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Idriss Déby, sur les traces de Kadhafi


Economie
Dimanche 16 Août 2015 - 12:45

Dans le vacarme médiatique suscité pas des explosions ici, des décapitations là, et autres accords internationaux de grande importance, une déclaration majeure d’un chef d’état Africain est passée presque inaperçue.


 Après tout, il ne s’agit que d’une déclaration parmi tant d’autres, qui, de surcroît, n’a été faite que par un chef africain. Quelle importance ? C’est pourtant le signe d’un changement de l’ordre futur du monde et, pour ce qui concerne la France et l’Europe, l’annonce des grands bouleversements à venir.
 
Idriss Déby, le président tchadien, a fait cette semaine la déclaration suivante lors d’une conférence de presse à Abéché pour le 55ème anniversaire de l’indépendance de son pays.
 
« Nous ne pourrons pas continuer le système France-Afrique ou le système paternaliste qui est dépassé, que les Français eux-mêmes n’aiment pas. […] il y a aujourd’hui le FCFA qui est garanti par le trésor français. Mais cette monnaie-là, elle est africaine.
 
C’est notre monnaie à nous. Il faut maintenant que réellement, dans les faits, cette monnaie soit la nôtre pour que nous puissions, le moment venu, faire de cette monnaie une monnaie convertible et une monnaie qui permette à tous ces pays qui utilisent encore le FCFA de se développer. Je crois que c’est une décision courageuse que nos amis français doivent prendre. […]
 
 Il faudra avoir le courage de dire que le moment est venu de couper un cordon qui empêche à l’Afrique de décoller. […] Nous avons la possibilité de frapper notre monnaie comme nous voulons. Le Franc CFA aujourd’hui c’est du papier. Dans deux ans, ça deviendra du chiffon qu’on ne pourra même pas l’utiliser ».

 
La déclaration, en elle-même, n’a rien de nouveau. Il y a longtemps que des intellectuels africains attirent l’attention sur son objet, qui découle d’une logique simple : un pays ou un continent sans monnaie propre ne peut être viable. A partir de là, tous les blablas sur le développement ne sont que du vent.
 
D’autres Africains, qui ne sont pas des intellectuels mais des hommes politiques, ont à leur tour, essayé de faire entendre cette simple vérité. Ils ont été écartés sans ménagement, broyés dans la machine à éliminer le « dictateur ». Les Africains, tels les frères Dalton, doivent trainer leur boulet CFA, quoi qu’il arrive.
 
La nouveauté avec l’allocution de Idriss Déby, c’est que ce n’est pas un « dictateur » officiel qui parle, mais un des principaux alliés de la France en Afrique. Le discours du président Tchadien, qui reprend un des principes fondamentaux du colonel Mouammar Kadhafi, prend une coloration particulière quand on sait que le Tchad fut au cœur de tous les conflits politiques et militaires menés, depuis la fin des années 60 du siècle dernier, par la France et l’Occident conte la Libye et son guide, exception faite du dernier conflit où Déby fut un des rares chefs africains à s’opposer à l’intervention de l’OTAN.
 
C’est qu’aujourd’hui, le fruit semble plus mûr pour tenter d’aller de l’avant pour la libération des peuples. Auparavant, les chefs politique qui osaient s’aventurer sur cette voie étaient isolés, sans soutien durable de leur population souvent versatile, ni de leurs collègues placés dans la même situation. Thomas Sankara, comme Mouammar Kadhafi, pressentant ce qui les attendaient, l’avait clairement énoncé.
 
Ces précurseurs de l’émancipation n’avaient aucune chance face à un adversaire qui clamait partout que le monde avait changé depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, mais qui n’était que le continuateur de l’impérialisme féroce de la fin du 19ème siècle. La forme avait certes changé, mais le fond et les objectifs étaient restés plus que jamais les mêmes, avec des moyens encore plus puissants, grâce au consentement obtenu par la tromperie.
 
Aujourd’hui, le consentement est en train de disparaitre, car la tromperie devient de plus en plus visible. Avec la globalisation, les esprits s’ouvrent et l’esprit de résistance grossit d’autant plus facilement que des moyens crédibles de résistance se dessinent grâce aux pays émergents.
 
Les chefs qui commencent à entrevoir des possibilités de résistance s’enhardissent, se sentant désormais moins seuls, même s’il est encore trop tôt pour eux pour envisager des actions concrètes. L’Histoire récente de l’Afrique leur a appris qu’il ne sert à rien de jouer les « Cow-boys ».
 
Aucun dissident africain n’est mort tranquillement de vieillesse dans son lit. Ils sont tous morts soit en exil, soit en prison, s’ils n’ont pas été purement et simplement assassinés. Selon Cameroon Voice, il y a eu en Afrique 89 coups d’État, 22 présidents assassinés et 75 conflits armés depuis 1945.
 
L’installation du nouveau monde post-1945 et néocolonial a décapité le continent de ses élites qui avaient cru, naïvement, à leur libération. 70 ans après la guerre, un monde nouveau semble vouloir émerger.
 
Le fruit est mûr certes, mais le chemin est encore long. Il ne faut pas se voiler la face. L’Occident n’acceptera jamais de bon cœur l’émancipation totale des pays du tiers monde. L’équation est simple : la libération de ces pays signifie la mort de l’Occident tel qu’il est, avec sa prospérité et ses valeurs de riche. Malheureusement, les occidentaux, préoccupés par leurs préoccupations quotidiennes, ne sont pas du tout préparés à ce qui va arriver tôt ou tard.
 
reseauinternational.net
Noorinfo


              

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