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Industrie : Le Big Data ouvre à l’Afrique de nouveaux horizons


Lu sur le web
Jeudi 14 Novembre 2013 - 05:28

Le 14 novembre 2013 devrait être une journée marquante pour les Africains férus d’informatique. C’est à cette date en effet que s’ouvre, à Cape Town en Afrique du Sud, le Big Data Africa Congress. C’est le premier événement dédié à la vulgarisation et à la mise en perspective de ce nouveau concept qui révolutionne l’offre des services informatiques, aiguille désormais les stratégies des grandes firmes, et permet d’affiner l’offre des entreprises à la clientèle.


Industrie : Le Big Data ouvre à l’Afrique de nouveaux horizons
Selon les organisateurs duBig Data Africa Congress, l’avènement de ce nouveau concept sur le continent est une aubaine pour le monde des affaires comme pour les start-up, tous secteurs confondus. Ces travaux, qui devraient accueillir quelque 2000 participants dont 150 chefs d’entreprises stratégiques du domaine, ont pour ambition de défricher et de développer le Big Data. Précisément, il s’agit pour les investisseurs, experts et décideurs présents, d’échanger sur la manière de traiter rapidement des données, les analyser pour répondre aux besoins de l’entreprise, atténuer les risques d’insécurité des données, surmonter les défis de stockage, évaluer et analyser efficacement les différents types de données, utiliser les données disponibles pour classifier la clientèle, et surtout, extraire les plus significatives pour orienter la décision. C’est donc un rendez-vous du savoir-faire, imposé par le contexte de développement des nouvelles technologies et surtout de la génération massive de données sur le continent.
 
Diversité des sources
 
En effet, avec les investissements croissants dans les technologies de l’information et de la communication sur de nombreux marchés africains, la propagation des smartphones qui a suivi la grande percée de la téléphonie mobile, le Big Data est maintenant dans le rayon d’analyse de nombreuses entreprises et opérateurs télécoms sur le continent. L’Afrique, qui prend le train de l’internet à l’ère du web 2.0, dans lequel l’utilisateur est en même temps un développeur en puissance, a embrassé toutes les applications récentes du web, réseaux sociaux en tête. Comme l’énonce l’expert marocain Ali Aouzal, spécialiste du marketing et auteur de plusieurs articles sur l’intégration des innovations technologiques dans les stratégies de conquête des marchés, la généralisation de l’usage des emails, des réseaux sociaux, des blogs, et des wikis, le développement de l’e-commerce et la diffusion en masse d’une kyrielle de nouveaux outils reliés au web, du type tablettes, smartphones, baladeurs MP3 ou GPS géo-localisés, viennent inonder le net de données comportementales extrêmement gigantesques.
 
Et de ce fait, le continent se retrouve de plain-pied dans le collimateur des firmes de R&D en matière d’analyses de données de masse. Pris dans l’élan de la dynamique mondiale de prolifération des données structurées ou non, le continent connaît à son tour un besoin de brasser un flux volumineux et complexe d’informations pour en tirer la fine substance qui aiguille la décision des managers et permet d’anticiper les tendances des marchés. Si le marché africain est prometteur dans ce domaine, c’est à la fois parce qu’il offre de nouvelles opportunités, tant pour la mise en place des infrastructures, la distribution des équipements, la commercialisation des logiciels, la création des solutions que pour le développement des services connexes. Déjà, les internautes africains sont surpris de noter que les offres publicitaires de Facebook ou de Google sont toujours relativement proches de leurs centres d’intérêts. Dans ce ciblage, le Big Data n’est pas loin, car à l’aide de cookies et de l’indexation des données, les sociétés savent déjà à qui proposer quoi. Et ce n’est qu’un début.
 
Un énorme potentiel
 
Pour Sandra K. Johnson, responsable de la technologie chez IBM pour l’Afrique, le potentiel de l’Afrique en matière de Big Data est encore immense : « Ici, en Afrique, le Big Data a pris une forme quelque peu unique par rapport à d'autres parties du monde. Pour la plupart, les données externes que nous tirons sont générées à partir d’une source unique : les appareils mobiles. Or, plus de neuf millions de nouveaux abonnements mobiles sont ajoutés chaque mois à travers l'Afrique, ce qui représente une croissance à la fois exponentielle et complexe de données disponibles pour l'analyse, la prévision et l'amélioration à grande échelle pour les entreprises et les communautés humaines même. (…) L'analyse prédictive est le facteur commun à presque tous les projets de Big Data à succès sur le continent jusqu'à présent. Ces projets couvrent une large gamme de domaines possibles : de la circulation aux soins de santé, accès à l'eau, à l'e-commerce. »
 
En plus d’être le Chief Technology Officer (CTO), chez IBM pour l’Afrique, Sandra K. Johnson (Ph.D) est également responsable de la satisfaction du client, de la stratégie technique et de développement, ainsi que la direction technique globale pour la région. C’est donc en tant que développeur des solutions et utilisateur du Big Data qu’elle analyse le marché africain.
 
Efficacité
 
Même si le coût d’accès à l’acquisition/traitement de données paraît pour l’instant prohibitif, plusieurs firmes sur le continent, principalement chez la pionnière de toujours qu’est l’Afrique du Sud, exploitent le Big Data pour améliorer la productivité et la rentabilité de leurs entreprises. C’est le cas de Santam Ltd, la principale compagnie d'assurance à court terme en Afrique du Sud, qui utilise des analyses prédictives basées sur l’exploitation des données de masse pour rationaliser le traitement des réclamations des assurés, et surtout pour repérer celles qui sont potentiellement frauduleuses. Dans le passé, chaque demande passait par les mêmes étapes de contrôle et vérification manuels par les agents de la compagnie. Aujourd'hui, explique un dirigeant de la firme, « les demandes sont toutes intégrées dans un logiciel d’analyse prédictive qui canalise les revendications de routine dans une file d'attente pour une intervention rapide. Les autres passent par une analyse plus approfondie qui tient compte, non seulement de la demande actuelle, mais beaucoup plus d’informations sur les clients et leurs activités de sinistres passés. Des algorithmes informatiques recherchent des modèles-types de réclamations qui pourraient être frauduleuses ». Seul bémol, sur un continent africain où la culture de la dissimulation reste présente chez de nombreux entrepreneurs, le préalable serait d’introduire la culture de l’Open data.
 
4,4 millions d’emplois dans le monde d’ici 2015
 
« Le Big Data est devenu une grosse affaire - mais les compétences nécessaires pour gérer, analyser et transformer sont en nombre insuffisant. Grâce à ses marchés technologiques émergents et à une croissance rapide de l'innovation, l'Afrique est dans une position unique pour s'imposer comme une plaque tournante mondiale pour le Big Data et des analyses ». Ainsi parle Sean Mclean, directeur des relations avec les universités, chez IBM Afrique. Pour ce spécialiste, les responsables africains du secteur de l’éducation doivent agir dès maintenant pour favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de talents afin de tirer le meilleur parti du Big Data et de faire du continent le meilleur réservoir de ressources humaines dans ce domaine. Ces impressions optimistes sont basées sur le fait que la demande Big Data créera plus de 4,4 millions d’emplois dans le monde d’ici 2015, et que seulement un tiers de cette demande en ressources humaines qualifiée sera comblée.

« Cela représente un énorme marché que la prochaine génération de professionnels africains est bien placée pour combler », estime McLean. Pour ce faire, cependant, il nous faudrait encourager les talents émergents de l’Afrique à poursuivre des carrières et des compétences dans le Big Data, en leur offrant les cursus de formation nécessaires, et au besoin des bourses d’études. Déjà IBM travaille avec un certain nombre d’universités et d’institutions pour aider à développer de nouveaux programmes et des cours pour permettre aux jeunes de profiter de ces cheminements de carrière.

Source : Agence ecofin
Mamoudou Kane


              

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