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Insolite : « Ma vie chez les milliardaires russes »


Lu sur le web
Lundi 15 Avril 2013 - 17:00

Marie Freyssac, journaliste, a vécu comme préceptrice française à Moscou pendant un an et demi. Dans un livre, « Ma vie chez les milliardaires russes », elle raconte avec drôlerie son quotidien dans l’univers d’une famille de « nouveaux Russes ».


Couverture du livre de Marie Freyssac Ma vie chez les milliardaires russes. Marie Freyssac (DR)
Couverture du livre de Marie Freyssac Ma vie chez les milliardaires russes. Marie Freyssac (DR)
Comment l’aventure a t-elle commencé ?

Je souhaitais avoir une expérience de travail à Moscou et j’ai postulé par hasard à une annonce de l’ANPE.

Le lendemain, l’ancienne préceptrice m’a appelée pour boucler un entretien en Allemagne. Nous avions rendez-vous dans un palace. J’étais impressionnée et pensais rencontrer un couple discret et hautain.

Je ne m’attendais pas à être accueilli par des gens habillés en jogging de luxe, très décontractés et ouverts. Un mois plus tard, j’étais à Moscou.

Extrait
« La maman est adorable et très disponible. La philosophie du papa, c’est que tout le monde doit être heureux au travail. (…) Bref, en plus du salaire, les Sokolov te paient ton appartement dans le centre et tout ce dont tu as besoin pendant les vacances que tu passeras à leurs côtés. (...) Je raccroche, abasourdie. C’était Solenne, la “préceptrice française” que j’ambitionne de remplacer pour 4 000 euros d’argent de poche mensuels. »


Comment avez-vous vécu cette expérience ?

C’était une vie agréable, mais frustrante sur le long terme car j’avais le sentiment d’être inutile. J’étais embauchée pour faire progresser les enfants en français alors qu’ils étaient déjà bilingues. Finalement, la majeure partie de mon temps consistait à les attendre pendant qu’ils étaient à l’école, à leurs activités...

Par contre, vivre aux côtés de cette classe de nouveaux Russes, très caractéristique de la nouvelle société en Russie, était très intéressant d’un point de vue sociologique. Cette classe est en permanence dans la consommation et dans le désir d’avoir toujours plus. Assister à ses excès m’a permis d’ouvrir un univers de possibles que je ne pouvais pas imaginer.

Extrait
« Sous un soleil de plomb, j’entrevois l’embarcation. La concurrence est rude. Long d’une petite soixantaine de mètres, avec sa coque noire et ses étages blancs, le pied-à-terre flottant des Sokolov n’occupe que la deuxième ou troisième place en termes de grandeur dans le palmarès des yachts privés amarrés au port. Mais l’honneur est sauf : privilégié, mon patron bénéficie d’un anneau facturé à 2.000 euros cash par jour au lieu des 1.000 indiqués sur la grille des tarifs. »


A quoi cela ressemblait-il ?

Je raconte dans le livre l’anniversaire de la petite Lisa qui fêtait ses 8 ans. La famille avait organisé une fête somptueuse en louant un restaurant très chic des alentours de la Rublevka.

Ils ont fait venir un chef italien étoilé, des amis éparpillés à travers l’Europe, voyage payé, et une chanteuse à la mode. Un feu d’artifice grandiose a été tiré et pendant toute la soirée les chauffeurs se sont relayés pour ramener à la maison la quantité de fleurs et de cadeaux offerts à la petite Lisa.

Elle a reçu beaucoup de robe haute couture, de bijoux, un manteau de fourrure… elle était contente, mais finalement ces cadeaux étaient davantage destinés à faire plaisir aux parents. Cette classe entretient d’elle-même la surenchère des excès, un peu comme une obligation.

Un autre exemple : Aliocha adorait le caviar - et il y en avait toujours au petit déjeuner. Un matin, le petit tartinait son blini de gros grains noirs hors de prix, et son père trouvait qu’il n’en mettait pas assez, il lui en a rajouté des cuillères et des cuillères alors que le petit en a laissé la moitié dans son assiette.

Comment cette classe sociale s’intègre-t-elle dans son pays ?

Ils sont proches du pouvoir mais en même temps n’ont pas de responsabilité politique. Ce sont des businessmen qui restent sur leur garde.

Dans leur vie quotidienne, les nouveaux Russes restent dans leur classe et ne se mélangent pas. La famille n’allait que très rarement dans le centre de Moscou.

De la même façon, il était impensable d’aller se promener dans un parc de la capitale avec les enfants, même si chaque déplacement se faisait avec un garde du corps.

Finalement, les enfants connaissent leur pays à travers les vitres de la voiture, ou lorsqu’ils regardent la télévision, et connaissent bien mieux Londres ou Monaco, où ils sont plus libres, que Moscou.

Les familles de cette classe sont complètement coupées de la réalité. Lors des manifestations de l’opposition par exemple, la maman semblait effarée et voulait partir sur le champ à Monaco. Cette classe a vraiment peur de la rue et comme beaucoup de Russes, ils ont peur de l’instabilité.

Maureen Demidoff
Lu sur Aujourd'hui la Russie
Mamoudou Kane


              

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