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Interview-Assad: Pas de règlement dans un avenir proche. Les USA veulent le chaos…VIDEO


Actualité
Jeudi 27 Août 2015 - 11:15

Le président syrien Bachar al-Assad a exclu l’éventualité de parvenir à un règlement de la crise syrienne dans l’avenir proche, assurant que les Etats-Unis ne veulent pas que le terrorisme l’emporte, ni qu’il ne faiblisse non plus, car ils veulent semer le chaos dans la région.


«  Nous ne pouvons pas dire que nous sommes arrivés au dernier quart d’heure avant l’arrêt de la cause réelle du problème en Syrie… l’essence même du problème réside dans l’ingérence étrangère, dans les fonds déversés et les armes envoyées aux terroristes en Syrie », a-t-il indiqué au cours d’une interview exclusive accordée pour notre chaine de télévision al-Manar.
 
Selon lui, « les Etats-Unis ne veulent pas que le terrorisme l’emporte, ni qu’il ne faiblisse,…, car ils voudraient que les choses glissent vers le chaos ».
 
Lorsque les pays cesseront de soutenir le terrorisme
 
«  Lorsque nous atteindrons l’étape où les pays impliqués dans le complot contre la Syrie cesseront de soutenir le terrorisme, à ce moment-là nous pourrons dire que nous avons atteint le dernier quart d’heure. A ce moment-là, tous les autres détails, ou ce qu’on appelle la solution politique, le processus politique ou tout autre chose similaire n’auront plus aucune  importance », a-t-il avancé.
 
Indiquant préférer le terme de processus politique au lieu de solution,  il a signalé « qu’il devrait se faire entre des forces politiques indépendantes qui appartiennent au peuple syrien et dont les racines sont syriennes ». Il a réitéré que les forces et les personnalités avec lesquelles le dialogue doit être amorcée doivent avoir une assise populaire et pas seulement soutenue par ces Etats.
 
Interrogé sur le rôle du sultanat d’Oman et son entrée sur la ligne de la crise syrienne,  Assad a répondu:
 
«  Oman joue un rôle important dans le traitement des zones de tension dans notre région, dans le but de les faire refroidir, puis de les résoudre».

Sur le contenu de la visite à Oman du ministre des AE, Walid al-Mouallem, elle a d’après lui servi à exposer la perception de la Syrie pour le règlement, alors que les Omanais exploraient en même temps l’atmosphère régionale et internationale.
 
« Mais il est trop tôt pour parler de la nature du rôle que pourra jouer Oman », a tempéré  le président syrien.
 
Les agressions israéliennes et les collaborateurs syriens
 
Interrogé sur les agressions israéliennes qui se sont multipliées  contre la Syrie,  le président syrien s’est référé  à l’expérience libanaise.
 
«  Ce qui a permis à Israël d’oser agresser les Libanais est que certains d’entre eux étaient liés à l’étranger et d’autres à Israël … on peut dire la même chose pour la Syrie. Tant qu’il y aura des groupuscules qui sont prêts à collaborer avec les ennemis et leur demander d’intervenir en Syrie, c’est ce qui se passera pour la patrie », a-t-il répondu.
 
Le président syrien s’est dit tout a fait d’accord avec le secrétaire général du Hezbollah sayed Hassan Nasrallah sur le changement des règles d’engagements avec Israël , tout en prenant en compte la différence entre la scène libanaise et la scène syrienne.
 
« À l’état actuel des choses, ce sont les collaborateurs d’Israël qui se trouvent sur le côté syrien de la frontière », a-t-il fait remarquer.
 
Un émissaire occidental ne peut être neutre
 
Evaluant le travail de l’émissaire des Nations Unies pour la Syrie, Stefan de Mistura, Assad a estimé qu’il est très difficile qu’une personne disposant de l’aval des Etats-Unis et de l’occident puisse être neutre. « S’il avait été neutre, ils ne l’auraient pas envoyé », a-t-il assuré.
 
S’agissant des efforts déployés par la Russie en vue de l’organisation de la rencontre de Genève-3 il a dit :
 «  Nous avons beaucoup confiance dans les Russes. Ils ont prouvé durant les quatre années de crise qu’ils sont sincères, transparents et des gens de principe. Raison pour laquelle lorsqu’ils rencontrent les différents protagonistes, nous ne sommes nullement inquiétés lorsque ces derniers tentent de brouiller l’image réelle ».

Assad a dit supposer que les Russes veuillent attirer les différentes forces politiques en direction du dialogue pour couper la voie aux appels à la guerre.
 
La participation du Hezbollah est légitime
 
Interrogé sur la participation du Hezbollah dans les combats  en Syrie, en tant que force étrangère, si elle ne ressemble pas à la présence des autres forces étrangères en Syrie, il a répliqué :
 
« La différence est que la présence du Hezbollah est totalement légitime, parce qu’elle s’est faite avec l’accord de l’Etat syrien qui est un Etat légitime qui représente le peuple syrien. Il a le droit d’interpeler des forces pour défendre le peuple syrien. Alors que les autres forces sont terroristes et sont venues pour tuer le peuple syrien, sans autorisation de la part de l’Etat syrien ».
 
Les Etats qui soutiennent le terrorisme ne peuvent le combattre
 
Concernant la suggestion russe de former une coalition régionale contre le terrorisme, Assad a dit qu’il saluait tout effort visant à faire cesser l’effusion du sang syrien, tout en objectant :
 
« Les États qui ont soutenu le terrorisme ne peuvent être ceux qui vont le combattre. Sauf s’ils ont décidé de se repentir et ont reconnu qu’ils avançaient vers la fausse direction ».
 
Erdogan et ses rêves syriens
 
Assad a parlé des plans turcs visant à instaurer une zone d’exclusion au nord de la Syrie.
 
« Erdogan a ses rêves. Ceux de devenir un leader, le sultan des Frères Musulmans. Il voulait  opérer une fusion entre l’expérience du Sultanat ottoman et celle des Frères Musulmans et misait de grand espoirs au début sur l’Egypte et la Tunisie surtout », a-t-il dit estimant toutefois que les rêves du président turc ont été dissipés par la réalité.
 
« Il ne lui reste plus que ses maitres lui acquissent permettent de réaliser son rêve de zone d’exclusion. C’est le dernier », a-t-il conclu.
 
Egypte et Syrie, l’équilibre sur la scène arabe
 
S’agissant de la relation avec l’Egypte, le numéro un syrien a affirmé qu’elle ne s’est jamais interrompue, même durant le règne de Morsi indiquant que plusieurs institutions égyptiennes étatiques ont refusé toute rupture des liens avec la Syrie.
 
 « Je ne voudrais pas faire porter aux frères en Egypte une grosse responsabilité, leurs circonstances pourraient être très oppressantes. Ce que nous voudrions dans une première phase c’est que l’Égypte ne soit pas la plate-forme contre la Syrie, de la part des Etats arabes. En second lieu, nous voudrions que l’Egypte joue le rôle d’un Etat crucial ».
 
« La relation entre la Syrie et l’Egypte peut réaliser un véritable équilibre sur la scène arabe. C’est un sujet connu dans notre histoire moderne, mais aussi du temps des Pharaons aussi qui pensaient que leur sécurité nationale à cette époque se trouvait en Syrie ».
 
Et de conclure :
 
«  Je pense que cette prise de conscience s’est bien développée aujourd’hui. La Syrie pense qu’elle se trouve dans une même tranchée avec l’armée égyptiennes et avec le peuple égyptien dans la confrontation contre les terroristes qui changent d’appellation comme on change de nom des produits périmés. »
 
«  Nous ne pouvons pas dire que nous sommes arrivés au dernier quart d’heure avant l’arrêt de la cause réelle du problème en Syrie… l’essence même du problème réside dans l’ingérence étrangère , dans les fonds déversés et les armes envoyées aux terroristes en Syrie », a-t-il indiqué au cours d’une interview exclusive accordée pour notre chaine de télévision al-Manar.
 
Selon lui, « les Etats-Unis ne veulent pas que le terrorisme l’emporte, ni qu’il ne faiblisse,…, car ils voudraient que les choses glissent vers le chaos ».

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