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Insolite : Surfer en hijab, c'est possible


Lu sur le web
Mercredi 14 Novembre 2012 - 21:00

Une championne de surf irlandaise s'est lancée sur les flots en Iran sans y être invitée mais décemment couverte. Elle entend ainsi montrer aux femmes iraniennes qu'elles peuvent pratiquer ce sport et y trouver une sensation de liberté...


Insolite : Surfer en hijab, c'est possible
Dans un coin tranquille du littoral iranien sur l’Océan indien, des villageois attroupés observent une scène avec stupéfaction. L’un d’eux a même appelé la police locale, qui est arrivée en force. Ce n’est pas tous les jours que les citoyens de cet Etat islamique ont l’occasion de voir une Irlandaise en "hijab de plongée", chevauchant une planche de surf rose pétard sur une mer gonflée par la mousson.

"Ils sont tous extrêmement gentils, juste très intrigués et intéressés. La police craignait que je me cogne sur les rochers et que je me fasse mal. Le pire, vraiment, c’était de porter ce hijab en lycra par 30 degrés, ce n’était pas évident. Je suis sûre que ça se serait bien passé si j’y étais allée en short, mais j’avais envie de leur montrer un maximum de respect", confie Easkey Britton, 26 ans, quadruple championne d’Irlande de surf et championne de la coupe professionnelle de Grande-Bretagne.

Le périple iranien de cette surfeuse originaire du Donegal [province d'Ulster] a fait l’objet d’un bref documentaire tourné par la réalisatrice française Marion Poizeau, diffusé sur France Ô le 30 octobre dernier. Les deux femmes sont arrivées en Iran sans s’être annoncées et sans savoir quel accueil leur serait réservé. "C’était juste un projet fou de surfer là où aucune femme n’avait surfé auparavant, et d’essayer d’y intéresser d’autres femmes", raconte Easkey Britton. Easkey Britton espère convaincre d’autres femmes de monter sur une planche. "J’aimerais beaucoup voir plus de femmes surfer et que cela devienne un sport pour tous, et pas seulement pour les riches. Il y a des gens qui surfent dans la bande de Gaza aujourd’hui, et au Bangladesh, croyez-le ou non. C’est vraiment génial. Il y a aussi un super projet que j’ai vu au Brésil où ils emmènent les enfants des favelas et leur apprennent à surfer en leur donnant des planches et du matériel. Cela change leur vie et cela montre que le surf peut être bien plus qu’un simple loisir, c’est un outil formidable qui peut épanouir les femmes et les filles et leur ouvrir de nouveaux horizons".

Le surf a déjà le vent en poupe parmi les musulmanes de Californie et au moins une société s’est lancée dans la fabrication de "burkinis" de surf répondant aux critères de dissimulation intégrale du corps –en plus des combinaisons islamo-compatibles déjà disponibles. Easkey Britton souhaite maintenant encourager les femmes des pays défavorisés à goûter la liberté que procure le surf. Baptisée du nom d’un récif situé au large de cette côte Ouest de l’Irlande où elle est née – récif qui tire lui-même son nom du mot gaélique désignant le poisson – Easkey Britton était prédestinée pour la mer. La championne souligne qu’elle n’essaie pas seulement de mettre plus de filles sur les planches mais qu’elle entend aussi faire valoir leurs droits sur un sport qui était sans doute dominé par les femmes au départ.

"A Hawaï, quand le surf a débuté, c’était le sport de la noblesse et des pauvres, et il était surtout pratiqué par des femmes. Les gravures du voyage du Capitaine Cook [1728-1779] montrent des gens dans l’eau sur des sortes de planches, et la plupart sont des femmes", raconte-t-elle.

"Le surf est toujours perçu comme une discipline éminemment masculine, mais les femmes ne doivent pas s'en laisser conter par le discours qui veut qu'il faille une super forme pour surfer. Il suffit juste d’être bonne nageuse. Souvent, chez les enfants, les filles progressent bien plus vite que les garçons en surf. J’espère revenir en Iran l’année prochaine pour voir quelques-unes des femmes que j’ai rencontrées monter sur une planche pour la première fois. Cela sera quelque chose de les emmener s’éclater dans l’océan et de leur faire profiter de ce sentiment de liberté qu’offre la mer".

Tracy McVeigh
Pour The Guardian
Mamoudou Kane


              

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