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Inal : Leçons et enseignements


Tribunes
Lundi 17 Septembre 2012 - 22:12


Inal : Leçons et enseignements
Il est connu que les actions et les prêches inhumains, la discrimination raciale, l’épuration ethnique, les allégations chauvinistes et l’arrogance civilisationnelle, pour créer des troupeaux humains, des identités racistes ainsi que pour fixer des systèmes absolutistes, ont souvent conduit aux malheurs, aux catastrophes et à la légitimation des génocides collectifs des peuples dans la plupart des coins du monde.

Le mot "génocide" a été créé en 1944 par Raphael Lemkin, professeur de droit international à l'université de Yale, "pour définir les pratiques de guerre de l'Allemagne nazie". Il désigne "la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique". Le mot combine le terme grec genos (qui signifie origine ou espèce) et le suffixe latin cide (provenant de caedere, tuer).

Le terme de génocide désigne tout acte commis dans l'intention de détruire méthodiquement un "groupe national, ethnique, racial ou religieux". L'extermination des Juifs par les Nazis est un génocide. On emploie aussi actuellement dans certains cas l'expression "épuration ethnique". Commis en temps de guerre, le génocide est un crime de guerre.

Le terme "génocide" est utilisé pour la première fois dans un document officiel en 1945, par le Tribunal militaire international, lors de la mise en accusation des criminels de guerre nazis à Nuremberg. Le droit de Nuremberg va préférer retenir une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. C’est en 1944 qu’est apparu le concept de génocide collectif.

Quand Raphael Lemkin a créé ce concept, il y a introduit l’expression « mise en place d’un plan organisé composé de procédures diverses visant la destruction les fondements de base de la vie de groupes nationalistes, en plus de du génocide de ces mêmes communautés ». L’année suivante, le tribunal militaire international dans la ville de Nuremberg en Allemagne a adressé des accusations aux grands chefs nazis pour avoir commis des crimes contre l’humanité dont des crimes dit « génocide collectif » en tant que mot descriptif et non un concept juridique.

Dans un cadre plus large, il a adopté l’holocauste (meurtre à grande échelle d’un groupe social ou ethnique. Terme employé après la Seconde Guerre mondiale pour tenter de caractériser le massacre systématique et ciblé des Juifs par l’Allemagne nazie, le mot « génocide » n’ayant pas encore été inventé et celui de shoah n’étant pas encore accepté)- Raphael a établi en 1948 une convention qui interdit les génocides collectifs et punit ses auteurs. Cette résolution a considéré le génocide collectif comme étant un crime international que les Etats ratificateurs interdisent et punissent.

Peut être que beaucoup s’interrogent sur les raisons qui m’ont conduites à exposer à travers cet introductif le concept du génocide collectif ainsi que le contexte historique dans lequel il est apparu, sauf que c’était nécessaire, pour amarrer le présent article entre nos mains, à travers lequel, j’ai abordé une période obscure de l’histoire de notre chère nation, que je souhaite être un modèle pour la coexistence pacifique, permettant à l’individu d’occuper sa place sociale grâce à son action productive, loin de tous autres règlements subjectifs.

Le destin a voulu que je figure parmi les journalistes qui ont participé à la commémoration de la tuerie d’Inal l’année dernière, sur initiative de l’IRA dirigée par le défenseur des droits de l’homme Biram Ould Abeid.

Ce massacre sur lequel je n’étais pas bien édifié pour de bonnes raisons, dont l’inexistence de références arabes sur ce carnage, puisque ma culture, est malheureusement jusqu’à présent en cette langue. Le second motif, c’est le fait que j’étais obnubilé par un
blackout officiel et populaire à travers la frange à laquelle j’appartiens, m’empêchant de réaliser pendant ces moments l’ampleur de la question et la gravité du crime.

Comme tous les autres maures mauritaniens « bidhanes », victime de l’influence des propagandes trompeuses, j’ai fini par découvrir par la suite la fausseté de ces intoxications . Le privilège revient au premier rang à ce voyage d’Inal, ensuite à la polémique soulevée par la série d’articles publiés récemment sous le titre « Les génocides en Mauritanie…Lecture dans le livre de l’enfer d’Inal ».

Cette série a dépoussiéré le génocide d’Inal grâce à l’un de ses rescapés ainsi qu’aux réactions qui l’ont accompagnées, lesquelles étaient un nouveau rappel de l’horreur, la justifiant par autres moments par les événements douloureux du Sénégal au cours desquels des dizaines de mauritaniens isolés étaient victimes, comme s’ils justifiaient la première tuerie par les derniers incidents malgré la différence entre les deux.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je précise que je suis opposé à toute violation commise à l’endroit de tout homme, et que pour moi, ce type d’agression est condamnable.

Laissons ce qui précède de coté et revenons aux sources de l’affaire. J’ai été sidéré par l’ampleur des informations et des
témoignages que j’ai recueillis auprès de certaines victimes de cette tuerie au cours du voyage d’Inal. Des enfants, des femmes et des vieux avaient perdu leurs fils, leurs frères et leurs pères dans ce massacre.

J’étais abattu de tristesse et mes yeux larmoyaient. J’ai alors pris la décision de participer, en ma qualité de mauritanien soucieux de la cohésion et de l’unité de mon pays aux efforts de nature à permettre de contribuer à dépasser définitivement cette étape, en soulevant le problème dans le but de parvenir à un règlement qui satisfasse toutes les parties d’une part et au partage avec nos frères négromauritaniens de leurs chagrins d’autre part, pour qu’ils ressentent qu’ils ne sont plus seuls dans la bataille de l’acquisition des droits.

Il n’est pas logique qu’au 21e siècle, on continue de tolérer les malheurs sur lesquels la majorité du peuple mauritanien n’a pas été consulté, et qui sont commis par une poignée de racistes. La disparité, c’est que ce groupe vit aujourd’hui dans l’opulence et occupe des postes élevés dans la hiérarchie sociale mauritanienne, alors que ce sont nous qui payons le prix de leurs actes barbares sans commune mesure avec l’Islam.

Il est temps d’ouvrir nos cœurs les uns aux autres pour réaliser la justice transitionnelle, de travailler ensemble de manière franche avant le pardon, pour dépasser les suites de ce crime absurdement perpétré au nom du peuple mauritanien.

Nous devons réaliser que la protection d’une poignée de ceux qui ont sali leurs mains du sang d’un groupe des meilleurs fils de ce pays, ne nous conduira qu’à davantage de division, qu’à payer cher le prix de cette attitude. Alors, la majorité aura supporté les frais d’une minorité composée de dizaines de personnes.

Ceci dit, la reconnaissance du péché collectif sous forme de repentir (Taouba) peut être la première étape à faire pour tourner cette page noire de la vie de la nation, que le philosophe algérien Ismaël-Sélim Khaznadar qualifie d’«élan d’une collectivité qui se reconnaît coupable, dirigée vers une autre, outragée surtout si cette démarche émane d’une société ayant hérité de la responsabilité de crimes passés, comme la colonisation, la traite des esclaves ou le génocide juif par l’Allemagne nazie ».

La victime ne peut en aucun cas vivre aux côtés du criminel. S’il en est ainsi, est-il concevable que le fils voit libre le meurtrier de
son père sans être puni, occupant des postes importants ? Dépasser le problème n’est pas chose impossible. Nous pouvons
expérimenter le chemin suivi à la fois par l’Afrique du Sud, qui a souffert des années durant du racisme et du génocide contre les noirs sous le régime de l’Apartheid ainsi que du Maroc qui a vécu des années de braise. Deux Etats qui marchent aujourd’hui sur les sentiers de la cohésion sociale et de l’unité nationale.

Il est incontestable que les régimes mauritaniens, qui se sont succédés, ont traité timidement cette question, sans prendre le mal
par ses racines, se contentant d’accorder d’infimes indemnités aux familles des victimes et tout dernièrement à la reconnaissance officielle de certaines liquidations racistes au cours des années de la honte, sans que des mesures sérieuses accompagnatrices soient prises, pouvant servir de socle solide à une réconciliation nationale permettant à chacun d’avoir ses droits, de sorte que la victime s’assure d’être mise dans ses droits, que le criminel a été puni. Conscient de la gravité de la question, le peuple mauritanien dans toute sa diversité ethnique a renoncé aux appels à la division et au racisme nourris par un groupe qui en tire profit, de crainte de se voir concrétiser une unité nationale entre des frères de religion, de terre et de destin. Il faut méditer ce qui se passe tout autour de nous, puisque quand le feu se propage, il consume tout devant. Si nous prenons conscience cette vérité, elle nous permettra incontestablement d’entretenir l’avenir et d’éviter la résurgence de
ce type de malheurs.

El Mehdi Ould Lemrabott

Traduction: Md O Md Lemine
Noorinfo


              


1.Posté par Marie le 17/09/2012 23:36
Salam M. El Mehdi,

Vous êtes bien naïf cher monsieur:
La classe dirigeante depuis ces douloureux évènements jusqu’à nos jours est toujours la même.
Les maures n'aiment pas les noirs, les noirs n'aiment pas les maures et sont donc TOUS de piètres musulmans (ce n'est pas un scoop)!
A partir de la et en l'absence d'un état fort (légitime et crédible), ta chère patrie va au casse pipe. Sauf si le peuple prend son destin en main, que la société civile prenne ses responsabilités et ne comptent plus sur des gouvernants plus intéressés par leurs privilèges que de la cohésion nationale (sociale).

Sans rancune.

Une maure.

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