Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Islamistes mauritaniens : Entre le marteau du pouvoir et l’enclume de la CAP


Actu Mauritanie
Mardi 22 Mai 2012 - 10:56


Islamistes mauritaniens : Entre le marteau du pouvoir et l’enclume de la CAP
La dégénérescence brutale et chaotique de la transition malienne, arrivée hier à un degré des plus absurdes et des plus critiques, avec l’agression violente du chef de l’Etat de la transition malienne Dioncounda Traoré dans son bureau au palais présidentiel à Bamako, suscite de moult interrogations dont celle de savoir si réellement les peuples se passionnent plus pour le chaos que pour l’Etat de droit version afro-arabe, encore à mi-parcours de son long processus de maturité vers la démocratie véritable.

Le cas de la décadence malienne n’intéresse pas particulièrement la Mauritanie, plus que les autres tentatives de clonage du printemps arabe, toutes couronnées par des échecs cuisants dans les pays où ces révolutions contre les régimes avaient été perçues comme porteuses de bien-être et de paix sociale, donnant malheureusement des résultats inverses, voire même catastrophiques par rapports à ceux espérés. Certes, ces insurrections avaient le privilège de lutter contre la dictature, contre les systèmes politiques oligarchiques, pilleurs, chauvinistes, népotistes, discriminatoires et spoliateurs de leur peuple.

Mais, ces révoltes n’étaient pas spontanées et affranchies pour être naturellement dotées de leur propre autonomie et pour résister énergiquement à tous les coups bas reçus jusqu’à leur triomphe total sur le non-droit. Elles étaient plus tôt orchestrées par des mains invisibles, souvent extérieures, ce qui explique pourquoi elles n’ont jamais réussi à faire l’unanimité autour d’elle et qu’elles n’attendent souvent que leur enclenchement pour se dissiper comme des nuages de fumée.

Dans le décryptage de ce paradoxe de l’Etat de droit afro-arabe, force est de reconnaitre aujourd’hui que le renversement de Sidioca en Mauritanie, d’ATT au Mali et cette récente agression de Dioncounda Traoré sont des exemples parmi plusieurs autres qui illustrent à plus d’un titre que les peuples détestent les démocraties, surtout celles en gestation, auxquelles elles préfèrent plutôt les régimes militaires comme l’ont montré en aout 2008 les mauritaniens pour ould Abdel Aziz et les maliens aujourd’hui pour Sanogo, faisant tomber à l’eau le travail de fourmi réalisé par Cedeao pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel .
Dans leur conférence de presse d’hier, les leaders de la CAP sont vénus confirmer ce fiasco qui guète tout projet de révolution organisé en Mauritanie, déterminé à changer le statu quo. Comme le pouvoir en place, ces dirigeants sont même allés jusqu’à indexer indirectement, les islamistes mauritaniens – à entendre par là Tawassoul-, d’être le cerveau central de l’agitation qui resurgit dans les nombreux foyers de tension politique, universitaire, scolaire, syndicale…

Entre le marteau du régime de Ould Abdel Aziz et l’enclume de la CAP, le parti de Jemil Mansour passe ces temps-ci par des moments difficiles, rappelant l’ère Taya où ce leader, élu maire d’Arafat contre l’ex PRDS était contraint à l’exil pour échapper à l’arrestation. Ce sont d’autres parmi ces dirigeants qui étaient brutalisés ou arrêtés récemment dans le cadre des manifs de la COD. Pour le président de la CAP, l’autorisation d’un parti islamiste était une grande erreur… Un acharnement qui rappelle le maître du chien, qui pour se débarrasser de sa bête sans s’exposer à des objections, l’accuse de rage et l’enterre.
 
Amadou Diaara
le-rénovateur


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires