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Kadiata Malick Diallo: "Ould Abdel Aziz a ramené les Mauritaniens 14 ans en arrière"


Actu Mauritanie
Mercredi 29 Janvier 2014 - 09:51


Kadiata Malick Diallo. Crédit : Alakhbar
Kadiata Malick Diallo. Crédit : Alakhbar
Il y a une crise au sein de votre parti (UFP). On parle d’un retrait de confiance en Mohamed Ould Mouloud. Quelle est votre position ?
 
 Jusqu’à ce matin, (Dimanche : Ndlr) je n’ai pas entendu parler d’une crise dans notre parti ou d’un retrait de confiance en Mohamed Ould Mouloud. C’est qu’il y’a eut c’était un débat, au moment des élections législatives et municipales, sur la position du parti: est-ce qu’il fallait participer ou pas à ces élections. Il y avait ce débat, comme dans tout parti démocratique. Les positions étaient clairement exprimées et une décision était prise et appliquée. Les élections sont terminées. Maintenant c’est l’heure du bilan.
 
Est-il confirmé que l’UFP travaille avec l’«Alliance Patriotique-AP» pour exiger la transparence de la prochaine élection présidentielle?

Nous avons toujours exigé  la transparence.
 
Pouvez-vous nous dire concrètement ce qui est en train d’être préparé en ce  sens ?
 
Je vous ai précisé que nous sommes à l’heure du bilan. Avant de passer à une étape suivante, c’est mieux, pour tout le monde, de savoir où est-est ce qu'on en est, sur quelle base repartir... Mais, l’exigence de la transparence est permanente. Si les élections étaient transparentes, on n’irait pas aujourd’hui à la recherche d’une transparence.
 
La COD n’a donc rien de concret sur la question de la  transparence de l’élection présidentielle.
 
Les conditions de transparence réclamées par la COD pour les dernières élections restent valables (autorités de supervision et de recours, neutralité de l’administration etc.
 
L’opposition ne regrette-elle pas d’avoir boycotté des élections qualifiées de  "libres et transparentes" par les observateurs internationaux ?
 
L’observation extérieure est importante, mais,  le plus important, je crois, c’est notre observation, nous Mauritaniens. Il est clair que ceux qui ont participés aux dernières élections législatives et municipales, y compris l’UPR (Parti au pouvoir : Ndlr) et les autres qui ont boycottés sont tous d’accord qu’il y a eu de graves manquements et qu’il n’y avait pas la transparence. Tawassoul a déclaré qu’il allait aux élections tout en reconnaissant qu’elles ne seront pas transparentes.
 
Malgré tout l’appréciation des observateurs était positive. Vous avez l’exemple de l’Union africaine...
 
En dehors des zones où il y a eu des conflits postélectoraux  violents, il est très rare de voir les observateurs étrangers ceux de l’Union africaine en particulier, remettre en cause un processus électoral.
 
Quel avenir voyez-vous pour le parlement et les communes issus des dernières élections ?
 
Par rapport à la crédibilité, le malheur, c’est que Ould Abdel Aziz nous a ramené presque 14 ou 15 ans en arrière. Depuis 2001, il n’y a pas eu de contestations des élections législatives et municipales.  Elles étaient toujours inclusives, même si elles n’étaient pas totalement transparentes, au moins, la bataille électorale était inclusive. Les dernières élections municipales qui ont été contestées étaient celles  de 1999.

Ensuite, il y a eu les élections de 2001, toute la classe politique y avait participé ; les résultats étaient acceptés, même s’ils n’étaient pas tout à fait satisfaisants. C’était aussi la même chose en 2006.  Hélas, c’est la troisième élection et on revient à la contestation.  C’est donc un recul de la démocratie.  Ces élections auraient gagné en crédibilité s’il n’y avait pas de boycott d’une partie de la classe politique et contestations de l’autre. Ceux qui y ont participés ont dit qu’elles étaient entachées de fraudes. Les autres n’ont même pas accepté d’y participer.

Maintenant, sur le fonctionnement, par rapport aux municipalités, le problème ce n’est pas que les élections soient transparentes ou pas, c’est plutôt  l’absence de décentralisation, c’est l’absence de compétences qui leur sont attribuées. L’élément le plus fondamental, qui était la décentralisation, on en parle plus. La compétence première, qui était l’état civil, on l’a leur  ôtée. Qu’est ce qui reste ! On ne sait plus qu’est qui constitue les compétences des communes et où s’arrêtent celles-ci.  
 
Cheikh Ould Horma, ancien ministre et nouveau membre de la COD constate que 37 des 50 plus grands hommes d’affaires du pays sont des proches du président Ould Abdel Aziz. Comment peut-on comprendre cela?
 
Nous avons toujours décrié la gestion de Ould Abdel Aziz. Nous avions montré que quand il s’attaquait à des hommes d’affaires c’était pour des règlements de comptes. Il s’appuie sur les moyens de l’Etat pour créer et faire propulser une minorité d’hommes d’affaires qui lui sont très proches et fidèles. Cela risque de mener le pays vers la dérive. Nous ne sommes plus aux années où on pouvait accepter le monolithisme. Ce n’est plus admissible. Nous sommes maintenant à l’heure de l’ouverture et de prise de conscience. Tout le monde cherche à participer et à se sentir appartenir à quelques choses et avoir sa place. Mais si on veut nous ramener à une situation où une poignée de plus en plus réduite va s’accaparer des biens de l’Etat de tout ce que possède le pays, vous savez bien que cela ne pourra pas  fonctionner.
 
On constate dans le même sens que les huit plus grands importateurs de produits alimentaires sont des proches du président...
 
Les dockers qui manifestaient au port le disaient. Cela veut dire que la situation malheureuse du pays n’échappe à personne. On voit que les autres hommes d’affaires ont plus peur. On parle beaucoup de la fuite des capitaux que les hommes d’affaires essayent de sécuriser leurs biens en dehors de la Mauritanie et ça c’est le pays qui en souffre.
 
Avez-vous un autre exemple d’homme d’affaires qui n’est pas celui de Bouamatou qui a fui la Mauritanie pour protéger ses biens ?
  
L’exemple le plus patent et qui illustre le plus c’est celui de Bouamatou. Bouamatou bénéficiait  jusqu’à un passé récent de la confiance de Ould Abdel Aziz. Il lui était un proche.  Ça veut dire que même les plus proches ne sont pas épargnés.  Les autres aussi;  n’oublions pas la misère qu’il a fait subir à  certains hommes d’affaires qui aujourd’hui peut-être se taisent pour préserver leur biens. En tout cas, on sent que la crise économique  est là, on sent aussi qu’il y a un malaise social. Peut-être que cela ne s’exprime pas encore de manière violente, mais un dirigeant doit toujours se préoccuper de ce qui est en train de couver.
 
Le prédisent du Sénat est de la même tribu que le président Ould Abdel Aziz. Cela ne vous parait-il pas bizarre ?
 
Je crois que c’est un fait de hasard même s’il y a dysfonctionnement des institutions. Celui qui est aujourd’hui président du Sénat l’est parce que son prédécesseur est décédé. Il n’est pas dit quelque part que deux personnalités de l’Etat qui appartiennent à la même tribu ne peuvent pas en même temps occuper ces deux instances ; parce qu’il s’agit de fonctions électives. Maintenant, le dysfonctionnement réside dans le fait qu’il n’a pas été prévu une possibilité de remplacement, en cas de disparition. Quand moi j’ai posé la question,  on m’a  dit que le remplacement du  président du Sénat  n’est prévu que lorsqu’il y il y a le renouvellement du tiers de la chambre, alors qu’il y a une vacance de pouvoir.

C’est maintenant qu’on a essayé de  combler le vide en disant que celui qui le supplée dans l’ordre de préséance le remplace automatiquement. Normalement, dans une institution aussi importante que le sénat, on doit prévoir un mécanisme de remplacement définitif. Un remplacement temporaire est différent d’un remplacement définitif surtout pour un poste aussi important. Il faillait à mon avis qu’il y ait ce mécanisme de remplacement en cas de vacance du pouvoir qui exige un retour à la base c'est-à-dire une nouvelle élection du président.
 
Ce hasard ne risque-t-il de renforcer l’emprise tribale sur la politique?
 
Ce qui donne de l’importance aux tribus au détriment des institutions  c’est surtout la politique qui est menée, la manière de gouverner,  le népotisme et le favoritisme
 
La COD ne sera ni au Parlement, ni dans les communeS. Pourra-t-elle survivre en dehors des institutions ?
 
L'avenir nous le dira. L’avenir nous montrera si la COD sera en mesure de survivre. Je rappelle tout simplement qu’en 2011, 2012 quand Abdoul Aziz dialoguait avec certains partis de la COD, il pensait que la COD allait être « out » et qu’elle n’allait plus pouvoir peser sur la scène politique. Qu’est ce qu’on a vu après ? La COD a continué à se développer et à maintenir la place qu’elle occupait. Je crois que dans ce pays, en tout cas jusqu’à présent, je ne pense pas qu’on puisse tirer d’un trait sur la COD.
 
C'est une simple question d'avenir?
 
C’est une question d’avenir, c’est une question aussi de positionnement et du programme que la COD proposera.
 
Vous allez attendre cinq ans, c'est-à-dire jusqu’aux prochaines élections, pour proposer ce programme ?
 
Les cinq ans, vous savez on ne sait pas ? Ça pourra être cinq ans,  mais tout peut se passer en Mauritanie. En tout cas la COD ne compte pas hiberner et attendre cinq ans.
 
 Qu'allez-vous faire alors ?

La COD va pouvoir déterminer cela ; j’ai confiance en la direction de la COD.
 
 Dégagez-nous les grandes lignes...
 
Les grandes lignes, je leur laisse le soin de les déterminer.
 
Au moins un exemple ?

Je ne pourrai pas vous en dire plus.
 
Une idée alors?
 
Je vous ai dit que j'en laisse le soin à la direction de la COD.
 
Source : Alakhbar
Mamoudou Kane


              

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