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Initiatives de soutien à Aziz : Une Histoire de Chapelle


Actu Mauritanie
Jeudi 29 Mai 2014 - 13:16

Dans dix jours, la campagne présidentielle, ou ce qui en tiendrait lieu, démarrera sur toute l’étendue du territoire national.


Initiatives de soutien à Aziz : Une Histoire de Chapelle
 Des annonces ça-et-là sur la formation des équipes de campagne des candidats, mais il manque bien quelque chose. Une case vide. Une impression du déjà vu, la monotonie. Une lassitude avant la lassitude. Une hystérie gagne les initiateurs des initiatives, tous, toutes, soutiennent la candidature de Mohamed Ould Abdel Aziz. Du déjà vu, qui ne rassure pas vraiment sur le second mandat. Tellement, ils en font trop, du surfait, qu’on doute plus sur la sincérité des uns et des autres.

On s’en souvient, jusqu’à la veille de son départ, en Arabie Saoudite, pour assister à la cérémonie funéraire du roi mort, Ould Taya avait laissé un pays raccordé sur la musique des initiatives. Pour un oui ou pour non, des tribus entières, des fractions tribales, des fragments de tribu, des fragments de fragments de familles sortaient en pleins jours pour dire leurs soutiens indéfectibles et toujours sans conditions au président de la République.

Ce n’était pas la raison qui manquait. Il y avait une raison pour chaque initiative. C’était bien l’initiative qui devait produire sa propre raison. On donnait d’abord vie à l’initiative, puis la raison s’y greffait à postériori. Rien n’a changé visiblement, depuis lors. La raison d’une initiative se maintient encore, et encore, aujourd’hui.

On a compris avec le départ de Maaouya que les initiatives n’avaient aucun sens. Aucune raison raisonnable. Puisque les mêmes têtes d’affiche d’initiatives, les mêmes tribus, les mêmes fractions, les mêmes fragments du fragment tribal allaient reprendre leurs voi(es)x initiatiques pour le vilipender, honnir son régime, maudire son règne, et au passage encenser le nouveau maître. On est bien en droit de mettre en doute la crédibilité des initiatives de soutien politique. Crédibilité, entendons-le, pour le pouvoir en place. Pour l’encenser.

Or l’objectif des initiatives serait bien ailleurs. C’est un investissement. Un placement pour le futur proche politique. Une manière d’abord de se montrer capable, de dire son existence sociale, pas pour le pouvoir de maintenant, mais celui de demain. Sinon, on comprend mal le revirement des lendemains des changements constitutionnels. Quand une initiative tribale nait, c’est que la politique institutionnelle se meurt. C’est que la place est vide. Et la nature, c’est connu, en a bien horreur. Une naissance du vide ne saurait produire que le vide.

Le pouvoir même s’il s’en défend n’est pas loin de ces initiatives. Il y a systématiquement un ponte du principal parti de la majorité qui est là pour transmettre les remerciements de son parti aux initiateurs. Au-delà de cette caution, toute initiative s’arrime à un ancrage, une légitimité bien du sérail. Comme quoi, la fièvre des initiatives ne saurait pas vraiment déplaire au pouvoir en place. Il en serait bien demandeur. En tout cas, elles ne le dérangent pas. On peut le dire.

Toutes pour Un !

Les initiatives sont toutes en faveur du candidat à sa propre succession, Mohamed Ould Abdel Aziz. Aucun initiateur ne se trompe de choix. C’est toujours vers la même personne. Celle qui va gagner, sans surprise, l’élection du 21 juin. Au passage, on peut oublier le politique. C’est peut-être le but du jeu. Emanciper une action censée être politique de son contenu politique. C’est sans doute plus sûr comme démarche pour le candidat à la veille du scrutin présidentiel prochain. Devoir plus compter sur des initiatives à coloration tribale que sur son outil politique, l’Union pour le République (UPR). Car, là, la responsabilité devient, dans ce cas, plus pointue, plus confinée, plus précise.

C’est une affaire d’urne personnalisée. L’urne de telle tribu, de telle fraction, de telle famille peuhle, soninké, harratine, wolof ou autres. Une invite, en somme à l’identitaire. Pour les urnes de l’intérieur du pays, la question est toute simple. C’est une histoire de chapelle. Pour les grandes villes, les initiateurs sauraient bien trouver les leurs dans chaque quartier, à chaque entre deux rues. Il y a toujours un fonds tribal urbanisé, qui ne refuserait pas de répondre à un appel utile de la tribu.

AVT

Source: Rmibiladi
Noorinfo


              

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