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Interview: Moussa Fall, membre de la COD se confie à Biladi


Actualité
Samedi 22 Septembre 2012 - 20:19


Interview: Moussa Fall, membre de la COD se confie à Biladi
Biladi : Au cours de sa troisième sortie médiatique ‘’rencontre avec le peuple’’ à Atar, le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, a présenté un tableau exaltant de la situation économique du pays. Un mois après, personne n’a jamais pu réfuter ses exploits économiques. Sauriez-vous lui apporter la contradiction ?

Moussa Fall (MF) : Le Président Aziz a effectivement déclaré en introduction à cette cérémonie que vous évoquez qu’il a, en deux ans, réalisé 70% de son programme. Tout le monde se souvient que le programme du candidat Aziz était focalisé sur deux points : la lutte contre la corruption et l’éradication de la pauvreté. Faisons le point, si vous le voulez bien, sur ces deux questions.

- Prenons la question de la gabegie.

Le candidat Aziz promettait, dans une conférence de presse à Nouadhibou, de construire autant de centres pénitenciers qu’il en faut pour séquestrer tous les auteurs de malversations. Actuellement, seules 3 ou 4 personnes, qui ne sont pas particulièrement étiquetées comme des symboles de la gabegie, croupissent en prison. Toutes ayant commis les actes incriminés après le coup d’état de 2008. Aujourd’hui, on ne parle plus des rapports de la cour des comptes et de l’IGE. Ils sont systématiquement classés sans suite quelle que soit la gravité des actes délictueux soulevés.

Aujourd’hui la quasi totalité de ceux qu’on vouait aux gémonies pour malversations sont casés ou en attente de placement dans des fonctions étatiques en guise de récompense de leur allégeance au pouvoir en place.

Aujourd’hui une nouvelle génération spontanée d’intermédiaires, ayant tous pour dénominateur commun leur proximité avec le chef, se livrent a un monopole systématique d’accumulation de richesses par voie de marchés de gré-à-gré comme la convention de pèche avec la Chine, les agréments d’établissements bancaires selon le bon vouloir du prince, les marchés réservés auprès des sociétés minières pour des entreprises de prestation de services. Autant de sujets qui méritent qu’on y revienne plus tard avec plus de détails.

L’autre soir, j’ai assisté à une conférence-débat sur la crise politique en Mauritanie où tous les intervenants se réclamant de la majorité ont mis en exergue la persistance et la centralisation marquée du phénomène de la corruption.

- Venons-en à l’éradication de la pauvreté.

Tout le monde s’accorde à dire que la situation sociale du pays n’a cessé de se détériorer depuis l’avènement du pouvoir en place. Les rapports du FMI qui déplorent le retard dans la réalisation des enquêtes sur les conditions de vie des ménages censés suivre l’évolution des indices sur la pauvreté, soulignent à chaque fois la très forte inégalité dans la répartition des richesses. Ils notent à chaque fois les manquements dans l’exécution des programmes spécifiques dédiés à la lutte contre la pauvreté.

L’indice de prévalence de la pauvreté en milieu rural s’est, selon le dernier rapport du FMI, fortement dégradé pour atteindre 59% de la population. Depuis, la sècheresse dans ses effets sur les cultures et le bétail et la hausse des prix n’ont cessé d’aggraver cet état des choses.

L’inflation qui côtoie, selon les chiffres officiels, les 7% est la plus élevée dans la sous région. Au Mali elle se chiffre à 1,6% et à 2,5% au Sénégal. Et le taux de chômage des jeunes est des plus élevé au Monde : 52% en Mauritanie contre une moyenne mondiale de 12%, Un taux de 13% en Afrique sub saharienne, de 17% au Maroc et de 30% en Tunisie. (source FMI)

Biladi : Pourtant, il a présenté des tableaux sur la macroéconomie du pays, en bonne santé disait-il, en prenant même à témoin les institutions financières internationales qui attestent, semble-t-il, ces chiffres.

M.F : Je ne conteste pas ces chiffres. Encore que le taux de croissance 4,8% avancé à Atar a été rectifié par le tout dernier rapport du FMI publié en Août 2012. Ce taux a été ramené à 4%.

Ce que je conteste c’est que ces chiffres soient le résultat de la gestion de l’actuel chef de l’Etat. Prenons les indicateurs fondamentaux : le taux de croissance de l’économie, l’état des finances publiques, les réserves de change.

Le taux de croissance de l’économie est estimé à 4% en 2011. Le premier constat est que ce chiffre n’est pas une performance en soi, ni par rapport à la situation d’avant le coup d’état de 2008 où l’économie affichait un taux de plus de 6% en 2007. Ni par rapport à l’année 2010 où on avait atteint 5,1%, encore moins par rapport à l’Afrique en général où la croissance moyenne annuelle est de 5,5%.

D’un autre coté, tous les analystes et, en particulier ceux du FMI, savent et disent que cette croissance est principalement tirée par les secteurs miniers qui bénéficient d’une conjoncture particulièrement favorable en matière de prix. Le cours du fer est passé de 61,6$/T en 2008 à 170$/T en 2011. Celui de l’or de 700$ en 2008 à 1700$ l’once aujourd’hui. Où peut-on voir l’action de l’actuel exécutif dans cette évolution ?

Les recettes budgétaires sont constituées pour l’essentiel par : les recettes fiscales (impôts et taxes) et les recettes non fiscales (dividendes et revenus de la propriété). Des efforts ont certes été déployés par l’administration fiscale en matière de recouvrement. Certains de ces efforts ont donné des résultats d’autres ont été abandonnés en cours de route. Mais ces efforts sont loin d’être déterminants dans les performances obtenues car l’essentiel des recettes fiscales provient de la TVA des Droits à l’importation, de la TPS et de l’IMF qui sont des prélèvements obligatoires ayant une forte corrélation avec l’évolution des prix. Les rendements de cette fiscalité augmentent automatiquement avec la hausse des prix qui tire vers le haut les valeurs nominales des assiettes. Ce qui a été catastrophique pour le consommateur et pour le pouvoir d’achat des populations, en 2011 et au premier semestre de 2012. Pour les recettes non fiscales elles sont dominées par l’apport des dividendes exceptionnels de la SNIM qui ont atteint pour les raisons indiquées plus haut le montant de 45 MM d’ouguiyas. Là aussi, on ne voit pas où se situe l’action de l’actuel exécutif dans ces performances.

- Le niveau des réserves extérieures résulte quand à lui de l’activité du secteur minier : la SNIM d’abord avec un chiffre d’affaires en nette progression du fait de la hausse des prix du fer alors que l’on constate sur la même période un net ralentissement de sa production ; le développement des activités des sociétés minières et la domiciliation, dans le système bancaire mauritanien, des avoirs destinés à leurs dépenses locales. Je note à ce niveau que si l’administration était efficace et si la capacité d’absorption des financements extérieurs, qui est un critère fondamental de bonne ou de mauvaise gestion, était au rendez vous, le solde brut des réserves extérieures aurait été supérieur. On constate en effet que, au premier semestre de 2012, sur un potentiel de financement de projets sur ressources extérieures de 25MM d’ouguiyas seuls 12 MM, soit moins de 50%, ont été utilisés.

Biladi : On peut quand même dire que son bilan économique est positif, n’a-t-il pas axé son action sur la mise en chantier des infrastructures de routes, hospitalières et éducatives, qui sont là, du concret, en somme ; et s’emploie à régler définitivement l’épineuse question des gazras, au bonheur des laissés pour comptes et autres populations, jadis, marginalisées ?

M.F : Il ne suffit pas d’exhiber des chiffres en progression pour attester du succès d’une politique. Allons au fond des choses et analysons objectivement les réalisations présentées comme des exploits.

- L’AEP (Adduction d’eau potable) de Magta Lahjar, ce projet vital pour les populations de cette Mougataa avait fait l’objet d’une requête de financement auprès du gouvernement espagnol. Une suite favorable a été donnée à cette requête et Son Excellence L’Ambassadeur d’Espagne en Mauritanie est venu l’annoncer à qui de droit. Mais comme on ne voulait lier cette réalisation au nom d’un Président autre que l’actuel, l’Etat a renoncé à ce financement pour réaliser ce projet sur ressources nationales. Pour des raisons subjectives l’exécutif a commis des erreurs inacceptables : Il renonce à un financement extérieur avantageux avec un apport substantiel en devises dont le pays a grand besoin. Il mobilise des ressources intérieures qui auraient pu être consacrées à d’autres projets. Il fait appel au Génie militaire pour des travaux qui devaient être confiées à des entreprises nationales dont l’expérience dans le domaine est avérée. Le Génie militaire ayant une mission bien définie, il ne doit porter ombrage au secteur privé qu’en cas de catastrophe naturelle.

- Les infrastructures routières : Un programme très ambitieux est en cours de réalisation dont : une voierie à Nouakchott d’une longueur de 113Kms confiée à ATTM, des voieries dans les capitales régionales, des routes inter-mougataas. Ce programme ne saurait être mis en totalité à l’actif du pouvoir actuel. Plusieurs projets ayant été initiés bien avant son avènement. Les questions que l’on pose à ce niveau sont : la pertinence de certains éléments de ce programme et la priorisation de ses composantes. Le plus urgent dans ce secteur est la reconstruction de l’axe Kiffa-Tintane. On sait que les travaux, qui sont confiés en sous-traitance, en violation de la règlementation des marchés, à une entreprise sans référence, enregistrent des retards pénalisants pour le trafic intense sur ce tronçon. La reconstruction de la route Nouakchott-Rosso n’arrive pas à démarrer en dépit de la disponibilité des financements qui lui sont destinés. Pendant ce temps nous avons des voieries construites qui connaissent des taux de fréquentation nuls comme à l’entrée de Rosso et dans certains quartiers de Nouakchott.


- Dans le domaine de la santé il y a effectivement 4 scanners et un IRM acquis dans le cadre de marchés de gré-à-gré. Un 5ème scanner sera installé dans le cadre de la coopération mauritano-chinoise à l’hôpital de Riadh. Notons aussi l’existence de 5 scanneurs dans les cliniques privées à Nouakchott. C’est une excellente chose d’équiper les établissements hospitaliers mais à condition que ces équipements soient opérationnels. Or la norme pour assurer le fonctionnement d’un service radiologique prévoit la disponibilité de 5 radiologues par service. La Mauritanie ne compte à ce jour que 10 radiologues au total et pour le public et pour le privé. Juste de quoi faire fonctionner 2 services. Dans de telles conditions ou bien les services rendus seront de qualité médiocre, ou alors les équipements seront sous utilisés. En outre les prévisions budgétaires pour l’achat régulier de consommables et l’entretien n’ont pas été assurées. Enfin ces dépenses massives ont été faites au détriment de la santé de base qui concerne les populations les plus pauvres et qui se trouve actuellement en état de paralysie quasi complète.

- Dans le domaine de l’électricité deux centrales ont vu le jour : une de 36 MW à Nouakchott et une autre de 22 MW à Nouadhibou. A Nouakchott la puissance disponible est de 79MW pour une demande estimée à 117MW. L’exécutif envisage de mettre en œuvre un programme d’investissement qui échappe à toute rationalité. Un programme qui comprend une centrale duale de 120MW, une centrale à gaz de 700MW, une centrale éolienne de 130MW, une centrale solaire de 30MW et un apport en hydroélectricité de 35MW. Le montant total de ces investissements se chiffre à 1270000000 de $ (un milliard deux cent soixante dix millions de dollars). Compte tenu de l’évolution de la demande en électricité la réalisation de ce programme se traduira par un excédent sur les besoins de 163 MW en 2018. Cet excédent ne cessera d’augmenter au fil des ans pour atteindre 585MW en 2024. Comment comprendre cette logique qui consiste à dépenser tant de ressources pour produire une puissance trois fois supérieure à nos besoins prévisionnels.

- Venons-en à l’accord de pêche avec l’Union Européenne. L’impact financier présenté comme étant un résultat majeur de cet accord a été mal expliqué. Cet impact est constitué par :
Un montant fixe annuel alloué par l’Union Européenne qu’on appelle compensation financière qui est versée indépendamment du nombre de navires opérant dans les eaux mauritaniennes.
Un montant versé par les armateurs de l’Union Européenne et qui varie suivant le nombre de navires et les quotas pêchés. Ce dernier montant était indexé sur le tonneau de jauge brute des navires. Dans le dernier accord l’indexation est alignée sur les tonnages effectivement péchés.

Or en comparant les compensations financières de ce dernier accord avec ceux qui l’on précédé, on se rend compte que le montant de la compensation fixe passe de 70 Millions à 67 Millions d’€. La part revenant aux armateurs est un leurre dans la mesure où il est aléatoire et ce, d’autant qu’il soulève déjà de fortes contestations.
Il faut aussi, pour obtenir une juste évaluation de la politique de pêche suivie par les autorités, tenir compte des avantages indus accordés à la société chinoise Poly-hondone Pelagic fisheries Co Ltd qui se traduiront par l’aggravation de la surexploitation du poisson de fond ; des avantages fiscaux excessifs pour une durée de 25 ans, l’alignement des redevances à payer sur celles des nationaux et le flou entretenu sur les zones de pêche, les maillages des filets, les quotas maxima à pêcher, les taux de la fausse pêche autorisés, les tailles des espèces autorisées pour chaque pêcherie.

- Dans un autre chapitre, on assiste à un interventionnisme de l’état dans tous les domaines avec une frénésie de création de nouveaux établissements et organismes publics. On estime à 43 le nombre des nouvelles créations avec leurs dépenses en capital, les subventions de fonctionnement et les prises en charge des nombreux déficits. Cette politique est économiquement contre productive dans son essence et couteuse dans ses conséquences. Ainsi pouvons nous observer une progression phénoménale des dépenses au titre des transferts et subventions qui passent de 2,7% en 2009 à 8,6% du PIB en 2012 ; Notons que sur la même période les rémunérations des employés chutent de 10,2% à 8% du PIB.

Tous ces exemples mettent en évidence une politique volontariste marquée par l’improvisation, le surdimensionnement, la mauvaise allocation et le gaspillage de ressources. Des dérives qui s’expliquent, entre autres raisons, par l’absence de stratégies et de schémas directeurs rationnels qui résulte de la marginalisation des compétences et de l’hypercentralisation des pouvoirs de décision. Elles résultent également de la mise en avant de calculs démagogiques au détriment de la planification rigoureuse fondée sur les avis des professionnels et des experts des domaines concernés.

Biladi : Avez-vous des propositions concrètes ou alternatives plus porteuses que celles résumant le bilan de réalisation du président de la République ?


M.F : Vous comprendrez que je ne me lancerai pas dans des développements sur des stratégies économiques que je ne maitrise d’ailleurs pas. Une politique économique digne de ce nom est forcement une œuvre collective mobilisant un ensemble de compétences et de connaissances qu’il faudra, le moment venu, mettre à contribution. Ce que je peux faire, à ce stade, c’est d’exposer certaines idées dans le but d’introduire et de susciter une réflexion sur les grands défis auxquels nous sommes confrontés.

A mon avis toute stratégie économique doit s’édifier sur la base des 3 priorités suivantes : La reconstruction de l’Etat et de ses institutions ; la diversification du tissu économique du pays ; le redressement du système éducatif national.

La reconstruction de l’Etat: Le drame de l’hypercentralisation et de personnalisation du pouvoir est l’effet destructeur qu’il exerce sur toutes les institutions du pays. Aujourd’hui nous nous trouvons en présence d’un Etat léthargique, absent, ne jouant qu’un rôle passif pour ne pas dire parasite. Or, en amont, pour la conception, et en aval, pour l’exécution, toute politique économique a besoin de cet outil central. L’une des priorités est d’investir pour donner de l’efficacité et de la vitalité aux services publics. Il faut désengager l’état des activités marchandes qui peuvent être exercées par le privé, réduire les établissements publics et les organismes à caractère administratif dont l’objet n’est pas essentiel pour la vie de la nation. Il faut réduire sensiblement le budget destiné aux transfert et subvention pour investir massivement dans le redressement des services publics ; réduire et rationnaliser les effectifs, rétablir les critères de mérite et de compétence dans les choix, bannir le clientélisme, instaurer l’équité et améliorer sensiblement les conditions de travail des fonctionnaires sur tous les plans : responsabilisation, conditions de travail et conditions de rémunération. Moins de fonctionnaires, mais des fonctionnaires compétents, efficaces et motivés. Tel est le premier objectif que l’on doit se fixer.

- La diversification du tissu économique : L’économie du pays est totalement dépendante des industries extractives. Elle est de ce fait extrêmement vulnérable. Nous avons les mines de fer exploitées par la SNIM dont la durée de vie est estimée à 20 ans. Nous avons l’or de Tasiast dont la production commencera à décliner à partir de 2014 pour s’épuiser en 2030. Nous avons l’or et le cuivre d’Akjoujt qui n’iront pas au delà de 2020. Une politique économique judicieuse et responsable doit gérer de façon rationnelle les ressources générées par le secteur minier pour investir dans l’enrichissement, la diversification et la sophistication du tissu économique du pays en vue de créer les conditions d’une croissance durable impliquant tous les secteurs d’activité.
Une rectification de la politique suivie pour les investissements peut permettre de dégager des fonds pour financer ces reformes d’avenir. Il s’impose de mieux dimensionner les projets pour les adapter aux besoins rationnels réels du pays. Il y a lieu, avec la reforme de l’Etat, d’améliorer la capacité d’absorption des financements extérieurs et d’inverser le rapport des contributions respectives des ressources nationales et des ressources extérieures au financement des projets. Actuellement ce rapport est de 25,5% pour les financements extérieurs contre 74,5% sur fonds propres.

Les reformes d’avenir supposent, en premier lieu, la création d’un environnement favorable pour le développement des affaires. Plutôt que de régler des comptes pour évincer l’ancienne classe d’hommes d’affaires et promouvoir de nouvelles figures, il faudrait encourager le secteur privé dans son ensemble en établissant des règles qui s’appliquent à tous et qui ont pour objet de garantir la transparences et la libre compétition entre opérateurs.

Le pays doit promouvoir une destination Mauritanie par des formules de partenariat et d’investissement direct afin d’encourager les opérateurs étrangers à investir en Mauritanie. Cela suppose la mise en œuvre d’un nouveau code des investissements assurant des avantages incitatifs une sécurité dans l’exercice des activités, une protection par un système judiciaire professionnel et équitable et une protection contre toutes les formes d’interventions et de pressions indésirables.

Une réflexion doit être engagée pour développer le secteur rural. Dans le domaine agricole en particulier il sera nécessaire de revoir, dans un climat apaisé serein et consensuel, le délicat problème de la réforme foncière pour pouvoir libérer toutes les potentialités dans ce domaine : Ainsi pourrons-nous réaliser les nombreux arbitrages entre toutes les formes d’exploitation de la terre dans l’intérêt des agriculteurs traditionnels, des exploitants de grands périmètres aménagés et de l’introduction de partenaires étrangers pouvant ouvrir des opportunités sur le marché extérieur. Dans le domaine de l’élevage il y a lieu de mettre en œuvre une stratégie axée sur la sécurisation du bétail contre les aléas naturels.

- Le redressement du système éducatif national. A la base de tout développement il y a le facteur humain dont la qualité dépend du système éducatif. Depuis la reforme de 1979 notre école est en crise. Entre autres effets négatifs, cette reforme a crée une division nette entre les différentes composantes de notre pays qui sont à l’origine des regrettables évènements de 89 à 91. Aujourd’hui nous avons des générations qui ne se comprennent pas qui n’ont pas fréquenté les mêmes classes et qui n’ont pas cultivé cette complicité qui nous a été inculquée par notre vie commune dans les internats des collèges et lycées.

Aujourd’hui, allons visiter les écoles publiques à Nouakchott on n’y trouvera que les enfants de familles pauvres avec une nette prédominance de couches sociales particulières. Le reste des élèves suivent leurs études dans les écoles privées. Nous sommes en train de poser des bombes à retardement qui exploseront un jour ou l’autre. Il est plus que jamais urgent de revoir cette question. En Mauritanie le budget consacré à l’éducation est de 3,5% du PIB seulement pour une norme allant de 5,6 à 6,5 dans les pays de la sous région (Maroc, Sénégal, Tunisie). Il est impératif d’atteindre et même de dépasser la norme internationale dans ce domaine pour améliorer la qualité de l’enseignement public et pour promouvoir la mixité dans les écoles.

Source: www.rmibiladi.com

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