithètes dithyrambiques, tant qu’ils y sont. Tant qu’ils sont au diapason de la pyramide du pouvoir. Le pouvoir, l’institution, qu’ils incarnent, on leur fait, tout simplement, porter des noms, des noms propres, des noms de personnes. Donc personnels.

Pour bien longtemps, et cela se comprendrait, peut-être, en ces temps post indépendance, l’institution présidentielle avait un seul nom : Moktar Ould Daddah. Puis, elle inaugura, de 1978 à 1984, un cycle de métamorphoses et porta, les noms propres, que des géniteurs, dans une vie bien antérieure, avaient donné, individuellement, à leur nouveau-nés respectifs et respectueux. L’Institution présidentielle se baptisera, à tour de rôle et de coup d’Etat, Moustapha Ould Mohamed Saleck, Mohamed Mahmoud Ould Louly, Mohamed Khouna Ould Haidalla.

En décembre 1984, elle fut rebaptisée Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. Un nom propre. Un autre. Qu’elle gardera un peu plus de vingt ans. Puis, elle se nommera, transitoirement, Ely Ould Mohamed Vall. Ensuite, elle s’élira le nom propre de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Qu’elle rectifiera, un matin d’août 2005, pour se donner un nouvel nom propre : Mohamed Ould Abdel Aziz. C’est son nom actuel. Il est un peu malade, celui-là, depuis trois semaines, à la suite d’une blessure par balle. C’est nouveau. C’est un peu nouveau chez nous qu’un président reçoive une balle, par erreur. Mais, c’est arrivé. On n’y peut rien. On n’a pas prévu cela. On n’a jamais, prévu, non plus qu’un président roule à une vitesse suspecte, dans une voiture suspecte.

Or on a prévu des institutions. Qui portent des noms institutionnels. De nom communs, parce que faites pour les communs. Des noms impersonnels parce qu’elles n’appartiennent, les institutions, à aucune personne. Les personnes pourraient bien souffrir de quelque rhume, endurer quelques poussées fébriles, se faire tirer des balles, des milliers de balles, partout où elles le souhaitent. Mais, les institutions continuent à vivre. Sans noms. Impersonnelles. Et, anonymes.

Moussa Ould Hamed
Source: Biladi


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