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Incendie de la bibliothèque islamique de Tombouctou : Un crime culturel


Culture
Mardi 29 Janvier 2013 - 19:00

Les islamistes qui occupaient le nord du pays ont probablement détruit des manuscrits conservés à Tombouctou. Ces documents inestimables font partie du patrimoine culturel universel.


Le Centre de recherches historiques Ahmed Baba abrite d'anciens manuscrits islamiques - upyernoz/FlickR/CC
Le Centre de recherches historiques Ahmed Baba abrite d'anciens manuscrits islamiques - upyernoz/FlickR/CC
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Tombouctou possède de formidables trésors historiques. Des centaines de milliers de manuscrits anciens y sont conservés, certains remontant au XIe siècle. Quasiment tous sont en arabe classique et ont été compilés au fil des siècles par des érudits arabes et africains. Protégés sous des chemises en cuir de chèvre, ces textes séculaires portant sur des sujets aussi divers que les mathématiques, la médecine, l'astronomie, le droit ou la philosophie, ont survécu aux nombreuses invasions qui ont fondu sur la ville au cours du temps.

Selon le maire de Tombouctou, les islamistes pourraient avoir détruit une bibliothèque contenant ces manuscrits [le centre Ahmed Baba, qui abriterait entre 60 000 et 100 000 manuscrits, selon le ministère de la Culture malien]. Si cet acte est avéré, il s'agit là d'un crime culturel de grande ampleur : car ces manuscrits n'appartiennent pas seulement aux cultures arabe et africaine, ils font partie de la culture de l'humanité tout entière.

Les royaumes africains

L'Unesco et un institut de recherche financé par des Sud-Africains [le Tombouctou Manuscripts Project] se sont attelés à la numérisation des manuscrits, mais à peine 10 % de ces précieux parchemins avaient pour l'heure fait l'objet de ces travaux de préservation. Les chercheurs étaient époustouflés par ce qu'ils découvraient peu à peu.

On sait très peu de choses de ces royaumes africains qui se sont bâtis sur les rives du fleuve Niger et de ses affluents, sur le territoire actuel du Ghana et du Nigeria. Présents au moins dès le XIIe siècle, l'empire songhaï, l'empire du Mali et le royaume du Bénin portent des noms évocateurs et bien connus de ceux qui fréquentent les musées, mais le quotidien de leurs peuples reste encore méconnu.

A partir du matériel à leur disposition, les historiens ont cependant déduit l'existence d'une vaste civilisation et même d'une administration efficace. Ces royaumes se livraient au commerce sur des centaines de kilomètres à travers le Sahara, prélevaient des impôts et possédaient des armées de métier.

Au XVIe siècle, Tombouctou était l'un des plus grands centres d'apprentissage au monde. Les archives gardées par la ville sont si riches que, lors de sa visite dans les années 1990, Henry Louis Gates, le président de l'Institut d'études africaines de l'université Harvard, a fondu en larmes. Avoir sous les yeux la preuve du mensonge des Européens, qui avaient clamé qu'il n'y avait pas d'archives écrites en Afrique, l'a bouleversé : "Je savais que l'âme du monde noir était enfermée dans ces malles."

Faisal Al-Yafai
Pour the National
Lu sur courrierinternational.com
Mamoudou Kane


              

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