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Journée mondiale du bégaiement : Plus de 30.000 mauritaniens concernés


Société
Lundi 22 Octobre 2012 - 10:55

Depuis quinze ans la journée mondiale du Bégaiement est régulièrement célébrée le 22 octobre. Sa commémoration en Mauritanie devrait permettre de donner aux 30.000 bègues répertoriés dans le pays, de faire découvrir à l’opinion publique les tenants et aboutissants de ce trouble de communication.


Journée mondiale du bégaiement : Plus de 30.000 mauritaniens concernés
Le bégaiement se définit comme un trouble de la communication, ou un état dû à des séquelles d’accidents, le plus souvent en relation avec une hausse de la tension qui altère la fluidité de la parole (répétition de syllabes, blocages).

Il se manifeste toujours en communiquant, rarement en lisant et jamais en chantant. Les statistiques existantes estiment que 60 millions dans le monde (soit 1% de la population mondiale) dont 8 millions d’Africains et 30 milles en Mauritanie sont concernés par ce trouble de la communication. Il se manifeste aussi bien chez l’enfant que l’adulte et touche environ 5% des enfants avec trois sujets masculins pour un sujet féminin.

A l’origine d’une véritable souffrance, le bégaiement provoque souvent des moqueries ou le rejet. Ce handicap social, encore mal compris, fait que ceux qui en souffrent sont souvent isolés et croient ne pas pouvoir être aidés.

Une association mauritanienne dans la lutte

L’Association Mauritanienne de Lutte Contre le Bégaiement, (AMLCB) constitue un cadre institutionnel et associatif de la lutte contre ce handicap en Mauritanie.

En Mauritanie le contexte de la population des personnes concernées par les troubles de communication est caractérisé par :

- La non scolarisation et l’abandon de la scolarité par de nombreux enfants ;
- La persécution, les moqueries, les brimades, les stigmatisations, voire les discriminations de nombreux enfants et adultes en famille et à l’école, pouvant les marquer durant toutes leurs vies.

En Afrique également le contexte du bégaiement ne semble pas attirer l’attention des pouvoirs publics par le fait qu’il demeure oublié et délaissé et c’est la raison pour laquelle il y a absence de systèmes de prise en charge dans quasiment l’ensemble des pays africains, poussant ainsi les personnes concernées à user de dangereuses méthodes comme seules alternatives thérapeutiques.

Convaincus alors que sans la mise en place d’un mouvement associatif local, il ne peut y avoir une évolution des mentalités, de jeunes Mauritaniens ont créé l’Association Mauritanienne de Lutte Contre le Bégaiement (AMLCB) il y a 4 ans.

L’Association Mauritanienne de Lutte Contre le Bégaiement (AMLCB) se propose de regrouper dans un même cadre, aussi bien les personnes bègues que celles concernées par le bégaiement tout en poursuivant les objectifs suivants :
• Faire reconnaître le bégaiement comme un handicap auprès des autorités compétentes et défendre leurs intérêts.
• Créer un espace qui permettrait aux bègues de s’exprimer, grâce notamment à des séances thérapeutiques voire de Self Help
• Resserrer les liens de solidarité entre les personnes bègues et promouvoir leur épanouissement

Des causes organiques, psychologiques ou héréditaires

Journée mondiale du bégaiement : Plus de 30.000 mauritaniens concernés
Chaque type de bégaiement prédéfinit sa cause. Néanmoins une constitution biologique et une structure cérébrale atypique sont des prédispositions indispensables à la survenue d’un bégaiement.

La recherche scientifique actuelle se concentre sur une base neurologique pour la cause de tous les bégaiements en invoquant l’idée d’une fragilité constitutionnelle sur laquelle viennent se greffer des facteurs favorisant un retard de parole, un climat familial tendu, une anxiété, un tempérament volontaire.

Il y a également des événements déclenchant (une naissance d’un autre enfant, un déménagement, un changement d’école, une séparation) et des facteurs récurrents (une réaction négative du sujet et de son entourage à son handicap) qui viennent alors fixer le trouble.

Intervenir le plus tôt possible

L’expérience clinique met en évidence qu’une intervention orthophonique préventive appliquée sur des enfants qui débutent un bégaiement (dès 2 ans) est d’une grande efficacité.

Certaines études faites avec de jeunes enfants montrent qu'avant une durée de 6 mois de bégaiement les chances que le trouble s'arrête sont beaucoup plus grandes. Il s’agira essentiellement de permettre aux parents de réagir de façon adaptée au bégaiement de leur enfant et d’ajuster leur niveau d’exigence à ses capacités du moment.

Même si le facteur génétique est maintenant reconnu, on peut espérer que la généralisation de cette prévention entraînera une diminution notable voire la disparition de la souffrance des personnes bègues.

Lorsque l’enfant est plus âgé, un suivi orthophonique direct pourra toujours être envisagé avec une forte implication de la famille. Ce suivi prendra différentes formes par rapport aux spécificités caractérielles de l’enfant (son langage, ses difficultés à l’école, son comportement).

L’enfant à cet âge n’est pas toujours très motivé malgré les moqueries et l’incompréhension rencontrée à l’école pendant que l’adolescent s’implique plus volontiers dans la prise en charge.

AMLCB
Contacts : 00 222 46 49 12 28 – 45 29 16 88
Email : amlcb2008@gmail.com
Mamoudou Kane


              

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