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Il y a 200 ans, La Méduse sombrait et son radeau prenait le large


Lu sur le web
Dimanche 3 Juillet 2016 - 04:00

Partie de l'île d'Aix, au large de Rochefort en Charente-Maritime, la frégate est restée tristement célèbre pour son naufrage le 2 juillet 1816 et son radeau immortalisé par Géricault. Deux cents ans après ce drame, le musée national de la Marine de Rochefort commémore cette tragique épopée.


Le 2 juillet 1816, la frégate française La Méduse faisait naufrage, s'échouant sur le banc de sable d'Arguin, au large des côtes de l'actuelle Mauritanie. Son célèbre radeau, immortalisé trois ans plus tard sur une immense toile par Géricaul, contribua à alimenter la mythologie autour de ce fait divers qui terrifia et fasccina les citoyens français d'alors. Un tableau présenté au Salon de 1819, qui compte parmi les plus célèbres du monde aujourd'hui.
 
Deux cents ans plus tard, le musée national de la Marine de Rochefort, en Charente-Maritime, a décidé de commémorer le bicentenaire de La Méduse et la tragique épopée de son radeau, où s'étaient entassés 150 passagers, dont seulement 15 survécurent. Visites spéciales, performances et concerts sont prévus tout au long des mois de juillet et d'août pour se rappeler cet événement. 
 

Un voyage qui tourne rapidement au drame

C'est au large de Rochefort, sur l'île d'Aix, que La Méduse est appareillée le 17 juin 1816. La frégate doit rejoindre Saint-Louis, au Sénégal. Il s'agit de reprendre possession, au nom de Louis XVIII, des comptoirs ravis par l'Angleterre à la France sous l'Empire et rétrocédés par les traités de Paris de 1814 et 1815. Un nouveau gouverneur, accompagné de fonctionnaires, sont attendus sur place. Mais le voyage tourne rapidement au drame...
 
À la tête du navire, Hugues Duroy de Chaumareys, noble émigré à la Révolution, reprend la navigation après vingt-huit sans avoir mis le pied en mer. Alors que La Méduse doit voguer au côté de trois autres bâtiments français, il décide finalement, six jours après le départ, de ne pas attendre les autres bateaux et de poursuivre seule sa route en direction du Sénégal. Avec 400 passagers à bord. 
 

Un radeau à la dérive

Mal lui en a pris. Le 2 juillet 1816, La Méduse échoue durant cette escapade. Commence alors la construction d'un radeau dès le lendemain, pour tenter de terminer le périple. Le 5 juillet, le navire est abandonné. Chaumareys, le gouverneur du Sénégal et les plus hauts fonctionnaires, prennent place dans les canots du bord. 150 autres passagers, des soldats principalement, s'entassent sur le radeau remorqué.
 
Mais les canots sont surchargés. La décision est prise, peut-être sur ordre de Chaumareys, de laisser dériver l'esquif, déjà à moitié submergé. Il ne reste en tout et pour tout que deux barriques d'eau et cinq de vin pour tous les hommes à son bord. Les premiers décès surviennent: certains sont emportés par les vagues, d'autres blessés par des planches du radeau et les malades sont jetés à l'eau. Enivrés, effrayés à l'idée de leur fin qui approche, de violents combats prennent place, augmentant le nombre de morts et de blessés. À force de privation, certains hommes finissent par s'entredévorer, piochant sur les cadavres restés sur le radeau. 
 

Un naufrage ancré dans les mémoires

Le salut arrive finalement le 17 juillet, deux semaines après le naufrage. L'un des navires partis de France avec La Méduse aperçoit le radeau. Seuls 15 naufragés sont encore en vie, mais couverts de plaie et burinés par le soleil. Cinq meurent encore avant d'avoir regagné la côte. 
 
Un an plus tard, le capitaine Chaumareys est jugé et condamné à trois ans de prison. Dans la foulée du procès, le récit du naufrage est publié et rencontre un vif succès. Le peindre Théodore Géricault, fasciné lui aussi par ce fait divers, rencontre deux rescapés, fait réaliser une maquette du radeau par le charpentier du navire et entreprend, pendant deux ans, de restituer à coup de pinceau ce terrible événement, toujours ancré dans les mémoires deux cents ans plus tard.

Source: Le Figaro

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