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L’économie mauritanienne vue par un économiste et ancien Premier ministre : « Absence de vision politique et de ressources humaines »


Economie
Vendredi 8 Janvier 2016 - 13:30

Ancien Premier ministre et opposant farouche au régime actuel, Yahya Ahmed Waghf a décortiqué l’économie mauritanienne en marge d’une manifestation politique organisée par le parti islamiste Tawassoul. Selon lui, l’absence de vision stratégique et l’instabilité politique constituent les deux obstacles majeurs de l’économie mauritanienne, malgré ses importantes potentialités dans les trois secteurs clés que sont l’agriculture, la pêche et les mines.


Yahya Ould Ahmed El Waghf, ancien premier ministre
Yahya Ould Ahmed El Waghf, ancien premier ministre

Selon l’ancien Premier ministre,Yahya Ahmed Waghf le secteur agricole dans son mode de fonctionnement actuel ne peut pas constituer une locomotive pour l’économie, soulignant qu’il en serait pourtant autrement si les potentialités en terres agricoles, 3 millions d’unités et les importantes réserves en eau dont dispose le pays, eaux souterraines, eaux de surface et fleuve Sénégal, étaient judicieusement exploitées.

Dans le domaine halieutique, il a indiqué que les eaux mauritaniennes disposent de 600 espèces, dont 200 exploitables pour la consommation intérieure et la commercialisation, avec un potentiel qui dépasse largement les besoins internes. Pour ce qui est du secteur minier, Ould Waghf trouve qu’il est plombé par deux faiblesses, l’une dans le domaine de la prospection et l’autre dans la capacité à attirer l’investissement étranger direct, pour une économie mauritanienne essentiellement capitaliste.

En plus des problèmes structurels qui empêchent le décollage de l’économie nationale, l’ancien premier ministre met en exergue d’autres obstacles d’ordre exogènes, comme les aléas climatiques et les effets de la mondialisation.

Les secteurs de l’agriculture, des pêches et des mines requièrent selon lui de l’expertise et de l’expérience qui manquent aux Mauritaniens, sans compter la concurrence internationale, aussi bien en matière commercial que dans le domaine de l’attractivité. Ajouté à ces facteurs, Ould Waghf fait remarquer que le citoyen mauritanien manque de culture du travail et est incapable de se reconvertir sur le plan professionnel, ce qui est nettement visible, dira-t-il au niveau du secteur des pêches.

L’ancien Premier ministre trouve également que l’économie mauritanienne manque de complémentarité et que la politique nationale sur le plan de la gestion des ressources humaines est un échec. Enfin, il considère que la stratégie de développement du secteur minier mise en place par le gouvernement est complètement désuète et dépassée, car alignée sur une grille de prix non concurrentiel sur les marchés internationaux.

Cette sortie de l’ancien Premier ministre de l’ère post-transitionnelle, 2006-2007, est intervenue dans un contexte de fin d’année et au moment où le ministre des Mines était sur la sellette à l’assemblée nationale.

En effet, le ministre des Mines et de l’Industrie a été interpellé sur une question orale posée par le député El Ghassem Bellali du parti Karama sur la situation de la Société nationale industrielle et minière (SNIM). Le député a évoqué la mauvaise situation dans laquelle se trouve la société minière, accusant l’Administrateur directeur général de la société d’être directement responsable de cet état de fait à cause de sa politique népotiste et de ses « rapports mensongers et travestis » destinés à tromper le président de la République. Les critiques par rapport à la gestion de la SNIM ont été nombreuses au cours de l’audience, certains rappelant les troubles sociaux qui ont jalonné sa marche ces dernières années, dont la dernière en date en 2014 qui aurait battu les records historiques en matière de mobilisation et de durée. Cette grève avait paralysé la SNIM pendant plus de soixante jours d’affilée.

MOMS


Mohamed Salem OULD BECHIR Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines
Mohamed Salem OULD BECHIR Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines

Les réserves minières de la Mauritanie en chiffres
Le ministre mauritanien du Pétrole, de l’Energie et des Mines, Ahmed Salem Ould Béchir, a dévoilé, lundi devant l’Assemblée Nationale, des chiffres détaillés sur l’ensemble des réserves minières du pays, indiquant que le fer - évalué à 1,5 milliard de tonnes- occupe la première place.

Outre le fer minerai le plus exploité en Mauritanie, le ministre également estimé les réserves mauritaniennes en sel à (plus de 245 millions de tonnes), en phosphate (140 millions de tonnes), en gypse (100 millions de tonnes), en cuivre (28 millions de tonnes), en or (25,5 millions d’onces) et enfin le quartz, benjamin des mines du pays (plus de 11 millions tonnes). Ould Béchir a également fait savoir que 82 opérateurs (nationaux et étrangers) et 125 permis de recherche et prospection « pour l’ensemble des catégories » figuraient sur le registre minier en 2015. Le ministre a dans le même sens indiqué que 13 permis d’exploitation du fer, cuivre, de l’or, du sel et du quartz ont été délivrés.

Ahmed Salem Ould Béchir a par ailleurs estimé à plus de 115 milliards d’Ouguiyas, la contribution de la production minière au budget de l’Etat. Selon lui, la production a atteint 13 millions de tonnes pour le fer (SNIM) en 2014, tandis qu’elle est de 31 000 tonnes pour le Cuivre (MCM). En ce qui concerne l’Or, les sociétés MCM et Tasisast ont respectivement produit 44500 onces d’or et 262 000 onces d’or, en 2014.

Source : Al Akhbar

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