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Khalil Mounir, co-fondateur de Kapros : «La révolution numérique peut être une chance pour la Mauritanie !»


High-Tech
Mardi 24 Mars 2015 - 20:40

Pourquoi le numérique n’intéresse personne en Mauritanie ? Sommes-nous entrain de rater la révolution (historique et inédite) du numérique quand de plus en plus de pays africains se l’approprient et en font un instrument privilégié de leur développement ? Autant de questions auxquelles le co-fondateur de Kapros tente quotidiennement, par son travail et ses rencontres, de répondre. Perspective.


Khalil Mounir. Crédit : MLK
Khalil Mounir. Crédit : MLK

A l’heure où le continent se pose la question cruciale du chômage de ses jeunes qui composent quasiment 75% de sa population, certains pays, comme le Rwanda, le Maroc, le Sénégal ou le Gabon, ont compris les potentialités résidant dans cette nouvelle ère industrielle ouverte par le numérique. « On peut se développer à ce niveau à bien moindres coûts, qu’à travers une industrialisation primaire, coûteuse en argent, et en transfert de technologies » explique Khalil Mounir, fondateur-associé de Kapros.

D’autant que certaines bases sont là pour servir de puissants tremplins : « L'internet mobile représentait en 2013 plus de 200 000 abonnés à la 3G en Mauritanie. Un taux de pénétration de 7% assez correct par rapport au niveau continental, et qui est en progression ; et dans les classements africains, la qualité de connexion est assez bonne en Mauritanie » développe le jeune mauritanien.

La révolution numérique « dont on ne verrait le potentiel positivement explosif, que le sommet de l’iceberg ». « Ce sont des opportunités inouïes pour nos jeunes. Vous n’avez besoin « que » d’un ordinateur, d’une connexion internet, et de votre cerveau. Je simplifie bien sûr. Encore faut-il préparer le terrain pour cela. Aujourd’hui en Afrique et partout dans le monde, les nouveaux riches sont des créateurs d’entreprises dans le domaine du numérique. Et pour une fois, tout le monde peut plus ou moins commencer sur un même pied d’égalité » continue-t-il.

Mais cette révolution mondiale n’est pas adressée qu’aux jeunes tient à rappeler Khalil Mounir. « C’est un a priori. C’est une révolution qui est en train de modifier en profondeur tous les secteurs sans exception. Imaginez que nous ayons un écosystème favorable pour le développement du numérique. Plusieurs opportunités pourront se présenter à une personne formée. Dernièrement le Groupe ATOS a signé un accord  pour l’installation d’une plateforme technologique dans la ville numérique de Diamniadio. C’est 1000 emplois de créés sur trois ans. Beaucoup de start-up sont aujourd’hui créées au niveau local en Afrique et partent à la conquête du marché continental, voire mondial » s’enthousiasme l’ancien étudiant d’Amiens.

Une chance éventuelle pour la Mauritanie

« Le PIB du Sénégal est de 15 milliards de dollars ; et la part d’internet est de 3%. C’est énorme ! Et ils en sont à peine au stade embryonnaire. A ce rythme, nous aurions pu avoir une valeur ajoutée de à notre richesse nationale de près de 150 millions de dollars, si nous nous étions lancé dedans il y a une dizaine d’années. C’est une chance pour la Mauritanie, si elle est saisie, de diversifier son économie, entre autres » affirme Khalil.

La Mauritanie a été classée 147 sur 166 dans le dernier classement de l'union internationale des télécommunications de 2014. « Cet indice permet de classer les pays en fonction de leurs performances en termes d’infrastructures, d’adoption des TIC et de capacité à les utiliser » explique Khalil Mounir.

Une situation en rien inaltérable, et qui dépendra essentiellement, et avant tout, d’une « volonté des pouvoirs publics pour une orientation stratégique de l’économie ». « Il faut qu’ils aient conscience de tout ce que peut apporter le numérique à notre économie nationale, en termes de création de richesses et d’emplois. Une fois cela acté, plusieurs défis se poseront alors. Le premier défi est celui des infrastructures. Il faut investir massivement dans la mise en place des infrastructures et leur maintenance. Ensuite vient l’enjeu de la formation tant au niveau des universités qu’au niveau des entreprises et administrations. Il y a aussi un défi au niveau de l’emploi. Le numérique va détruire des emplois mais il va en créer aussi. L’enjeu est de créer un écosystème favorable au développement des activités liées au numérique en Mauritanie » continue longuement le jeune mauritanien.


Indicateurs sur le numérique : La première entreprise mondiale en termes de valorisation Apple, supérieur à celle d’Exxon Mobil, le géant pétrolier. 3,025 milliards d’internautes, soit 42% de la population et plus de 2 milliard de personnes sont sur les réseaux sociaux.

 

Kapros, incubateur de projets numériques

Un enthousiasme permanent et sans faille pour le numérique, qui est « au cœur » de sa formation, et « le cœur de métier de Kapros », un incubateur français de projets numériques ; une start-up dont il est le co-fondateur à la base, même si un volet lié à la communication s’y est greffé depuis. « Aujourd’hui la communication passe essentiellement par les canaux numériques » explique-t-il simplement. Ils ont notamment développé SYGLES, un système de gestion des établissements scolaires en ligne, déjà en commercialisation dans sa première version.

Depuis un an installée en Mauritanie, l’entreprise Kapros basée à Amiens en France, a commencé ses activités en 2012.

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Source: Mozaikrim

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