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Industries extractives : La pêche se meurt


Economie
Mercredi 10 Avril 2013 - 14:20

Le secteur de la pêche est en train de mourir à petits feux. En plus du malaise qui frappe les populations qui profitent directement de ressources de mer, il y a celui des opérateurs du secteur qui se battent pour leur survie alors que l’Etat fait comme si l’affaire ne le concerne pas.


Industries extractives : La pêche se meurt

L’état actuel des ressources halieutiques est préoccupant. Parmi les causes de cet état de fait, les politiques jusque-là adoptées dans le secteur qui ont toutes failli. Ce qui est généralement souligné ici, c’est cette tendance à la surexploitation des ressources du pays par les flottes de l’Union européenne contre une redevance qui est loin d’être la " compensation " raisonnable de ce pillage systématique.

C’est aussi la prise de mesures particulières, qui ont porté un coup fatal au circuit de commercialisation de la pêche industrielle. Aujourd’hui, même le Trésor public sent le coup d’une telle politique sur laquelle on tente de revenir actuellement pour sauver ce qui peut encore l’être. La stratégie de développement du secteur des pêches et de l’économie maritime, adoptée en 1998, a été actualisée en 2001 et reconduite pour la période 2001- 2004. En 2012, elle a été revisitée. A l’examen de la matrice des mesures élaborée pour l’exécution de ces différentes stratégies, il ressort que certaines actions ont été réalisées, d’autres sont en phase d’exécution tandis que la plupart, bien que pertinentes, ne sont pas encore entamées. Les contraintes rencontrées sont généralement d’ordres institutionnel, conceptuel et financier.

Par ailleurs, des éléments du contexte sectoriel ont notablement évolué depuis 2011, avec notamment l’élaboration des plans d’aménagement des pêcheries " prioritaires " (poulpe, crevette, pêches artisanales et côtières), les perspectives de renouvellement de l’accord de pêche avec l’Union Européenne, les difficultés économiques croissantes rencontrées par les acteurs de la pêche, le démarrage de l’exploitation pétrolière qui incite au renforcement du dispositif de lutte contre les pollutions marines, la préparation du Plan d’aménagement du littoral, et l’élaboration des textes relatifs au transport maritime et à la sécurité. Il était devenu nécessaire de procéder à l’actualisation de la stratégie nationale des pêches et de l’économie maritime afin de guider l’action publique pour la période 2008-2012, conformément aux orientations d’un Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) qui n’est plus de mise aujourd’hui à cause de la disparition du CDHLCPI.

Le besoin d’ajuster les objectifs et les axes prioritaires de la stratégie sectorielle se justifiait également par la nécessité de mettre en œuvre dans ce secteur les nouvelles orientations de la politique du Gouvernement en termes de justice, d’équité, de lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance.

Défaut d’infrastructures

La politique des pêches en vigueur encourage l’amélioration des infrastructures de base indispensables à la promotion des exportations du secteur, notamment les infrastructures portuaires. Cela comprend notamment la construction d’un port de débarquement du pélagique, la construction d’un port de pêche au sud et de débarcadères aménagés munis de dépôts de carburant le long de la côte pour la pêche artisanale et le désenclavement des villages côtiers. Ces objectifs sont dans l’ensemble loin d’être atteints. Ainsi, si l’étude de faisabilité du Port de Tanit pour la pêche artisanale est avancée, celle du port pélagique à Nouadhibou est pratiquement abandonnée.

Le développement de points de débarquements aménagés (PDA) pour la pêche artisanale s’est par ailleurs fait au cas par cas, dans le cadre de projets de développement, sans que les conditions de leur durabilité aient été suffisamment appréhendées au moment de leur conception. Il faut rappeler que la réalisation du port pélagique permettrait le débarquement et donc la domiciliation de plus de 500.000 t/an de poissons pêchés par l’armement industriel.

La valorisation de cette production pourrait aussi s’effectuer à partir de ce site. Cette réalisation ouvrirait par ailleurs des perspectives pour l’exploitation et la valorisation de plus de 200.000 t/an de poissons pélagiques potentiellement capturables par la pêche artisanale en plus des débarquements de la flotte industrielle. Il est souligné que les conséquences de cette mesure sur l’emploi, seraient considérables, sans parler des autres retombées économiques et financières. Un ensemble d’autres mesures envisagées demeurent indispensables, comme l’extension du port de pêche de Nouadhibou et la modernisation de ses services de stockage et de manutention ainsi que l’enlèvement des épaves qui polluent sa rade et posent des problèmes de sécurité pour la navigation, afin de lui permettre de jouer son rôle dynamique dans le développement du secteur.

Pêcheries

La mise en œuvre des plans d’aménagement des pêcheries (notamment plan poulpe) devrait créer de nouvelles incitations pour le développement des infrastructures de base pour la pêche artisanale (PDA). Le développement de l’industrie des pêches dépendra encore, sans doute pour de nombreuses années, des conditions des marchés internationaux des produits de la mer et de l’aptitude des produits et des exportateurs mauritaniens à faire face aux exigences des pays importateurs surtout en terme de qualité (normes sanitaires et physico-chimique des produits, traçabilité des procédés,…) et aussi à surmonter d’autres contraintes liées au commerce international.

Par ailleurs, la Mauritanie a bénéficié, à l’instar des autres pays africains, d’une protection de ses exportations face aux concurrents asiatiques en Europe, principal marché d’exportation des poissons démersaux frais, dans le cadre de la convention de Lomé applicable aux pays ACP. La fin de ce régime préférentiel spécial il y a deux ans risque toutefois de changer la donne commerciale puisque les produits asiatiques, à qualité identique, sont généralement proposés à un coût unitaire plus faible que les produits africains.

Toutefois, la Mauritanie espère obtenir prochainement l’agrément afin de pouvoir exporter en Europe, suite aux efforts entrepris, notamment au niveau de l’IMROP, en matière de développement, d’un réseau de veille sanitaire. Les enjeux de la valorisation des produits de la mer sont aujourd’hui recentrés sur la question de la qualité et la salubrité des produits, depuis la production jusqu’à l’exportation. Par exemple, le différentiel de prix entre du poulpe de très bonne qualité et de qualité acceptable pour l’exportation est d’environ 30 %. La Mauritanie se fixera par conséquent comme objectif fondamental de la stratégie de développement durable du secteur de la pêche "l’excellence" dans le domaine de la qualité, car le secteur est, et devrait encore rester pour longtemps, un secteur d’exportation.

Source:[Lauthentic]urlblank:Lauthentic.info
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