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Il y a quarante ans, les Vietnamiens gagnaient la guerre contre les États-Unis


International
Vendredi 1 Mai 2015 - 11:00

Il y a quarante ans, le 30 avril 1975, les Vietnamiens mettaient définitivement fin à la guerre américaine contre leur pays. Ce jour-là, l’armée nord-vietnamienne et l’armée de résistance sud-vietnamienne (le Vietcong) libéraient le dernier bastion américain au Vietnam : la capitale du Sud, Saigon.


Il y a quarante ans, les Vietnamiens gagnaient la guerre contre les États-Unis

Les images de la chute de Saigon sont historiques. Dans la panique, des milliers de collaborateurs vietnamiens se massent devant les grilles fermées de l’ambassade des Etats-Unis. Des hélicoptères atterrissent et décollent du toit du bâtiment pour évacuer diplomates et militaires américains. Les occupants ont abandonné la partie, et la guerre du Vietnam est enfin finie. Le Vietnam est désormais un et libre, et il a choisi la voie du socialisme. Mais pour cela, il a dû parcourir un long chemin.


« Sourds aux cris des victimes »

C’est en 1516 que les premiers colonisateurs occidentaux, des Portugais, mettent le pied sur la côte vietnamienne, appelée alors Cochinchine (la partie sud de la péninsule du sud-est asiatique). Ceux-ci se limitaient principalement à la conversion des âmes au catholicisme, ce qui ne les a bien sûr pas empêchés de découvrir plus loin dans la région des territoires économiquement plus intéressants. Ils laissent alors la Cochinchine aux caprices de l’empereur de Chine. 

En 1787, un empereur vietnamien avide de pouvoir, Nguyen Ahn, appelle les Français à lui prêter main-forte dans sa lutte contre la Chine, beaucoup plus puissante. La France ayant besoin de matières premières, de main-d’œuvre bon marché et de débouchés, elle répond favorablement à la demande. 

L'empereur vietnamien Nguyen Ahn

Lorsqu’on appelle un impérialiste à l’aide, il n’est guère étonnant que, très vite, on n’ait plus grand-chose à dire dans son propre pays. L’empereur Nguyen Ahn a certes fondé une longue dynastie impériale mais, question pouvoir, il a dû se contenter d’un rôle de second rang – par ailleurs richement rétribué. L’empire colonial français bordé à l’est par la mer de Chine méridionale a été rebaptisé Indochine (les actuels Vietnam, Laos et Cambodge) et a rapidement fourni à la France d’énormes profits grâce à l’exportation de bois tropical, de café et, surtout, de caoutchouc. 

Une forte résistance a bien sûr éclos, surtout dans la classe des « mandarins », les fonctionnaires impériaux dont le pouvoir avait été rogné, mais aussi au sein du peuple, contraint à travailler dans des conditions d’esclavage sur les plantations françaises et qui se révoltait régulièrement. La répression était sanglante. En 1882, l’écrivain et officier de marine français Pierre Loti a été le témoin d’un expédition punitive. Il écrit dans son rapport : « Les Français tuent allègrement. Sourds aux cris des victimes, ils poursuivent le massacre, ivres de la folie du sang. »

En 1883, la France décide d’une nouvelle invasion militaire et s’empare officiellement du pays, qui devient un protectorat de l’empire français. 

« Organiser d’abord les paysans et les ouvriers »

 Hô Chi Minh, né en 1890, est le fils d’un brillant mandarin qui avait cependant été destitué de sa fonction pour ses sympathies nationalistes et anticoloniales. Pour subvenir aux besoins de la famille, Hô a dû faire toutes sortes de petits boulots, avant de travailler comme cuistot sur un bateau français. C’est ainsi qu’il voyage autour du monde, découvrant Paris, Londres, New York, Moscou et Pékin, tout en s’instruisant et en commençant à militer.  

Pour Hô, il est évident que les multiples révoltes spontanées qui se produisent depuis près d’un siècle n’ont donné aucun résultat dans la lutte contre les colons Français. Les rebelles ont toujours manqué d’une vision politique, d’effectifs, d’armes et d’entraînement. Pour lui, cela n’a pas de sens de se battre à ce moment pour la prise totale du pouvoir : « Si nous voulons renverser le colonialisme, nous devrons d’abord organiser les paysans et les ouvriers dans leur lutte pour la subsistance quotidienne. » 

Il rédige un programme de revendications centré en première instance sur de meilleures conditions de vie, l’octroi de terres aux paysans, des libertés démocratiques, l’amnistie pour des prisonniers politiques et la légalisation du Parti communiste. En 1941, Hô Chi Minh parvient à créer un front de gauche pour l’indépendance du Vietnam (le Vietminh). En 1944, le Vietminh entame la lutte militaire contre les occupants Japonais et les colonisateurs Français. 

Certains dirigeants du Vietminh plaident pour une victoire rapide, mais Hô Chi Minh les freine : ils ont trop peu d’armes, trop peu de cadres formés et encore trop peu de soutien de la population. Pour Hô, il faut faire primer la lutte politique sur la lutte militaire. Dans les décennies de guerre qui ont suivi, il a continué à insister sur ce point essentiel : « Nous devons d’abord convaincre le peuple et l’organiser derrière des revendications justes et légitimes. La conviction et l’unité du peuple passent avant le militaire. » 

Entre-temps, Hô et son bras droit militaire, le général Giap, ont formé partout dans le pays des unités de guérilla, tant politiquement que militairement au service du peuple. 

 


Ho Chi Minh (1890-1969)
Ho Chi Minh est le fils d’un fonctionnaire vietnamien qui avait des sympathies pour la lutte de libération nationale. Il est le troisième enfant de la famille. Dès sa jeunesse il s’intéresse beaucoup à la question de savoir comment il se fait que les peuples asiatiques sont opprimés par les envahisseurs coloniaux occidentaux. Il quitte le Vietnam en 1911 pour aller découvrir en Europe de ses propres yeux comment ces pays peuvent se permettre le « luxe » d’avoir des colonies. Pendant trente ans il va parcourir le monde (Angleterre, France, Etats-Unis, Union soviétique, Afrique, Amérique latine, Chine…). En France, il fait partie des membres fondateurs du Parti communiste. A Moscou, il a étudié durant les années trente à l’Université Lénine pour les cadres dirigeants du mouvement international communiste. Il y a aussi été professeur pour les étudiants vietnamiens. En 1930, à Hongkong, il est le cofondateur du Parti communiste d’Indochine. Il a opté résolument pour le scénario d’une révolution nationale-démocratique. Ho est décédé en 1969, avant la victoire de « son » Vietnam sur les Etats-Unis. A Hanoi, le peuple vietnamien a érigé un mausolée impressionnant au « petit père Ho ». 

La première libération du Vietnam 

Durant la Deuxième Guerre mondiale, le Vietnam est occupé par les Japonais. La France, en guerre avec l’Allemagne, est bien trop occupée en Europe pour pouvoir encore s’occuper de ses colonies asiatiques. En 1945, après la défaite de l’Allemagne et du Japon, la France entend bien reprendre la main sur « son » Indochine. Mais vers la fin de la guerre, durant et après le retrait des Japonais, un vide du pouvoir s’est installé. Hô estime alors que le temps est mûr pour le début de la lutte armée. Au départ du Nord-Vietnam, une province après l’autre est libérée. 

Dans chaque région libérée, les premières mesures prises consistent en aide alimentaire pour les pauvres, alphabétisation, propagation d’un nouveau style de vie et droit de vote pour tous. 

En août 1945, Hô appelle à « l’insurrection générale » ; quinze jours plus tard, tout le Vietnam est libéré. Le 2 septembre de cette année, il proclame officiellement le pays République démocratique du Vietnam. 

Guerre totale avec la France

Cependant, avec le soutien des Américains et des Anglais, les Français ont entamé au Sud-Vietnam la reconquête de l’Indochine. Constatant qu’il n’est pas encore prêt pour affronter les forces françaises, Hô Chi Minh opte provisoirement pour la signature d’un accord de paix avec la France. Les pourparlers de paix à Fontainebleau, près de Paris, ne débouchent toutefois pas sur grand-chose, et la France reprend le pays en main à la manière forte. Le 18 décembre 1946, l’armée française occupe la capitale du nord, Hanoi, et exige le désarmement total des milices vietnamiennes. Pour Hô, c’en est trop : il appelle à nouveau à l’insurrection générale dans tout le pays. Le Vietminh mène désormais une guerre totale avec la France. 

La défaite militaire cuisante des Français
à Diên Biên Phu contraint la France à
retourner à la table des négociations.

La France, qui a envoyé 20 000 hommes supplémentaires au Vietnam, était sûre d’une victoire rapide. C’était compter sans l’intelligente tactique de guérilla des Vietnamiens. En septembre 1950 est lancée la première attaque massive contre les Français. Avec seulement quelques dizaines de milliers de troupes régulières, quelques milliers de troupes régionales et quelques centaines de noyaux de guérilla, les troupes de Hô Chi Minh font perdre 8 000 hommes aux Français et libèrent 13 capitales de district. Dans les régions conquises, le Vietminh aide immédiatement la population. Il redistribue par exemple les terres selon la devise « le sol appartient à celui qui le travaille ». Tous les impôts fonciers sont également abolis. Par ce type de mesures, le Vietminh a très rapidement joui d’une énorme popularité dans les régions conquises. 

En 1953, les Français décident de jouer le tout pour le tout. Ils larguent des milliers de paras dans la région frontalière du Laos, sur la base de Diên Biên Phu. En décembre, le général Vietminh Giap organise l’encerclement progressif de Diên Biên Phu où les soldats français sont bloqués dans la vallée. Les paysans locaux aident sans relâche les combattants de la guérilla, leurs chevaux tirent les canons sur les sommets de toutes les collines. Le 7 mai 1954, les soldats Vietminh prennent le camp retranché aux 16 000 soldats français épuisés. La défaite militaire est cuisante pour la France, qui doit retourner à la table des négociations.

Les Américains prennent le relais

Un peu plus tard, en juillet 1954, les accords de Genève sont signés, actant l’indépendance du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Le Vietnam reste temporairement divisé en deux parties, séparées par le 17e parallèle : le nord est sous le contrôle de Hô Chi Minh (la République démocratique du Vietnam), le sud reste sous surveillance française jusqu’à la tenue d’élections en 1956. L’ensemble du pays devra alors être attribué au vainqueur de celles-ci. 

De facto, la France est mise hors jeu. Mais les Etats-Unis veulent à tout prix éviter un « effet domino » et un basculement des pays de l’Asie du Sud-Est dans le camp communiste. Les Américains voient d’un très mauvais œil la tenue d’élections démocratiques, que la résistance vietnamienne remporterait immanquablement. Ils installent un régime pro-occidental avec une armée formée, armée et contrôlée par les Etats-Unis, dirigé par Ngo Dinh Diem qui refuse de tenir les élections prévues au Sud-Vietnam. 

Entre-temps, Hô Chi Minh poursuit et renforce le développement politique et économique du Nord-Vietnam, lançant ses premiers plans triennal et quinquennal. En 1959, les Nord-Vietnamiens se sentent assez forts pour relancer les actions de guérilla pour la reconquête du Sud.

David contre Goliath

Pendant plus de vingt ans, les Etats-Unis vont tout mettre en œuvre pour anéantir le résistance vietnamienne. Les militaires du régime de Diem ne s’en sortant pas, Washington enverra ses propres troupes. 

Au début, il s’agissait seulement de « conseillers », mais les Etats-Unis ont dû progressivement envoyer leurs troupes régulières sur le terrain. La guerre a escaladé dans des proportions jamais vues. Plus de la moitié de l’armée américaine a été mobilisée, dont les troupes au sol les mieux entraînées, les troupes d’élite spécialisées et d’innombrables escadrilles d’avions bombardiers. Les eaux vietnamiennes étaient en permanence parcourues par un tiers de toute la flotte de guerre dont disposaient les Etats-Unis, porte-avions compris. Au point culminant de la guerre, en 1969, 550 000 soldats américains combattaient au Vietnam, complétés par 70 000 militaires alliés. Les bombardiers américains ont jeté chaque mois plus de bombes sur le Nord-Vietnam que sur l’Allemagne durant les derniers mois de la Deuxième Guerre mondiale.

Le Laos, l’autre pays victime de la guerre

Le Vietnam compte aujourd’hui 92 millions d’habitants ; son voisin le Laos, seulement 6,6 millions. L’histoire du Laos est cependant parallèle à celle du Vietnam. Il faisait aussi partie de l’Indochine, a été occupé par les Français, puis par les Américains. Sous la direction du prince Souphanophong, le Pathet Lao (mouvement communiste laotien) a mené une lutte de libération en lien étroit avec le Vietminh. Les Américains ont bombardé sans relâche la piste Hô Chi Minh qui passait par le Laos. Par ailleurs, en quittant le Vietnam pour leur base en Thaïlande, les bombardiers américains ont largué des masses de bombes inutilisées sur le plateau des Bolovens, au Sud-Laos. Encore aujourd’hui, au Laos, des dizaines de personnes meurent ou sont blessées chaque années par des « bombies », des restes de bombes à sous-munitions qui n’ont pas explosé. Le Laos a été libéré en même temps que le Vietnam et a également opté pour le socialisme sous la direction du Parti populaire révolutionnaire du Laos. La croissance économique oscille autour des 8 % par an et la prospérité de la population est en constante progression.

Déluge de bombes 

Le Vietcong (le Front national de libération du Vietnam, branche du Vietminh active dans le Sud-Vietnam) était bien ancré dans les villages et dans les villes. Il soutenait et protégeait la population et pouvait donc aussi bénéficier de sa protection. 

Les Américains ont tenté « d’assécher l’étang pour attraper le poisson ». Pour ce faire, ils ont construit des « villages stratégiques » : les villageois étaient rassemblés dans une zone entourée de barbelés, de douves et de champs de mines. Ces villages ont très vite ressemblé à des camps de concentration où régnaient la faim et l’arbitraire total. Celui qui ne s’établissait pas « volontairement » dans un village stratégique était automatiquement considéré par les Américains comme un combattant Vietcong. La résistance s’est cependant également installée dans ces villages stratégiques. 

Le Vietcong était actif partout : dans les villes et villages, dans la jungle, dans le delta du Mékong. Les combattants Vietcong ont construit des tunnels souterrains d’approvisionnement et des chemins détournés. Ils étaient constamment approvisionnés en nourriture, hommes et armes depuis le Nord via la fameuse piste Hô Chi Minh, un réseau de chemins à travers la jungle frontalière du Laos. 

Les Américains ont déversé un déluge de bombes sur Hanoi, la capitale du Nord-Vietnam. Le Laos et le Cambodge ont également reçu plus que leur part de bombardements, puisqu’ils soutenaient les Vietnamiens et que la piste Hô Chi Minh passait sur leur territoire. Les avions américains ont également pulvérisé les campagnes et forêts de produits défoliants, dont le fameux Agent Orange, particulièrement toxique. Aujourd’hui encore, des centaines d’enfants de cette région naissent avec des malformations dues aux effets de l’Agent Orange, et des dizaines de milliers d’hectares de nature et de terres agricoles sont toujours pollués.

 

L’agent orange
Entre 1961 et 1971, les avions américains ont pulvérisé 80 millions de litres d’agent orange sur le Vietnam. Ce produit défoliant, produit par la multinationale américaine Monsanto, contient des dioxines et est excessivement toxique. Le président Kennedy a donné son feu vert à l’utilisation de ce poison pour éliminer les abris et les chemins des Vietcong ; 20% des forêts vietnamiennes ont ainsi été défoliées et plus de 400 000 hectares de terres agricoles ont été contaminées. Environ trois millions de Vietnamiens, dont 150 000 enfants, ont été exposés à l’agent orange. Leur système nerveux est affecté, ils sont atteints de divers cancers et des milliers d’enfants sont nés (et naissent toujours) handicapés. Les Etats-Unis n’ont jamais voulu reconnaître leur responsabilité et les procédures introduites devant les tribunaux américains ont systématiquement été rejetées. Après d’interminables procédures juridiques, les soldats américains qui ont été contaminés ont finalement été indemnisés, mais pas les victimes vietnamiennes.

Panique à Washington

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968, lors de la fête du Têt, le Nouvel-An vietnamien, le général Giap a lancé une offensive sans précédent. Sur une ligne de front de 1 200 kilomètres, le Front national de libération a mené une attaque surprise avec 200 000 hommes. Plus de cent grandes et plus petites villes du Sud ont été attaquées simultanément. Vu le manque de moyens de transport et de communication modernes, le matériel était transporté à dos d’homme. La plupart des quartiers-généraux américains, y compris l’ambassade, ont été assaillis. Trente champs d’aviation ont été temporairement occupés et 1 500 avions et hélicoptères américains ont été détruits. La facilité avec laquelle le Vietcong a pu mettre cette opération sur pied a sonné la fin du régime de marionnettes de Thieu. A Washington, la première panique a frappé. 

Les Etats-Unis ont alors lancé une ultime série de lourds bombardements sur le Nord-Vietnam. Après son attaque particulièrement réussie, le Vietcong s’était stratégiquement replié sur ses positions de guérilla. La défaite militaire et politique des Etats-Unis était cependant considérable et, en outre, les bombardements de masse sur les villes du Nord-Vietnam étaient mondialement condamnés. Au pays de l’Oncle Sam, l’opposition s’était également fortement développée contre cette « guerre sans issue ».

L’opinion publique américaine s’oppose à la guerre


Entre-temps, le nombre de morts vietnamiens au Nord et au Sud-Vietnam avait atteint les deux millions, auxquels il faut ajouter les 300 000 Cambodgiens et les 200 000 Laotiens qui sont tombés dans cette guerre atroce.

La toute grande majorité des morts et
blessés américains étaient issus des
classes sociales inférieures,
dont beaucoup d'afro-américains,
qui n’étaient, aux yeux de l’élite politique
de Washington, que des citoyens
de second rang.

Du côté américain également, les pertes étaient immenses. En effet, plus d’un million de soldats américains ont été mobilisés pour cette guerre, près de 60 000 d’entre eux y ont perdu la vie et plus de 300 000 ont été blessés. Les Etats-Unis ont aussi perdu quelque 5 000 avions et 5 000 hélicoptères. D’innombrables soldats américains sont tombés dans la drogue et/ou ont déserté. Des atrocités comme le massacre de My Lai, où les 450 habitants d’un village ont été tués en représailles par les militaires américains, ont suscité une tempête de protestations dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis. 

Aux Etats-Unis, on prenait de plus en plus conscience que les guerres étaient souvent un combat de pauvres contre des pauvres pour défendre les intérêts des riches. La toute grande majorité des morts et blessés américains étaient en effet principalement issus des classes sociales inférieures. Nombre d’entre eux étaient afro-américains et n’étaient, aux yeux de l’élite politique de Washington, que des citoyens de second rang. Cet aspect a encore amplifié l’indignation. 

Le nombre d’objecteurs de conscience n’a cessé d’augmenter pour atteindre rapidement le nombre de 40 000, au nombre desquels figurent quelques personnalités célèbres comme le champion du monde de boxe Cassius Clay (alias Mohammed Ali). Quand aux grands médias américains, ils se montraient aussi de plus en plus critiques. Lentement mais sûrement, le soutien à la guerre du Vietnam s’est effrité. 

Sympathie pour le Vietnam

Si, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Américains ont été accueillis dans toute l’Europe de l’Ouest comme des libérateurs, leur popularité en a cependant pris un fameux coup lorsque, dans les années 1960, ils ont débarqué au Sud-Vietnam pour y mener la guerre. En Europe – et plus tard aussi aux Etats-Unis –, la sympathie n’a cessé de croître pour le Vietcong, les partisans du légendaire président nord-vietnamien Hô Chi Minh qui menaient le résistance.     

Dans notre pays aussi s’est manifestée une grande solidarité avec les Vietnamiens. Amada/TPO, par exemple, le prédécesseur du PTB, a organisé des manifestations, des meetings et des débats. La lutte du peuple vietnamien contre plus de cent ans d’oppression coloniale, la solidarité internationale croissante et la résistance du Vietcong ont finalement eu raison de la plus grande puissance militaire au monde.

Etapes diplomatiques

En 1968, Henry Kissinger, le conseiller à la Défense du président américain de l’époque, Richard Nixon, entreprend une tentative pour sortir de l’impasse. Il entame des discussions avec Lê Duc Tho, du bureau politique du Nord-Vietnam. Il faudra attendre janvier 1973 pour qu’un accord de paix soit enfin signé. Par ces accords, les Américains s’engageaient à se retirer définitivement, même s’ils ont continué à soutenir le régime de marionnettes du Sud-Vietnam, lui fournissant matériel conseillers. En avril 1975, le général Giap lançait l’offensive finale. Saigon – entre-temps devenue Hô Chi Minh-ville – était libérée le 30 avril 1975. Le Nord et le Sud étaient réunifiés pour former la République socialiste du Vietnam. 

Le chemin vers le socialisme

Lors de la réunification en 1975, le pays était complètement ruiné. Le Nord avait été bombardé à ras du sol et le Sud venait juste d’être libéré d’une guerre de guérilla de longue durée et devait se débrouiller avec une économie de survie.     

Au début, les dirigeants vietnamiens se sont inspiré du modèle soviétique pour la construction d’un Etat socialiste. Ils ont opté pour une économie strictement gérée par l’Etat. Cette option n’ayant pas livré les résultats espérés, ils ont cherché de nouvelles méthodes pour développer le socialisme « à la vietnamienne ». Le « Doi Moi » a été la solution, un modèle économique pour une période de transition. Dans le Vietnam de 1975, il n’était pas encore question d’industrie, de classe ouvrière, de capital, d’expérience de direction et de gestion. Il n’était dons pas question d’une économie capitaliste. Le Vietnam a donc choisi de d’abord développer les forces de production. A côté de compter sur ses propres forces, le capital et les technologies étrangères ont été attirés pour construire une économie moderne. Chacun était stimulé à s’engager dans ce processus de production. Les initiatives privées n’étaient plus indésirables dans ce processus. Avec la phase de transition du « Doi Moi », le Vietnam a opté pour le modèle économique d’une économie de marché orientée vers le socialisme.     

Et les résultats ne mentent pas. La croissance économique annuelle est entre 6 et 8 %. Le PNB par habitant a été multiplié par quatre entre 1989 et aujourd’hui. D’un pur pays agricole, le Vietnam a évolué vers une nation industrielle avec une importante production agricole et une croissance stable.

 


Source: Solidaire.org
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