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Hussein Haidara, artiste peintre et plasticien : La mémoire de la cruauté


Culture
Vendredi 25 Avril 2014 - 14:25

Désacralisation du corps et sacralisation de la mémoire... C'est ce à quoi s'attelle Hussein Haidara dans sa dernière oeuvre, "Les Innocents" qui sera présentée à la galerie Zeinart, à partir du 22 mai prochain. La directrice de la galerie, Isabel Fiadeiro décrit l'effort de questionnement de l'artiste mauritanien, qui veut confronter ses concitoyens à leurs propres démons.


Hussein Haidara, artiste peintre et plasticien : La mémoire de la cruauté
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''(…) l'action théâtrale (...) questionne tout, rouvre les tabous et conflits cachés et essaye de mobiliser et non pas de satisfaire le public.'' 1

 

Le travail de Haidara est théâtral, toujours violent, nous ramenant a notre condition d'Homme et à notre propre mortalité.

 

Son questionnement continu de ce qui fait que l'homme (pour des raisons politiques ou religieuses) puisse faire du mal à l'autre au travers de la torture, la guerre ou la simple élimination des vies humaines est comme un fil conducteur dans son travail et sa recherche.

 

Comme un anthropologue ou un ethnographe, il reconstitue une carte de la violence dans le monde où hommes, femmes et enfants sont les victimes de la lutte pour le pouvoir.

 

À travers cette installation Haidara veut rendre un hommage à toutes les victimes, quelle que soit leur ascendant ou leur appartenance ethnique et religieuse aux long des siècles.

 

Il veut que chacun de nous puisse dans sa tête identifier à un passé proche ou lointain où un homme, une idéologie ou une croyance a utilisé la force et la violence pour faire prévaloir ses convictions.

 

Son installation où les couleur ocre et les os prédominent nous envoie à des images d'excavations ou des lieux des désastres.

 

La poussière est retombé créant un filtre intemporel, un déjà-vu.

 

Les figures sont plus proches des bêtes que des humains - c'est comme sa que l'autre est aperçue, reconstruits à partir d'os d'animaux et d'autres matériaux que Haidara a recueillis pendant des mois et retravaillés, nous font penser à des corps en décomposition ou gisant dans les civières qui les ont ramenés du lieu de leur décès. Ses tableaux sont comme des strates géologiques, chaque couche transportant l'histoire de l'humanité.

 

Surtout, Haidara ne veut pas qu'on oublie ces morts qui se répètent sans cesse depuis la nuit des temps, fruits de l'action de l'Homme.

 

Ces évènements diffusés par la télévision, la radio, les journaux et la culture, sont eux-mêmes victimes de ''(...) la répétition et l'oubli qui caractérisent les informations dans les médias. On saute d'une indignité à l'autre, d'une crise à la prochaine, moins soucieux de répondre a l'indignation d'une façon transformatrice et active que de maintenir une conscience et des témoignages à peine en vie ... Les réponses publiques augmentent et diminuent en fonction des pulsations et du rythme de la couverture médiatique.''2

 

La violence est banalisé à tel point que fiction et réalité se mélangent et que nous ne sommes guère touchés par ce que nous avons lu ou vu. Pire encore, nous ne nous posons plus de questions …

 

Haidara veut qu'on s'arrête, qu'on se pose des questions, qu'on prenne responsabilité de la violence qui est la nôtre.

 

Isabel Fiadeiro
 

1. Aida Hozic in, The Inverted World of Spectacle: Social and political responses to terrorism, in Terrorism and Modern Drama, 1990, pp.66-67

 

2. Bill Nichols dans ''Blurred boundaries''

Mamoudou Kane


              

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