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L’ÉCONOMIE CAPITALISTE EN DANGER DE DISJONCTER


Economie
Mercredi 26 Août 2015 - 13:28

David Stockman a travaillé comme directeur de l’Office of Management and Budget sous la présidence de Ronald Reagan (1). Peu d’économistes bourgeois comprennent l’économie mondiale mieux que lui. Sur le blogue financier de Peak prospérité, Stockman affirme que l’économie mondiale se trouve désormais dans une phase de «crack-up » («disjoncter»), et ce, pour quatre raisons :


  1. Le nombre croissant d’actions désespérées de redressements financiers des banques centrales.

Chaque semaine, une nouvelle banque centrale du monde abaisse ses taux d’intérêt jusqu’à les rendre négatifs pour tenter de faire repartir l’économie.

Plusieurs pays ont maintenant des taux d’intérêt négatifs (sic). Selon Stockman, cela ne pourra pas durer,  les banques centrales ont perdu le contrôle et elles se sont engagées dans une course vers la chute, élaborant des théories de plus en plus contradictoires au fur et à mesure de la débandade économique.
  1. La volatilité et le désordre croissants sur les marchés financiers.

Au cours des trois derniers mois, les marchés boursiers se sont comportés comme des marins ivres. Mais derrière, ce ne sont qu’un paquet de robots et de traders qui font tout ce qu’ils peuvent pour interpréter correctement les graphiques et les données. Le marché boursier est totalement déconnecté de l’économie réelle.

Attention cependant, pour nous économistes marxistes, les expressions « économie irréelle » et « économie réelle » sont des métaphores pernicieuses qui contiennent un dangereux élixir réformiste. Ces expressions laissent entendre que l’économie boursière-bancaire- contaminée par le crédit désordonné – serait une excroissance cancéreuse, une malformation inopinée du corps sain de l’économie impérialiste temporairement malade. Tout ceci est faux.

L’orgie de crédit, la pléthore de monnaie de pacotille, la surabondance d’argent bidon et sans valeur – dont la croissance des profits des CAC 40 en France donne une excellente démonstration – est une manifestation naturelle – conforme – parfaitement inscrite dans le processus évolutif normal du mode de production capitaliste à son stade impérialiste décadent et dont les guerres mondiales sont des manifestations ultimes de dégénérescence. 

Lorsque ce système économique ne parvient plus à réaliser la plus-value produite, et encore pire quand il ne parvient plus à valoriser le capital existant et disponible, mais inutile (mort) – parce que non investit et non valorisé, il génère des anticorps, le « crédit à crédit ». En résumé, il n’y a pas deux économies capitalistes, l’une réelle et l’autre irréelle ou virtuelle et déconnectée de la première.

Au contraire, ces deux soi-disant systèmes économiques s’emboîtent parfaitement et l’un sert de support au suivant et vice versa dans un processus dialectique mortel ce que les économistes bourgeois s’aperçoivent et se désolent.  Il y a un mode de production capitaliste parvenu à sa phase impérialiste globale et mondiale qui ne parvient plus à valoriser le capital et à se reproduire de manière élargie, ce qui signifie sa mort assurée.

Aussi, dans un dernier sursaut désespéré cette économie capitaliste moribonde engendre une fausse valorisation et des profits bidon – inexistants – immatériels – matérialisé (!) par le crédit, de la monnaie de pacotille – inexistante parce que ne reposant sur aucune valeur réelle – tangible – aucune marchandise concrète à vendre. Ce phénomène s’observe aisément à la bourse quand mille fois plus d’argent circule en une année que toute la production mondiale n’en représente.

Ce que Stockman relate un peu plus loin. Le crédit c’est de la plus-value pas encore produite que les capitalistes encaissent aujourd’hui (facticement) et qui n’existera jamais! Présentement, le capitalisme emprunte du temps de survie sur son temps d’agonie. Le seul et grand malheur de toute cette histoire économico-politique ubuesque est que si le prolétariat ne met pas fin à la  tragédie de ce système global et mondial dégénérescent le monde sera ramené dans le passé, par la guerre et des destructions gigantesques de moyens production.

Le mode de production capitaliste (MPC) reprendra sa marche en avant au milieu des cadavres par centaines de millions et au centre de ce calvaire mortifère catastrophique, comme après la Première et la Seconde Guerre mondiale.

 Les taux d’intérêt sur les obligations souveraines sont devenus irrationnels, dit Stockman. Ils ne tiennent que par la seule promesse de Draghi que la BCE en achètera massivement (idem pour la Banque Fédérale américaine). Mais tous les pays européens sont pris dans le piège de la dette, les risques sont gigantesques.  

Ajoutez à cela la possibilité que l’euro ne survive pas. Bientôt, les banques centrales pourraient faillir, et le marché subira alors une sévère correction pour refléter les risques réels induits par toutes ces dettes, et les perspectives peu réjouissantes de l’économie mondiale dit Stockman.

Ce sera en effet le probable scénario bancaire-boursier de l’amorce de la grande dépression à venir. Les grandes fortunes des rentiers multimilliardaires s’effondreront en premier et les entreprises multinationales monopolistiques suivront dans une chute titanesque.

Les réformistes seront alors contrariés eux qui espéraient arracher l’argent des riches pour la donner aux pauvres n’auront plus que des pauvres devant eux. Gageons qu’ils sauront inventer d’autres stratagèmes lénifiants pour défendre et conserver ce mode de production dégénéré.
  1. La déflation mondiale et les cours mondiaux des matières premières.

Les investissements sont maintenant suspendus, ce qui est susceptible de provoquer une énorme déflation sur les matières premières et énergétiques (pétrole) et les prix des produits industriels. Le minerai de fer ne vaut plus que 60 dollars, alors qu’il avait atteint un cours de 200 dollars à son apogée. 

Le Baltic Dry Index, qui décrit la vitalité du transport maritime, se trouve à son point le plus bas depuis le krach de Léman Brothers, d’aborden raison d’une chute de la demande, mais aussi en raison d’une surcapacité de production provenant d’une construction excessive de vraquiers pendant la période où les banques centrales ont inondé le monde avec de l’argent bon marché (du crédit remboursé par du crédit générant du crédit supplémentaire).

Jamais dans l’histoire, il n’y a eu un tel surplus d’investissements – de capital à valoriser et incapable de se transformer en plus-value, son unique raison d’être, et jamais une telle surcapacité dans l’exploitation du minerai de fer, et de tous les autres minerais et aussi des sources d’énergie. 

Les vraquiers, les aciéries, les usines d’aluminium, et ainsi de suite sont sur le point de s’arrêter et les aides aux investissements des gouvernements bourgeois seront totalement impuissantes à stopper cette dégringolade généralisée.  Quand le capitaliste ne peut plus vendre, ni même stocker sans danger, comme cette explosion  dans le port de Tianjin (Chine) l’a démontré (1) il devient inutile de produire davantage.
 
  1. Une demande anémique en raison de l’accumulation de dettes monstrueuses.  

Selon l’économiste bourgeois McKinsey, la dette du monde s’élève désormais à 200.000 milliards de dollars, comparativement à 140.000 millions de dollars au début de la crise. Depuis 2008, la dette totale mondiale a augmenté de 60.000 milliards de dollars alors que les chefs d’État avaient promis de réguler les banquiers. Mais au cours de la même période, le PIB mondial ne s’est développé que de 15.000 milliards de dollars, et il ne s’élève qu’à 70.000 milliards de dollars .

Autrement dit, près de 60.000 milliards de dollars de dettes (de crédits non adossés à des valeurs concrètes et tangibles – non adossés à de la plus-value réellement produite)  ont été générés grâce à l’impression de monnaie des banques centrales (Quantitative Easing aux États-Unis), alors qu’à peine 15.000 milliards de dollars de PIB supplémentaires ont été créés. Autant de dettes (du crédit volatile et évanescent) nouvellement créées, pour un rendement aussi faible.
 
 La locomotive chinoise est en panne

Enfin l’économiste Stockman cite l’exemple de la Chine, qu’il qualifie de «stupéfiant». En 2000, la dette du pays se montait à 2.000 milliards de dollars. Aujourd’hui, elle atteint 28.000 milliards de dollars.

En 14 ans, la dette de la Chine a été multipliée par 14. Nulle part dans l’histoire, on ne trouve un exemple aussi frappant, et il est peu probable qu’une économie largement guidée par un système étatique rigide ait pu générer 26.000 milliards de dollars de dette supplémentaire sans que cela s’accompagne d’inefficacités massives et d’irrégularités multiples dans le système.

Au moment de la crise de 2008, la Chine se targuait d’un PIB de 5.000 milliards de dollars. Depuis cette époque, il a doublé, alors que la dette est passée de 7.000 milliards de dollars à 28.000 milliards de dollars. Le PIB n’a donc augmenté que de 5.000 milliards de dollars, alors que la dette, elle, a progressé de plus de 20.000 milliards de dollars. «Ce sont des déformations extrêmes non tenables, si l’on peut employer ce mot, qui ne fait que hurler « Danger à l’approche! »  Le chaos est arrivé. Et sa résolution ne va pas être jolie», conclut Stockman.

De fait, ce que l’exemple chinois démontre à l’évidence c’est que sous le mode de production capitaliste avancée – au stade impérialiste décadent – l’intégration d’une nouvelle économie impérialiste dans le circuit globalisé et mondialisé se fait à une vitesse vertigineuse et que les seules solutions aux contradictions économiques inhérentes au mode de production sont appliquées avec la célérité nécessaire pour que l’économie globale ne s’effondre pas… tout de suite. Une analyse attentive de l’évolution de l’économie indienne et brésilienne montrerait certainement les mêmes phénomènes avec plus ou moins d’ampleur.

C’est en cela que nous affirmons que la présente crise économique du capitalisme est systémique, qu’elle est globale et mondiale, au stade suprême et ultime de son évolution. Elle est inscrite dans les gènes du système et aucune potion ni aucun élixir magique ne peuvent parer à sa dégénérescence accélérée.

 La Grande dépression (bis)

Mac Slavo. « À l’aube de la catastrophe économique la plus destructrice depuis la Grande dépression ? »  écrit qu’alors que le prix du pétrole gravite autour des 44 dollars le baril, et que les inventaires américains de brut atteignent des niveaux record, le consensus semble être que bientôt  l’économie devrait être alimentée par un rebond des dépenses des consommateurs, puisque les Américains devraient dépenser l’argent qu’ils épargnent sur leur plein d’essence dans les magasins.

De fait, les Américains ont depuis longtemps dépensé toutes leurs épargnes et ils vivent tous à crédit, avec de l’argent – de la valeur devrions-nous dire – pas encore produit et qui ne le sera peut-être jamais.

Mais sur le plan géopolitique, la situation du pétrole est bien plus complexe, et ne peut possiblement pas tenir dans les slogans propagandistes de trente secondes des commentateurs financiers. Bien qu’une baisse du prix du pétrole puisse sembler être une bénédiction pour l’économie américaine, les bilans des médias grand public ne mentionnent pas les données fondamentales qui sont nécessaires à la bonne compréhension du problème auquel nous faisons face déclare Slavo.

Comme vous le verrez dans le microdocumentaire de Future Money Trends (2), nous sommes sur le point de traverser de grandes difficultés. À commencer par le fait que la dette du secteur de l’énergie est passée à 1,7 trillion de dollars au cours de ces six dernières années, puisqu’on pensait que le prix du pétrole puisse demeurer aux alentours de 80 voire 100 dollars le baril.

Comme nous le savons tous, son prix a récemment beaucoup baissé, ce qui signifie que toutes les sociétés qui ont contracté de gros prêts ne sont plus capables de rembourser leur dette, alors que certaines grandes multinationales du pétrole encaissent des profits records d’autres s’apprête à mettre la clé sous la porte.

La conséquence en sera une vague de faillites dans l’industrie pétrolière. Un véritable désastre que nous devrions voir se développer d’ici quelques mois prédit l’économiste.

Dans le contexte actuel d’impression monétaire par les banques centrales; d’inquiétudes face à la déflation et de guerres des monnaies; la baisse du prix du pétrole pourrait être l’un des évènements les plus dévastateurs du monde économique depuis la Grande dépression.

Le prix du pétrole pourrait faire preuve d’une grande volatilité et grimper de temps à autre pour s’écraser toujours plus, ce qui effraierait davantage les marchés déjà timides et détruirait tout espoir de reprise économique. Et les États-Unis en souffriront plus que tous les autres.

Des sociétés multimillionnaires comme Sanchez Energy et Goodrich Petroleum ont perdu 80 à 90% de leur « valeur boursière » depuis le mois de juin 2014. Non seulement le secteur énergétique a été drastiquement diminué, le reste de l’économie pourrait souffrir davantage.

« Nous avons créé des structures financières qui ne fonctionnent qu’à condition que la croissance économique soit constante. Et nous avons quasiment perdu tout contrôle du système financier en 2008″ déclare  l’analyste.

Ce en quoi Slavo et Stockman se trompent lourdement. Les ploutocrates capitalistes, les banksters, les rentiers multimilliardaires, tondeurs de coupons, ont perdu tout contrôle sur le système financier international en 1973 lors de l’abrogation des accords monétaires et bancaires de Bretton Woods.

Les États capitalistes n’avaient pas le choix que de les abroger et ce qu’ils croyaient alors être un remède à la peste de la baisse tendancielle des taux de profits, s’avéra le choléra de l’utopique création de fausses valeurs, de fausses monnaies, sous la forme de crédit sans valeur, dont le système économique mondial atteint aujourd’hui la limite.

Un colossal ajustement boursier, bancaire, financier et monétaire aura lieu bientôt qui jettera cette fraude de l’accumulation de richesse inexistante à la renverse. Alors, seront immenses les dangers d’une troisième guerre mondiale afin de déterminer quel camp impérialiste imposera son hégémonie sur les autres.

Poursuivons la lecture Slavo. Pour la première fois en dix-huit ans écrit-il, les exportateurs d’or retirent des liquidités des marchés plutôt que d’y injecter de la monnaie. Le monde approche aujourd’hui rapidement d’un passage à une autre devise de référence.

Si le prix du pétrole restait le même pendant encore six à douze mois, l’industrie de schiste des États-Unis serait anéantie. Et les effets que cela aurait sur les obligations toxiques et autres produits financiers dérivés et frauduleux auraient de lourdes retombées sur le marché des actions et l’économie des États-Unis.

Et cette fois-ci, il ne restera plus rien pour rattraper l’épée au vol avant qu’elle ne s’abatte sur l’économie américaine. Ni la Fed ni le gouvernement ne pourront l’arrêter. Les liquidités se trouveront gelées, notre note de crédit sera révisée à la baisse, le marché boursier commencera à s’effondrer, et la Fed entrera en jeu pour gonfler le dollar. Le monde abandonnera alors pour de bon la devise de référence mondiale. La fin aura sonné pour le pétrodollar conclut l’analyste.

Bien que la baisse du prix du pétrole ait pu s’avérer favorable aux Américains au travers de l’Histoire, nous faisons désormais face à une situation complètement différente, puisqu’énormément de dettes sont liées à une industrie qui autrefois se croyait indestructible.

Des centaines de milliers de licenciements sont prévus sur l’ensemble du secteur, et de nombreux analystes s’attendent à voir apparaître des récessions dans des États comme le Texas qui dépendent énormément du pétrole. Ces licenciements auront un impact immédiat sur les économies locales ainsi que sur le marché de l’immobilier déjà fragilisé.

Ajoutez à cela la panique qui apparaîtra lorsque les sociétés pétrolières commenceront à fermer boutique et ne seront plus en mesure de rembourser leurs dettes, et vous avez un cocktail susceptible de générer un effondrement des marchés financiers globaux et des instruments de la dette.  Une reprise en pire de la crise des « subprimes » dont 2008 ne fut qu’une bien faible avant-première.

Le prolétariat seul détient la solution

Que faut-il que le prolétariat conclut de tout ceci ?  C’est que l’heure du bilan approche. Le temps n’est plus à se cantonner dans les vieilles analyses, les vieilles rengaines, les vieilles sectes ostracisées et heureuses d’être isolées parmi les bobos précieux – gage de leur intégrité théorique au marxisme (pensent-elles).

Nous devons comprendre les phénomènes sismiques gigantesques qui se préparent. Comprendre que personne n’a la moindre emprise sur ces événements et que seule la classe prolétarienne détient la clé pour mettre fin à ce scénario de fin du monde en écrasant l’ancien mode de production et en créant un nouveau mode de production. Une fenêtre d’opportunité s’ouvrira bientôt pour notre classe sociale.  La question de l’unité préalable de la classe ouvrière dans sa lutte de résistance n’est pas pertinente.

La question est de savoir si nous, communistes révolutionnaires, nous saurons nous faire entendre par la classe ouvrière afin de lui présenter sa mission historique inéluctable, mais en sachant toujours que l’émancipation de la classe ouvrière sera l’oeuvre de la classe ouvrière elle-même.


Par Robert Bibeau. Directeur LES7DUQUEBEC.COM
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