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L'absence du Président suscite la controverse en Mauritanie


Actualité
Mercredi 7 Novembre 2012 - 22:45

Les militants de l'opposition mauritanienne demandent instamment au gouvernement de fournir davantage d'informations sur le tir qui a touché le chef de l'Etat et sur son éventuelle succession.


[AFP] Saleh Ould Henenna a prononcé un discours le 1er novembre à Nouakchott, lors duquel il a dénoncé ce qu'il a qualifié de "vide politique" en Mauritanie.
[AFP] Saleh Ould Henenna a prononcé un discours le 1er novembre à Nouakchott, lors duquel il a dénoncé ce qu'il a qualifié de "vide politique" en Mauritanie.
Les partis de l'opposition mauritanienne s'expriment sur ce qu'ils considèrent comme un vide politique au lendemain du tir "accidentel" qui a touché le Président Mohamed Ould Abdel Aziz.

La Coordination de l'opposition démocratique (COD) et les partis au pouvoir s'affrontent sur ce que l'opposition qualifie de vide constitutionnel résultant de la situation ambiguë dans le pays. Elle dénonce le manque d'informations concernant la vacance au plus haut poste de l'Etat depuis l'évacuation médicale du président, et l'insuffisance des renseignements donnés sur la santé de celui-ci ou sur la date de son retour sur le territoire mauritanien.

Le seul responsable à s'être exprimé sur l'état de santé du Président a été Messaoud Ould Boulkheir, leader de l'Alliance populaire progressiste et président de l'assemblée nationale. Il a organisé une conférence de presse le 31 octobre, après un entretien téléphonique avec le Président Ould Abdel Aziz, qui se trouve actuellement en convalescence dans un hôpital militaire parisien.

"Cette conversation téléphonique a duré cinq minutes et m'a permis d'avoir des détails sur la santé du Président", a-t-il expliqué. "Il m'a confirmé que son état était bon et qu'il s'améliore progressivement. Et si sa voix était plus faible qu'auparavant, il jouit toutefois de toutes ses facultés mentales".

En conclusion, Ould Boulkheir a appelé "tous les partis de la majorité et de l'opposition et l'ensemble du peuple mauritanien à s'unir, à renoncer à leurs différences et à prendre de la distance face aux conflits et face à tous les facteurs susceptibles de causer des perturbations dans un pays qui traverse une conjoncture critique".

Toutefois, cette conférence de presse n'est pas parvenue à satisfaire le COD, qui a organisé le 1er novembre un rassemblement de ses membres à Nouakchott. L'actuel chef de ce parti, Saleh Ould Henena, a remis en question le compte rendu officiel de la blessure du Président. Il a ainsi réclamé "la conduite d'une enquête transparente, par une entité crédible, sur les circonstances de cet incident, de manière à ce que le peuple mauritanien connaisse la vérité et les circonstances dans lesquelles cet accident est survenu".

"La solution consiste à amorcer une transition réelle qui mènera à un système démocratique, ce qui implique une rupture totale avec l'approche unilatérale. Cette transition permettra à la Mauritanie et à sa population de se hisser au stade de la réalisation de la stabilité et de la consolidation de l'unité, vers un système démocratique qui se consacrera à la résolution des problèmes des citoyens et à leurs inquiétudes", a-t-il ajouté.

Pour sa part, Ahmad Ould Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), a appelé les forces politiques à initier un dialogue global face à qu'il a qualifié de "vide constitutionnel", avec pour objectif de sortir le pays de l'impasse qu'il traverse actuellement.

Le dirigeant de Tawassoul, Jemil Ould Mansour, a quant à lui appelé à "créer une distance entre l'armée et la politique et à organiser une transition consensuelle qui mette un terme à la domination des militaires sur la vie politique".

Tandis que l'opposition semble unie dans ses appels à la transition politique, les partis au pouvoir réaffirment avec force leur soutien au Président convalescent.



"Aucun article de la constitution ne donne à l'opposition le droit de demander le dossier médical du Président", a expliqué Mohamed Yahya Ould Herma, vice-président de l'Union pour la République (UPR) au pouvoir, dans une déclaration faite le jeudi 1er novembre.

Il a ajouté que l'opposition ne devait pas s'interroger sur le point de savoir qui dirige actuellement la Mauritanie, parce que la constitution le stipule "de manière très claire".

Pour sa part, Sidi Mohamed Ould Maham, membre du parlement et haut responsable de l'UPR, a déclaré à Sahara Media qu'il avait rejeté l'appel à une nouvelle transition, le qualifiant "d'insensé".

"Tous les Présidents peuvent tomber malades, mais ils restent au pouvoir et gèrent le pays par le biais des institutions constitutionnelles existantes", a-t-il commenté. "Le chef de l'Etat a été élu de manière transparente, avec un consensus national et international et un gouvernement par intérim consensuel".



Par Jemal Oumar pour Magharebia

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