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Incidents de la prison civile : Un cas d’école qui nourrit la réflexion


Actu Mauritanie
Vendredi 30 Janvier 2015 - 12:00

L’incident de la prison civile de Nouakchott, marqué par une prise d’otages, suivi d’échanges de prisonniers, continue de susciter le débat. Pendant que certaines voix parlent d’une commission d’enquête instituée pour mettre la lumière sur cette affaire rocambolesque, d’autres trouvent que des chambardements importants devront ébranler la structure judiciaire et l’organigramme du département de la justice.


Incidents de la prison civile : Un cas d’école qui nourrit la réflexion

La rocambolesque prise d’otages survenue la semaine dernière à la prison civile de Nouakchott continue de faire des remous. Aux lendemains de cet évènement, assez expressif du délitement de l’Etat selon certains, l’alerte a été donnée au niveau de l’aéroport de Nouakchott. La présence d’un des salafistes libérés à l’issue de la prise d’otages parmi la foule de parents qui attendaient des voyagèrent avaient entraîné une véritable levée de boucliers sécuritaires. Quelques hauts gradés des forces de sécurité se seraient même précipités sur les lieux avant que tous ne se rendent compte que le nouveau libéré était simplement venu accueillir une tente.
 

A la psychose créée par la mise en liberté de personnes jugées dangereuses mais contre lesquelles rien ne pèse pour le moment, s’ajoute cette frénésie au sommet qui se serait manifestée par la mise en place d’une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire. Certaines source de presse en ont fait écho et beaucoup pensent que même l’existence d’une telle commission n’est pas encore confirmée, beaucoup pensent qu’il est impérieux de l’inventer. Ne serait-ce que pour situer les responsabilités et dénicher les failles pour y remédier.
 

Dans cette foisonnante usine à réfléchir qu’est devenue « L’Affaire de la prison civile de Nouakchott » un magistrat, en l’occurrence Ahmed Abdallahi Moustapha aurait formulé des propositions rapportées dans le site « tawary ».
Il trouve que cet incident nécessite une révision totale dans la gestion du dossier lié au terrorisme. Parmi les propositions qu’il avance la création d’une Commission spéciale antiterroriste qui sera constitué des différents départements concernés par la question. Erigée dans un cadre constitutionnel à caractère national, la structure devra être rattachée directement à la présidence de la République ou au moins à la Primature. Elle sera chargée de la mise en application de la Stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, avec un cadre juridique délimitant ses prérogatives. La création d’une telle commission serait ainsi dictée par les engagements internationaux du pays et répondrait à des exigences d’ordre interne qui dictent de mettre en place une structure centralisée chargée de tous les aspects liés au terrorisme.
 

Elle sera l’organe central qui se nourrira de l’apport de tous les secteurs concernés par la question. Elle sera aussi la seule responsabilité dans tout dysfonctionnement et toute crise née d’une mauvaise appréciation, comme cela vient de se passer à la prison civile où les responsabilités restent encore diffuses.
 

Le magistrat suggère également la restructuration du ministère de la Justice de manière à ce que les directions importantes dépendent désormais de sa tutelle, ce qui ne serait pas paradoxalement le cas actuellement, selon lui. Au moins trois directions devraient impérativement être rattachées d’après lui au ministère de la justice. Il s’agit de la Direction générale des affaires pénitentiaires, la Direction générale des affaires judiciaires et la Direction générale des affaires publiques. 

Autre défaut à corriger, l’existence d’un poste de conseiller auprès du ministère de la Justice chargé du terrorisme. Un tel poste n’existerait pas malgré son impérieuse nécessité selon le magistrat qui semble s’étonner que la Mauritanie soit l’un des rares pays à ne pas en avoir. Ce conseiller sera chargé du suivi jour par jour du dossier relatif au terrorisme et devra en informer le ministre heure par heure. Il aura pour autre tâche la prévision des faits, leur analyse et la proposition de solutions adéquats, mais aussi la formulation d’études et d’avis. Le magistrat d’affirmer que l’incident de la prison civile aurait pu être évité si un tel conseiller chargé du dossier du terrorisme existait car son suivi régulier de ce dossier lui aurait permis d’avertir le ministre sur l’état des prisonniers salafistes et la légale disposition à prendre pour libérer ceux parmi eux qui avaient purgé leur peine.
 

Le même conseiller chargé des affaires liées au terrorisme serait non seulement une nécessité dans le cabinet du ministre de la justice mais aussi dans l’organigramme de la présidence de la République.
 

Le rôle de ce conseiller serait d’informer régulièrement le premier décideur du pays à être régulièrement informé sur ces dossiers sensibles. Ce conseiller du président de la République pourrait même coiffer la Commission nationale chargée du suivi des affaires terroristes.
 

Parmi également les propositions avancées, la gestion des crises et la tenue d’un état-civil pénitencier qui sera confié à un agent de l’Etat-civil. Il sera chargé entre autres du recensement des prisonniers, l’application des règles régissant les listes et les règlements intérieurs propre aux établissements pénitenciers. Tout comme il serait impérieux de réorganiser la garde pénitentiaire.
 

Cheikh Aïdara

Source: L'Authentic

Noorinfo


              

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