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Noorinfo

INTERVIEW - Pour son petit-fils, le message de non-violence du Mahatma Gandhi est plus que jamais d'actualité.


Lu sur le web
Mercredi 30 Septembre 2015 - 15:05

Né en 1934 en Afrique du Sud, Arun Gandhi est le petit-fils du Mahatma («grande âme», en sanskit), apôtre de la non-violence et père de la nation indienne (1869-1948). Ecrivain, journaliste et enseignant, il a fondé en 2008 le Gandhi Worldwide Education Institute qui lutte contre l'exploitation physique et pyschologique des enfants des pays défavorisés.


Arun Gandhi   petit-fils du Mahatma
Arun Gandhi petit-fils du Mahatma
Depuis les États-Unis, où il réside, il parcourt le monde pour porter le message de paix de son illustre aïeul. Il était lundi à Paris pour la sortie en français de son livre Mon Grand-Père était Gandhi (Editions Eyrolles) et pour une conférence au Grand Rex, à Paris.
 
LE FIGARO - Amplifiée par les médias globaux, la violence du monde actuel est sans doute plus envahissante que celle du monde dans lequel vivait votre grand-père. Dans ces conditions, son message est-il toujours audible?
 
Arun GANDHI -
Il faut bien comprendre que l'origine de ce message de non-violence est en nous. La non-violence n'est pas juste une façon d'être, dans laquelle la violence serait invisible ou dont elle serait absente.
 
 C'est un effort conscient et actif pour ne blesser personne, sur aucun plan, qu'il soit moral, spirituel, physique, mental, économique ou social. Le pratiquant de la non-violence doit toujours être guidé par la compassion envers tous. Mon grand-père disait: «La non-violence doit devenir un mode de vie. Ce n'est pas un habit que l'on peut porter le jour et enlever la nuit».
 
Le terrorisme - dont votre grand-père, assassiné en 1948, a lui-même été la victime- a pris une énorme ampleur, à la dimension des États, comme on le voit par exemple au Levant actuellement. Comment, face à ce phénomène dévastateur, la non-violence peut-elle encore être une «arme»?
 
J'ai vraiment peur pour l'humanité. Les religions sont souvent interprétées et travesties par des individus qui cherchent à exploiter et contrôler autrui. On assiste aux pires formes de violence - racisme, oppression, guerres et holocaustes- exercées au nom d'un dieu.
 
Mon grand-père a énormément œuvré pour rassembler des personnes de toutes confessions et ce sont ces efforts qui ont donné à nombre de musulmans le courage et la confiance de rester en Inde malgré la création d'un État musulman, le Pakistan. Il croyait au caractère non-violent de l'islam.
 
En Inde, les problèmes entre hindous et musulmans que l'on observe encore ne relèvent pas de l'incapacité des gens à vivre ensemble, mais bien du pouvoir et de l'influence de ceux qui cherchent à exploiter les différences religieuses dans leur intérêt personnel.

Cela dit, la non-violence n'a pas pour but unique - ni même principal- de résoudre les conflits. Le respect pour les autres nous permet avant tout de comprendre qui nous sommes, notre propre rôle dans la vie, et comment nous pouvons remplir ce rôle pour le bénéfice de tous.

Quel souvenir personnel gardez-vous de Gandhi?

Le souvenir d'un grand-père qui, malgré ses obligations, tenait à passer chaque jour une heure avec moi pour parler. J'ai compris que consacrer une partie de sa journée à mon apprentissage était pour lui une priorité. Pour instiller en moi la discipline qu'il respectait tant, il m'aida à préparer un emploi du temps quotidien, qui comportait un temps pour le jeu, un temps pour l'enseignement ainsi que toutes les corvées pour l'ashram.

lefigaro
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