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Kaédi : L’heure des mises au point


Société
Jeudi 22 Décembre 2011 - 22:59

Moins d’une semaine après la manifestation des jeunes de Touche pas à ma nationalité à Kaédi, un membre du mouvement ainsi que le maire de la ville reviennent sur les faits. Pendant ce temps, l’enrôlement se poursuit avec moins de lourdeurs que les mois précédents même si certaines pièces administratives sont encore difficiles à obtenir.


Kaédi : L’heure des mises au point
Quatre jours après l’incident survenu entre un ressortissant de Bagodine et un agent d’un centre d’enrôlement  de Kaédi, le recensement malgré quelques lenteurs se poursuit. Cependant du coté du maire de la ville et des jeunes de Touche pas à ma nationalité, l’heure est à la mise au point.
 
 
Le maire de Kaédi, Moussa Demba Sow qui était en déplacement à Dakar pour la conférence des maires noirs du 15 au 19 Décembre dit ignorer les motifs réels de la manifestation de samedi dernier, tout en appelant chacun à la retenue et à la concertation : « Je pensais qu’on avait eu des explications avec les représentants des jeunes. On croyait que tout était rentré dans l’ordre mais samedi dernier il y a eu une manifestation  des jeunes de Touche pas à ma nationalité  au niveau de notre ville, le prétexte a été de dire qu’il y a eu un incident  au centre d’enrôlement entre un habitant de Bagodine et un chargé d’enrôlement quelques jours plutôt. Je dis prétexte par ce que ce n’est pas cet incident qui a servi de déclencheur ».
 
M. Sow rappelle par ailleurs que la mairie n’a pas été saisie directement par les jeunes pour avoir une autorisation  de marche. Il estime que les choses doivent se faire dans la légalité. Pour lui, « un mouvement qui n’a pas d’existence légale  peut difficilement se mettre en conformité avec des formalités légales ».
 

Le maire de Kaédi, Moussa Demba Sow dit « Thiombé »
Le maire de Kaédi, Moussa Demba Sow dit « Thiombé »
Selon le maire, quelques jours avant la manifestation de samedi, un jeune de  la commune de Bagodine accompagnait son père non voyant pour l’enrôlement. Le centre d’enrôlement donne à chaque demandeur des cartons pour l’attente. A son arrivée tous les cartons étaient épuisés. Mais au final le jeune a pu en récupérer un. Par la suite, l’agent lui a notifié qu’il ne l’avait pas oublié et lui a demandé de sortir et de laisser son père s’enrôler. C’est suite à cette remarque que le jeune de Bagodine a déclaré que l’agent l’a bousculé. Il aurait giflé l’agent en retour.
L’agent a déposé une plainte  contre le jeune qui a été interpellé par la police puis amené au parquet. Au moment où nous mettons en ligne ce papier, le jeune en question, Abass Kane, a été  libéré.

Baky, un des membres actif de Touche pas à ma nationalité rencontré dans le quartier de Gataga,  rejette tout lien entre leur marche et l’affaire Kane avant de préciser que la marche avait pour but de recevoir des réponses à leurs doléances, d’où la tenue  « d’une marche pacifique »  programmée depuis le 10 décembre. Il explique que le mouvement a adressé trois à quatre lettres au gouvernorat, sans suite :  « c’est ce refus de ne pas répondre à nos attentes qui a motivé notre marche, nous voulons des réponses à nos doléances».Tout en précisant que le mouvement n’est dirigé contre personne, Baky ajoute que chacun doit jouer son rôle pour donner satisfaction aux revendications.
 
 

Kaédi : L’heure des mises au point
Pendant ce temps, l’opération d’enrôlement se poursuit dans un bureau de l’Agence Nationale de Registre des Populations et des Titres Sécurisés situé derrière la mairie.
Des témoins  qui ont requis l’anonymat racontent que « les lourdeurs sont moins nombreuses qu’avant », qu’il y a moins de délai d’attente et  un meilleur accueil par rapport aux mois passés, « les choses se sont améliorées considérablement depuis la marche de septembre des jeunes » commente un témoin déjà enrôlé.
 
Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde,  le jeune Bocar fait la navette  depuis un mois entre le tribunal et ce bureau d’enrôlement, pour obtenir le certificat de décès de ses parents (son père est décédé en 2007 et sa maman en 1996), le tribunal lui demande des témoignages pour certifier la mort des parents, une situation « difficile » à ses yeux. Il nous confie, lassé par les va-et-vient, que les anciens papiers comportent de grosses erreurs. Son frère  par exemple né en 1986  est plus âgé que leur père si l’on en croit ses papiers d’identité.  Un cas qui donne à réfléchir.
 
Ce matin-là toujours au niveau de ce  centre  d’état civil, des personnes venues s’enrôler attendent devant la salle  « commission instance » (là où on enregistre les différentes données relatives à la personne) mais aussi au niveau de la salle d’enrôlement (données biométriques). Ce bureau reçoit 100 à 119 personnes par jour, ses 10 agents travaillant souvent de 8h à 17h en fonction de l’affluence.

Mohamed El Moctar Ould Mohamed Mahmoud Oul Babhaya
Mohamed El Moctar Ould Mohamed Mahmoud Oul Babhaya

A propos de la lenteur de la procédure d’enrôlement,  le chef de ce centre Mohamed El Moctar Ould Mohamed Mahmoud Oul Babhaya, témoigne que « le travail est mené en vue de rectifier les erreurs du passé, avec plus de vigilance pour obtenir des données justes ». Son équipe est confrontée généralement à des problèmes de viabilité des empreintes,  la plupart des gens étant des agriculteurs. Parfois la lenteur du réseau internet aussi  ralentit leur rythme de travail.

L’opération d’enrôlement est divisée en plusieurs étapes, la première, une étape concernant les gens de 45 ans et plus nés en Mauritanie, une seconde avec les mauritaniens nés hors des frontières de tous les âges,  la troisième avec les mauritaniens n’ayant pas pièce d’état civil, et une quatrième qui inclus tous les résidents en Mauritanie.

Awa Seydou Traoré


              

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