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L’attaque du Hezbollah ravive les tensions entre Israël et le Liban


International
Jeudi 29 Janvier 2015 - 12:00

Dix jours après le raid de l'armée israélienne qui a éliminé des membres du Hezbollah sur le plateau du Golan, le groupe chiite libanais a mené ce mercredi 28 janvier une attaque contre une troupe israélienne à la frontière entre le Liban, la Syrie et l'Etat hébreu. Bilan : deux soldats israéliens et un casque bleu de la Finul ont été tués. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni d'urgence à la demande de la France.


Un membre de la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement, sur le plateau du Golan, le 28 janiver 2015. REUTERS/Baz Ratner
Un membre de la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement, sur le plateau du Golan, le 28 janiver 2015. REUTERS/Baz Ratner

C’est à l’arme lourde qu’est menée l’attaque lancée par le Hezbollah. Plusieurs missiles antichars sont tirés en direction de véhicules de l’armée israélienne. Deux militaires israéliens âgés de 20 et 25 ans sont tués, sept autres blessés.

La riposte de l’Etat hébreu ne tarde pas. Dans cette région montagneuse où se rejoignent les frontières d’Israël, du Liban et de Syrie, l’armée israélienne est bien présente et n’hésite pas à répliquer. Le feu est ouvert, le combat engagé. C’est alors qu’un soldat espagnol de la Finul, la force des Nations Unies basée dans cette zone, est tué à son tour. La Finul indique qu'elle n'est pas encore en mesure de déterminer l'origine des tirs qui ont coûté la vie au casque bleu espagnol.

Une riposte logique du Hezbollah

Depuis le 18 janvier dernier la tension est vive dans ce secteur. Ce jour-là, un raid israélien mené côté syrien  avait coûté la vie à six combattants du Hezbollah et des soldats iraniens, tous présents dans ce pays pour soutenir l’armée de Bachar el-Assad. A travers cette attaque, le Hezbollah a tenu à venger la mort de ses propres combattants, mais la question désormais est celle d’un risque d’escalade entre Israël et le mouvement libanais.

Pour Aurélie Daher, chercheur sur le Moyen-Orient, le Hezbollah était contraint de répondre à l’attaque israélienne pour des raisons de crédibilité et de souveraineté : « Israël, depuis l’été 2006, se vante d’avoir en quelque sorte maté le Hezbollah. La preuve étant que le Hezbollah ne prend plus l’initiative d’attaquer l’armée israélienne. La logique du Hezbollah c’est de dire : nous nous réservons le droit de choisir le moment et le format de nos réponses, mais Israël ne doit pas croire que nous sommes matés. »

La riposte du Hezbollah n’était pas une surprise, poursuit l'historienne. Les incursions israéliennes en territoire libanais sont quotidiennes et régulièrement il y a des enlèvements de civils libanais : « ll fallait prouver à la population libanaise, dans une logique du Hezbollah, que le Hezbollah continu bien à protéger le territoire libanais comme il le prétend. »

Lors de son raid, le 18 janvier, contre le mouvement chiite libanais, Israël a tué un général iranien. Téhéran a envoyé un message explicite à Israël, via Washington, annonçant une prochaine riposte. Il fallait donc s’attendre à une réponse rapide.

Israël prendra-t-il le risque d'une guerre contre le Liban ?

Benjamin Netanyahu promet que cette agression ne restera pas impunie et que les coupables devront payer. Mais selon Aurélie Daher, il y a peu de risque qu’il y ait une escalade entre les deux pays. Barack Obama a fait savoir que l’administration américaine était contre une guerre dans la région et que si Israël voulait la guerre, ce serait sans soutien actif des Américains.

« La vraie question est de savoir si Benyamin Netanyahu est prêt à prendre le risque de devoir gérer des conséquences politiques éventuellement contrariantes en cas d’une nouvelle guerre. Il est en pleine campagne électorale, le risque est élevé »,  souligne l'experte, qui rappelle qu’en 1996 Shimon Perez avait lancé une grande offensive contre le Liban, dans une stratégie électorale face à Netanyahu, et qu'il a perdu les élections. Par ailleurs, ajoute-t-elle, Avidgor Liberman qui est encore plus radical que Netanyahu quand il s’agit du Hezbollah, n’a parlé que d’une réponse proportionnée.

Source: RFI

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