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L’armée, l’argent, la politique et la défense !


Tribunes
Mercredi 23 Mai 2012 - 10:38


L’armée, l’argent, la politique et la défense !
Notre armée a la réputation d’être politisée avec cette particularité encore de servir le plus souvent loyalement l’homme au pouvoir.Les hauts gradés, savent comment jongler avec les situations pour contourner le principe sacro-saint de l’obligation de réserve auquel doit s’astreindre un militaire en activité.Mais à peine la retraite sonnée, les portes de la politique s’ouvrent grandement pour nos soldats devenus civils.Rarement il y a exception à cette règle après les bons et loyaux services rendus à la nation.

Et comme politique rime avec argent, nos valeureux et braves guerriers peuvent faire le point sur la fortune qui a été moissonnée durant le passage à des postes de responsabilité « généreux ».

La carrière militaire chez nous marque les pas dans les casernes pour s’achever dans les rings politiques. Nous avons vu depuis des années comment les grosses gourdes battent campagne pour aider à la victoire d’un candidat favori qui, en retour redistribue les dividendes à ses bataillons qui se sont battus politiquement pour son investiture. Notre armée est trempée dans les affaires politiques et rien ne semble pouvoir lui en faire renoncer. C’est son terrain favori sur le même plan que celui de la défense censée être sa raison d’être !

Cette forte implication de la grande muette sur la chose politique a compromis la neutralité du jeu politique au point de barrer la voie à un renouvellement de la classe politique. Les changements qui ont eu lieu depuis 1978 à nos jours ont été l’œuvre de l’armée. Avec l’ère dite démocratique qui a vu l’instauration d’un multipartisme, les hommes politiques ont encore du mal à s’imposer comme des acteurs politiques incontournables. Ils sont contrariés dans leurs combats par les intrusions de l’armée sur la scène politique. C’est pourquoi toute tentative de l’opposition de conquérir le pouvoir est vouée à l’échec.

Le départ de Taya avait été salué par les grandes formations politiques qui se battaient pour l’avènement d’une alternance démocratique comme une opportunité de relancer la machine politique. C’était sans compter avec les ambitions de celui qui s’érigera en faiseur de rois. La transition post-Taya finie, il fallait que l’homme fort balise le terrain pour son accession à la magistrature suprême. L’armée alignera un candidat en la personne de Sidi Ould Cheikh ABdallahi qui sortira vainqueur contre Ahmed Ould Daddah au second tour. Mais le deal avec les militaires du clan des généraux sera de courte durée.

Mohamed Ould Abdel Aziz alors chef de la junte armée qui a renversé Sidioca reprit les commandes de l’Etat devenant du coup le président de la République. L’armée est encore là pour garder son royaume contre toute velléité de conquête du trône. Cette logique de la perpétuation des accessions au palais présidentiel d’un homme « caporalisé » à outrance durera tant que les acteurs politiques sont de simples faire-valoir d’élections. Que Aziz quitte ou qu’il reste, c’est l’armée qui usera de son influence pour placer celui qui va obéir à ses désidérata. Elle sera aidée en cela par l’éclatement des forces du changement démocratique.

Cheikh Tidiane Dia
le-renovateur


              

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