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Noorinfo

Irak : Toujours les mêmes boucs émissaires à la barre


International
Dimanche 15 Juin 2014 - 11:37

L’Arabie Saoudite a le dos très large, tellement large qu’elle peut endosser, seule, parfois aidée du Qatar, tous les méfaits de ces diables de djihadistes qui profitent largement des bienfaits de la manne pétrolière du royaume. Ça l’arrange même.


Irak : Toujours les mêmes boucs émissaires à la barre
 Ainsi, personne ne se préoccupe de ce qui se passe dans le pays et sa politique étrangère en est d’autant plus opacifiée. Outre les accusations habituelles liées aux djihadistes, quel analyste parle sérieusement, en termes précis et documentés, de la politique saoudienne, de son orientation et de ses objectifs sans se mélanger les pinceaux ? On avance généralement un seul et unique argument, dès lors qu’on parle de la politique saoudienne : la haine du chiisme. Après l’offensive des djihadistes contre l’Irak, certains y ont vu la sempiternelle lutte entre le sunnisme et le chiisme, pilotée, bien entendu, par l’Arabie Saoudite. Et c’est souvent les commentateurs arabes eux-mêmes qui reprennent cette thèse qui fut créée et utilisée ad nauseam par ceux qui avaient intérêt à cette division entre les musulmans.

Dans d’autres cas, quand il n’y a aucun chiite à se mettre sous la plume, certains évoquent la laïcité qui, semble-t-il, donnerait des crises d’urticaire au roi Abdallah. Pourtant, si on regarde l’évolution de la situation régionale ces dernières années, la religion n’y trouve aucune place autre que l’exploitation qui en est faite de l’extérieur pour justifier ou condamner les actes ou comportements. Commençons par Saddam Hussein. L’Arabie Saoudite a non seulement largement financé la première et la deuxième guerre contre l’Irak (sunnite, précisons-le), mais a aussi permis l’installation définitive des forces armées américaines sur son sol. Saddam Hussein était pourtant l’ennemi des chiites et l’a prouvé par les armes et la répression intérieure. Après les guerres du Golfe, il y a eu la Libye. Bien que cette fois ce fut principalement le Qatar qui ait été sur le devant de la scène, c’est quand même à partir de la Ligue Arabe que tout a démarré, et l’on imagine mal que les décisions aient été prises contre la volonté de l’Arabie Saoudite dont l’ombre a plané sur tout le déroulement de la guerre.

Mouammar Kadhafi n’était pas laïc ni chiite, et avait même des comptes à régler avec l’Iran. L’Egypte, après la chute de Moubarak et le coup d’Etat du général Sisi, financé par l’Arabie Saoudite, contre Morsi et les Frères Musulmans (sunnites jusqu’au bout des ongles), est devenue une sorte de protectorat financier du royaume. Les mêmes frères musulmans furent pourtant utilisés à d’autres occasions par les saoudiens, notamment en Syrie. Pour la Syrie, pays multiconfessionnel par excellence, l’argument « chiites contre sunnites » ne fonctionne pas trop, malgré tous les efforts qui y sont consacrés, par exemple en gommant la spécificité des alaouites pour les faire passer pour des chiites. Comme cela n’a pas marché, la peur saoudienne de la laïcité est mise en avant. Le Qatar, dont le nom a longtemps été associé à celui de l’Arabie Saoudite dans le domaine du terrorisme, est maintenant en état de quasi-guerre avec son voisin.

Là non plus, pas de chiisme ou de laïcité à l’horizon. Il en est de même pour le Yémen, terrain d’entrainement des drones américains. On peut aussi noter qu’une partie du territoire saoudien est habitée par des chiites. Et il y a l’Iran, vraiment chiite lui, et également puissance régionale comme l’est l’Arabie Saoudite. Il y a, et il y aura toujours, entre les deux, une lutte d’influence qui passera par des hauts et des bas. Cette lutte est purement politique, elle n’a rien à avoir avec la religion. Alors, pourquoi s’acharner à constamment présenter des actes politiques sous un angle religieux ? Il est très difficile de s’enlever certains clichés de la tête, et la haine sunnites-chiites est l’un de ces clichés. Cette haine savamment entretenue permet de cacher tout ce qui ne doit pas susciter la réflexion, en apportant des réponses toutes faites aux éventuelles questions.

La croisade anti-chiite de l’Arabie Saoudite arrange tout le monde, y compris la dynastie saoudienne elle-même, mais elle n’est qu’un porte-monnaie, finançant toutes les opérations dont ont besoin ceux qui dirigent tout, comme par exemple la lutte des Talibans contre les soviétiques dont chacun connait le véritable ennemi. Qu’ils soient talibans, Al-Qaïda ou Daesh, ce sont tous des éléments d’une armée états-unienne non conventionnelle, que l’on pourrait appeler les US-Djihadiste, bien loin de toute religion. Le chiisme iranien n’est en aucun cas une menace. On ne voit d’ailleurs pas pourquoi il le serait, n’ayant aucune velléité prosélytique. Le roi Abdallah d’Arabie serait-il le seul à ne pas le savoir ?

Source:Reseauinternational
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