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JO 2012 : La Chine, véritable vainqueur des Jeux olympiques !


Sport
Mercredi 15 Août 2012 - 15:24

En accordant le même poids à chaque sport dans le classement final et en le pondérant selon la couleur des médailles, elle sort première devant les Etats-Unis.


La tireuse chinoise Yi Siling a décroché la première médaille d'or des JO 2012 / AFP/M.Naamani
La tireuse chinoise Yi Siling a décroché la première médaille d'or des JO 2012 / AFP/M.Naamani
Les Jeux olympiques achevés, c'est l’heure du bilan pour l’ensemble des nations. Pour cela, l’outil le plus souvent mis en avant est le tableau des médailles, censé dresser un état des forces en présence dans la géopolitique du sport de ce début de troisième millénaire. Ainsi, après une suprématie chinoise lors des Jeux de Pékin, c’est le retour à une domination américaine pour ces Jeux de Londres.

Viennent ensuite la Chine, puis le Royaume-Uni, qui a réussi à faire honneur à son statut de pays hôte, puis la Russie, la Corée du Sud, l’Allemagne et enfin la France en septième position. C’est à l’aune de ce tableau des médailles que le sport français est jugé avoir réalisé une meilleure performance qu’à l’occasion des Jeux de Pékin où il n’avait terminé qu’en dixième position, quand bien même il a récolté sept médailles de moins à Londres.

Des hypothèses contestables
Ces considérations invitent à s’interroger sur la manière dont est constitué ce tableau des médailles et à voir s’il convient de proposer un classement alternatif, plus représentatif de la performance des différentes nations sur l’ensemble des disciplines olympiques.

Aujourd’hui, le tableau des médailles est composé de la manière suivante: les pays sont classés selon le nombre de médailles d’or qu’ils ont récolté à l’occasion des différentes épreuves; en cas d’égalité on regarde le nombre de médailles d’argent et en cas de nouvelle égalité on regarde le nombre de médailles de bronze.

Cette façon de faire, qui peut sembler assez naturelle, repose en fait sur deux hypothèses tout à fait contestables. D’une part, cela revient à considérer qu’une médaille d’or vaut une infinité de médailles d’argent et qu’une médaille d’argent vaut une infinité de médailles de bronze. D’autre part, cela donne d’autant plus d’importance aux disciplines olympiques qui comptent beaucoup d’épreuves comme l’athlétisme, la boxe, la gymnastique, le judo, le tir, la natation, l’haltérophilie et la lutte, au détriment de celles qui en comptent peu, comme les sports collectifs ou le tennis par exemple.

Cette manière de faire ne reflète pas vraiment le poids des différentes nations dans le sport mondial: on retrouve ainsi le Kazakhstan, qui a obtenu 4 médailles d’or en haltérophilie, presque au même niveau que l’Australie et le Japon, qui ont pourtant obtenu 3 fois plus de médailles dans des disciplines plus variées.

Athlétisme et taekwondo à égalité
Il convient donc de proposer un classement alternatif, le plus objectif possible. Le premier principe consiste à considérer que chaque discipline olympique pèse le même poids dans le classement total, indépendamment de son nombre d’épreuves.

Bien entendu, ce choix peut sembler discutable puisqu’il revient à mettre sur un pied d’égalité l’athlétisme avec le taekwondo et la natation avec le trampoline, mais il est objectif dans le sens où le CIO a considéré que chacun de ces sports méritait d’être représenté aux Jeux olympiques car il est largement pratiqué dans le monde. Concrètement, le CIO utilise des critères: une discipline olympique doit être pratiquée par les hommes dans au moins 50 pays et sur trois continents, et par les femmes dans au moins 35 pays.

Le deuxième principe consiste à pondérer plus équitablement les médailles d’or, d’argent et de bronze pour faire en sorte qu’un pays qui glane une seule médaille d’or se retrouve derrière un pays ayant gagné 10 médailles d’argent mais aucune médaille d’or.

Le problème de toute pondération, c’est qu’elle est subjective: il est donc nécessaire, pour garantir la robustesse du classement, de tester plusieurs systèmes de pondération pour voir s’ils affectent grandement le classement relatif des nations. Deux systèmes viennent assez rapidement à l’esprit: 3 pour l’or, 2 pour l’argent et 1 pour le bronze ou bien 4 pour l’or, 2 pour l’argent et 1 pour le bronze. En effet, ce dernier système fait en sorte qu’une médaille d’or vaille 2 médailles d’argent et qu’une médaille d’argent vaille 2 médailles de bronze.

La Hongrie et l'Australie sortent du top 10
En appliquant ces deux principes, on tombe sur un classement différent de celui qui a été établi par le CIO: la Chine se retrouve en tête, les Etats-Unis seconds, la Grande-Bretagne troisième, la Russie quatrième. L’Allemagne (5e) passe devant la Corée du Sud (6e) et la France reste 7e. Le Japon et les Pays-Bas intègrent le top 10 aux 8e et 9e places et l'Italie est 10e. Les deux sortants du top sont la Hongrie et l'Australie, qui ont obtenu plus d'un tiers de leurs médailles dans un seul sport (respectivement le canoë-kayak et les sports aquatiques).

Ces résultats valent pour les différentes pondérations entre médailles présentés plus haut et montrent que la Chine et l'Allemagne ont obtenu leurs médailles dans des disciplines plus variées que les pays qui les précèdent au classement. Ils consacrent surtout la Chine au sommet du sport mondial, au détriment des Etats-Unis.

Pour les Français, ce nouveau classement ne change rien, ce qui rend assez improbable sa reprise par les médias français, qui ont sans conteste gagné la médaille d’or du chauvinisme au cours de ces Jeux olympiques.

Vincent Le Biez
Pour slate.fr
Mamoudou Kane


              

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