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Industrie/Mauritanie: Pas de PIB sans PME!


Economie
Lundi 23 Mai 2011 - 19:20

L'emploi est dans une crise structurelle depuis des décennies en Mauritanie. La faute entre autres, à un réseau inexistant de petites et moyennes entreprises (PME) vigoureuses. Et le décollage durable de l'économie du pays passera nécessairement par un fort soutien au développement des PME.


La compagnie laitière mauritanienne est l'une des rares moyennes entreprises de la Mauritanie
La compagnie laitière mauritanienne est l'une des rares moyennes entreprises de la Mauritanie
«Les PME constituent le principal pourvoyeur d’emplois. Ils contribuent à une plus équitable distribution des richesses et à la diffusion de la culture de l'entrepreneuriat.» plante d'office le décor, Alioune Diallo, directeur de la CGME, à Nouakchott. Dans une économie mondiale en compétition, la PME a besoin d’un cadre administratif souple et adapté, d’une gestion fiscale saine, et derrière, d’un secteur financier performant et à l’écoute de ses attentes. Et notre pays totalise remplit très difficilement ces critères, voire ne les remplit pas du tout. Le secteur privé mauritanien est majoritairement composé de micro-entreprises informelles, qui coexistent avec de grands groupes. «La petite taille de la majorité des entreprises s’explique à la fois par l’émergence récente du secteur privé, et par l’existence de freins juridiques et financiers à l’accumulation de capital. Parallèlement à ce foisonnement de petites structures, se sont développées de grandes entreprises, nationales essentiellement, et pour les privées, principalement des filiales de grands groupes étrangers.» explique Alioune Diallo. Entre les deux, les PME restent très peu nombreuses et constituent le «chaînon manquant». Cette faille du système de production national tient beaucoup à l'étroitesse du marché mauritanien et à la faiblesse du pouvoir d'achat local. Une des rares initiatives
de production, privées, est certainement l'entreprise de produits laitiers, Tiviski, qui a su amorcer le transfert de technologie nécessaire pour lancer la production, et la chaîne de froid, lors de l'étape de distribution de ses produits. Et elle est créatrice d'emplois. Tout ce qu'on attend d'une PME.
Mais même cet exemple de réussite manifeste une production avec une relative faible valeur ajoutée, et est confrontée, à des difficultés qui touchent toutes les PME mauritaniennes: l'insuffisance notoire d'infrastructures de base, et un relatif déficit en savoir-faire durable.
Ces contraintes structurelles demeurent tout de même dérisoires, face à la principale contrainte, qui est d'ordre financière.

Les sources de financement manquent

Nos PME souffrent d’un accès au financement limité qui contraint leur émergence et leur développement ultérieur. L’autofinancement est leur source principale de financement. L’accès aux financements formels (banques et institutions financières) reste quant à lui médiocre, en raison du risque de défaut important associé aux PME et de l’insuffisance des instruments financiers existants. Nos petits entrepreneurs sont rarement en mesure de satisfaire aux conditions fixées par les institutions financières. Les PME sont jugées risquées à financer par les institutions financières, en raison du manque d’informations sur les capacités de remboursement des entrepreneurs et de la faiblesse des garanties. Si la confiance des financiers n'est pas aisée à obtenir, cela découle aussi du sous-développement du système financier sur lequel ils sont appuyés, et qui offre donc peu d’outils de financement : les marchés des capitaux restent embryonnaires, l’actionnariat est limité et les instruments de financement à long terme sont inexistants pour ces PME. Et les difficultés de bancarisation auxquelles les banques mauritaniennes sont confrontées (moins de 20%) accroissent la difficulté de prêter aux entrepreneurs.

Passer par le micro-crédit?

Dans ce cadre, «les intermédiaires financiers non bancaires, tels que les organismes de micro-crédit, pourraient jouer un rôle important dans les prêts aux plus petites des PME, mais ne disposent pas de capacités suffisantes pour suivre leurs clients lorsque ceux-ci se développent. Cependant, la carence de financement pour les PME a en partie était comblée par les institutions de microfinance.» relève Mohamedou Lamine Diack, secrétaire général de l'APROMI ( association des professionnels de la microfinance). Leur essor s’explique par la souplesse des formules de financement proposées aux petits entrepreneurs. « Et les taux de remboursement affichés par les institutions, ONG et programmes ne sont semblent globalement pas mauvais (entre 91 et 98% en moyenne). Un manque d'homogénéité sur le mode de calcul de ces taux rend toutefois difficile l’expression d’une moyenne générale» prévient-il. Les établissements financiers ne doivent donc pas constituer aux yeux des entrepreneurs l’unique source de financement pour les PME.

La solution de financement dans les grappes sectorielles?

Les grappes sectorielles constituent potentiellement des sources de financement importantes, comme c’est le cas en Asie et en Amérique latine. Les grappes de PME, très actives en Asie, permettent aux entreprises opérant en leur sein de conjuguer leurs efforts pour solliciter un financement, apporter une garantie collective ou même créer leur propre établissement financier. La menace d’exclusion du réseau est suffisamment forte pour faciliter l’exécution des contrats, ce qui permet aux entreprises de la grappe de surmonter les carences de l’environnement juridique et judiciaire. «Les interactions répétées avec l’établissement financier, ainsi que les effets de réputation au sein de la grappe, peuvent considérablement renforcer la confiance entre les entreprises et les établissements financiers, ce qui facilite l’accès au crédit à des taux d’intérêt moins élevés. La coopération donne également aux entreprises la possibilité d’accéder au crédit fournisseur et de se prêter les unes aux autres les ressources dont elles ont ponctuellement besoin, ce qui réduit les frais généraux. Les grappes sectorielles restent néanmoins très peu développées en Afrique, mais restent une voie intéressante à explorer.» développe El Kory Ould Adad, secrétaire général de la fédération mauritanienne de boulangerie (FMB).
Mamoudou Kane


              

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