Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Intervention au Nord-Mali : "Le MNLA ne se trompera pas de combat, et demeurera malgré tout lui-même"


Tribunes
Dimanche 30 Septembre 2012 - 18:12

Tout en se réjouissant du regain d’intérêt accordé par la communauté internationale depuis un moment sur la situation dans l’Azawad, il est important d’attirer encore l’attention du monde sur les dangers d’embrasement de la situation, en cas d’une décision anticipée et non concertée.


Des touaregs près d'Aguelhoc
Des touaregs près d'Aguelhoc
Les inquiétudes de cet embrasement se justifient entre autres par l’absence d’un corridor humanitaire digne de crédibilité :

La population de l’Azawad affaiblie et prise en otage dans les villes par les mouvements extrémistes ne jouit jusqu’ici d’aucun corridor humanitaire crédible. Faudra-t-il rappeler ce sur quoi bon nombre de médias ferment les yeux ? La prise en sandwich de la population ; instrumentalisée à la fois comme moyen pour le Haut Conseil Islamique Malien (HCI) d’apparaitre en interlocuteur incontournable entre le pouvoir de Bamako et les islamistes, et subissant le chantage des mouvements intégristes au prix d’accès aux dons.

Autrement dit, les dons en provenance de Bamako mis sous tutelle du HCI ne sont accessibles par exemple qu’aux chefs de quartiers, imams ou notables qui prêtent allégeance aux maitres des villes. Il est aussi à noter que l’autre majorité de cette population de l’Azawad qui n’habite pas les villes, et ne pouvant plus s’y approvisionner par peur, ne bénéficie d’aucun programme de secours.

Il y a en principes des préalables juridiques visant des responsables avant la décision d’une intervention militaire sous l’égide de l’ONU :

La Cour Pénale Internationale (CPI), à travers sa présidente Mme Fatou Ben Souda, avait déclaré la mise en place d’une commission spéciale d’enquête qui déterminerait les responsables de certains actes correspondant à des crimes contre l’humanité (Destruction de sites historiques, amputations, atteintes à la dignité humaine…). L’objectif serait d’aller d’abord à la rédaction d’un répertoire précis de responsables susceptibles de poursuites judicaires, et de certaines actions comme l'interdiction de circulation, de fréquentation. Quelle classification est faite d’Ançar Idine après qu’il continue de revendiquer des actions qualifiées de crimes, islamiste ou terroriste ?

Le MNLA a été sommé par la communauté internationale lorsqu’il a essayé un rapprochement avec Ançar Idine sous conditions irrévocables que celui-ci se désolidarise des mouvements extrémistes, qu’il adhère à la déclaration d’indépendance de l’Azawad du 06 Avril 2012, qu’il fasse des concessions concrètes qui démontreront sa bonne foi (Condamnation du terrorisme, des enlèvement d’otages, d’imposition de la charia…).

Par quoi donc se justifient encore les tentatives et les fréquentations du Haut Conseil Islamique malien et celles du médiateur de la CEDEAO ?

Savoir que le MNLA existe à tous les niveaux et vouloir l’ignorer dans la démarche :

Engager une intervention militaire avec seulement des forces africaines (UA ou CEDEAO) au palmarès peu rassurant, sans prendre en compte la complexité du dossier ainsi que la vision du partenaire crédible, et ayant jusqu’ici fait preuve d’une grande modération qu’est le MNLA, laisse apparaitre peu d’indices de succès. Nul ne saurait contester qu’il est indispensable de capitaliser les engagements possibles des parties disposées à une solution concertée et négociée. Chose qui ne saurait qu’être un atout majeur au retour à une normalité consensuelle et durable.

Est-il nécessaire de rappeler que le MNLA a rencontré et reconnu le médiateur de la CEDEAO proposé par la communauté internationale bien avant le retrait de ses troupes des trois villes de Tombouctou, Kidal et Gao?

Le mouvement a déclaré disposer d’une plate forme de revendications et a réitéré sa disponibilité à la négociation avec le gouvernement malien. Comme confirmé par le médiateur en chef son Excellence Blaise Compaoré, président du Faso, le blocage ne venait que de Bamako.

Ensuite, la CEDEAO et ses partenaires en ignorant le MNLA, prennent surtout le risque majeur d’exposer les populations civiles azawadiennes au plus grand péril. L’armée malienne, dont l’irresponsabilité est avérée ainsi que les milices qu’elle ne manquerait pas de s’adjoindre dans le cadre de l’intervention militaire envisagée s’attaquera immanquablement aux populations civiles touarègues et maures.

Nous attirons déjà l’attention de l’opinion publique internationale sur la responsabilité énorme et historique que porteront les illustres institutions ainsi que leurs différents partenaires sous-régionaux et internationaux qui s’y engageront.

Bamako ne fait preuve d’aucune aptitude à permettre le succès d’une telle opération :

Il n’est un secret pour personne que l’armée malienne est fortement divisée à l’image des tendances politiques et des frustrations de certains responsables militaires (généraux, colonels..) mis de coté depuis l’arrivé des soldats et sous-officiers aux commandes de forces. Qu’en est-il du sort des membres de l’unité de lutte « bérets rouges », pour la majorité, réfugiés en Guinée voisin? Quelle est la raison officielle du blocage des armes maliennes dans certains ports ? N’y’a-t-il pas encore de non dit sur certains rapports entre Bamako et les islamistes ?

Assez d’actions démontrent qu’il y a plusieurs pouvoirs à Bamako (le Commandant Sanago, le Professeur Dionkounda, le Docteur Cheikh Diarra et…?).

Carte stratégique du Nord-Mali tenu par les islamistes
Carte stratégique du Nord-Mali tenu par les islamistes
Les positions des pays voisins directs, le talon de la synergie :

La manifestation de réticence des pays proches comme la Mauritanie, le Niger, l’Algérie et le Sénégal à l’option immédiate en cours mériterait d’être considérée.

Par ailleurs, si la CEDEAO et la communauté internationale butent sur le rétablissement de la légalité du pouvoir à Bamako, il est peu probable que ce soit une intervention militaire dans l’Azawad qui induirait le retour à la normalité constitutionnelle et politique à Bamako. Le pouvoir, voire les pouvoirs à Bamako s’enfoncent chaque jour et à chaque occasion dans leurs contradictions préjudiciables à la paix et à la stabilité sous régionale. L’urgence est avant tout là.

Le discours « sauvegarder l’intégrité du Mali » qui aux yeux de la France est défendable malgré les préjudices historiques et les difficultés à parvenir à une solution durable, ne saurait couter aussi la déstabilisation de toute l’Afrique. Si dans les projets de campagne présidentielle de son Excellence Hollande, il souhaitait une autre image de la politique « France-Afrique », le minimum ne serait-il pas de comprendre le devoir de ces pays réticents à défendre leur quiétude nationale ?

La lutte du MNLA correspond juste à une période d’un devoir de génération qui demeurera :

Il est illusoire de croire que, laisser l’Etat malien sous rideau du principe de souveraineté nationale, « bricolé une paix » avec des mouvements intégristes et extrémistes dont certaines ayant des origines extérieurs allait changer quoi que se soit au projet de MNLA. Le mouvement est partie d’une base qui considère sa mission du moment comme un devoir de génération et pour laquelle le temps reste l’allié de ceux qui se battent pour vraiment construire et non compromettre. On ne bricole pas une paix, elle se cultive par un traitement juste, équitable et solide. « Que tous les acteurs confondus comprennent que la ferveur demeure la même, de l’œuf Afous-Afous jusqu’au Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA) en passant par l’embryon purement pacifique le MNA… »

Enfin, dans cette intervention en phase de confirmation, nous estimons fort logiquement que tout format d’intervention militaire dans l’Azawad qui ne tiendrait pas compte de la présence du MNLA sur le terrain s'avérerait contre lui.

Quoi qu’il en soit, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) tient à assurer les populations azawadiennes, les pays du champ, la CEDEAO et la communauté internationale que l’attitude négative de la CEDEAO et de ses partenaires à son égard ne le conduirait nullement à s’engager dans des alliances contre-nature parce qu'heurtant fondamentalement notre philosophie, nos visions et nos approches.

Le MNLA ne se trompera jamais de combat et son projet fort de légitimité est une mission de générations.

Attaye Ag MohamedChargé de mission
Département Information et Communication du CTEA
Mamoudou Kane


              


1.Posté par Youssoufa le 01/10/2012 11:27
Excellente analyse de Ag Mohamed.
Beaucoup demontre que cette révolte du MNLA comporte des cadres qui maitrisent beaucoup du dossier.
Courage

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter