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L’Irak : entre les Etats-Unis et l’Iran


International
Lundi 27 Octobre 2014 - 12:18

Au lendemain de la prise de Mossoul par DAECH, j’avais écrit que l’opération terroriste conduirait directement à la création de bases américaines au nord de l’Irak, à un jet de pierre de Téhéran et pas trop loin du Caucase. Nous y sommes, semble-t-il. Sont-ils prévisibles, ces américains ! Le plan se poursuit, donc…


L’Irak : entre les Etats-Unis et l’Iran

Les États-Unis ont procédé à la création d’une nouvelle base militaire  dans le Kurdistan Irakien à l’aérodrome militaire  de Harir à 50 km vers le nord d’Erbil et à 60 km de la frontière avec l’Iran.

Il est à noter qu’auparavant, les États-Unis utilisaient l’aérodrome de Harir au cours de l’intervention en Irak en 2003 pour le renversement du régime de Saddam Hussein. L’aéroport militaire de Harir était construit à la fin des années 1970 et il était utilisé par l’aviation irakienne pendant la guerre irano-irakienne.

Et voici que maintenant, les Forces aériennes américaines peuvent se trouver de nouveau à Harir. « Les autorités municipales de Harir ont prescrit aux marchands et aux propriétaires des compagnies qui ont leur business dans le vieil aéroport militaire de Harir d’arrêter en une semaine les affaires et de quitter le territoire de l’aérodrome », – a communiqué à l’agence irakienne « Bus news » une source militaire à Erbil. La source a confirmé que les militaires  américains avaient l’intention d’utiliser Harir comme une base militaire car il est bien situé et donne la possibilité de suivre à partir de là les déplacements des extrémistes de « l’État Islamique » en Irak et en Syrie.

Pour qui la base américaine militaire située en proximité directe de la frontière avec l’Iran porte-t-elle plus de menaces – pour les extrémistes de l’EI ou pour la République Islamique ?

Le commentateur politique du canal anglophone iranien Press TV Hasan Behechtipour essaie de trouver une réponse à cette question:

La lutte contre l’EI – c’est un prétexte excellent pour les États-Unis pour essayer de regagner les positions militaro-politiques perdues au Proche-Orient. Et la création de la base à Harir peut être considérée dans ce sens comme une menace directe à l’Iran. Bientôt, nous saurons si elle fonctionnera provisoirement et sera utilisée exceptionnellement comme un centre de la coordination des efforts pour la lutte contre l’EI ou si, à l’exemple des bases américaines en Afghanistan, elle deviendra constante. Je penche pour la deuxième variante du développement des événements et j’admets que les Américains, grâce à la base de Harir, n’oublieront pas la possibilité d’élargir leur influence au Proche-Orient.

En général, à mon avis, la guerre contre l’EI, au sens propre de ce mot, est condamnée à l’échec. Ceux qui ont déclaré la guerre aux terroristes de « l’État Islamique », devraient leur couper les canaux de l’aide économique et militaire, porter des frappes sur l’efficacité de leur propagande. Seulement ainsi on peut déraciner l’idéologie destructive de l’Etat Islamique, semblable à la tumeur cancéreuse dans l’organisme de la région, et apporter le chaos dans les rangs des terroristes, les privant pour toujours de leur unité.

Mais les Américains, eux, en créant une base militaire suivante dans le monde islamique, mettent de nouveau en cause l’efficacité de la politique au Proche-Orient.

Chose curieuse : l’information sur la reconstitution de la base militaire américaine à Harir est apparue au lendemain de la visite du Premier ministre de l’Irak Haider al-Ibadi en Iran. Parmi les autres questions, on a examiné là les voies de l’opposition commune à « l’État Islamique ».

Voici l’opinion à ce sujet de l’expert irakien, le chef du centre analytique « Мadarik » Dr Mouzhir al-Saadi

L’Irak, dans sa position actuelle, qui mène une guerre sur son territoire, a besoin d’un soutien politique de la communauté internationale. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous sommes les témoins des changements clairs et courageux dans notre politique. La visite en Iran jette une base pour le règlement des relations bilatérales. Ce n’est pas un secret que l’Iran est un important joueur sur l’échiquier irakien. Et nous examinons les liens entre l’Irak et l’Iran exceptionnellement du point de vue de leur utilisation pour le bien du règlement de la situation actuelle en Irak.

Mais ce pas en avant des partenaires américains de Bagdad, ne repoussera-t-il pas les partenaires iraniens ?

Source:Reseauinternational

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