Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Human Rights Watch donne raison à la Mauritanie…contre le «printemps arabe»


Actualité
Mardi 5 Février 2013 - 09:59

Deux ans après le déclenchement de ce que l’on a appelé communément le « printemps arabe », les espoirs suscités ne se sont pas concrétisés. L’organisation Human Rights Watch fait le bilan dans son rapport 2013 sur l’état des droits de l’homme dans le monde et l’on ne peut pas dire que ce qu’elle recense, comme disfonctionnements, dans ces pays où la « révolution » populaire est passée par là ne donne pas raison à un pays comme la Mauritanie où la préoccupation essentielle des autorités, de l’opposition modérée et, dans une certaine mesure de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) a toujours été de suivre l’exemple de ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Yémen et en Syrie.


Human Rights Watch donne raison à la Mauritanie…contre le «printemps arabe»
HRW a même mis en garde contre le fait que souvent, les régimes issus de ces « révolutions » ne respectent pas les droits de l’homme, ajoutant que le défi qui se pose maintenant est de bâtir des démocraties qui respectent les principes de ce mode de gouvernance.

Dans ce cadre, le directeur exécutif de l’organisation, Kenneth Roth, a déclaré, jeudi, à Londres, lors de la présentation du Rapport 2013 « dans lequel HRW va présenter la situation des droits de l’homme dans le monde », « il est clair, en fin de compte, que la chute des dictatures a été l’étape la plus facile » des révolutions dans certains pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord. Il a ajouté : « le plus difficile est de remplacer des régimes répressifs par des pouvoirs qui respectent les droits de l’homme ». La Mauritanie qui ne fait pas partie des pays suivis par l’organisation au cours de 2012 (et où figurent tout de même des pays comme le Sénégal et le Maroc) peut se frotter les mains, après avoir été cité par Reporter sans frontière (RSF) comme le premier des pays arabes, pour la deuxième année consécutive, en matière de respect de la liberté d’expression.

Toutefois, la Mauritanie doit se méfier de certaines « restrictions » qui ont souvent été dénoncées comme anti-démocratiques. Tel le fameux principe de « renouvellement de la classe politique » qu’Human Right Watch dénonce en Tunisie, en annonçant que le « projet de marginalisation politique » présenté devant le Conseil national politique (parlement) en Tunisie constitue une enfreinte aux législations internationales » parce qu’il va priver des « milliers de personnes de l’un de leurs droits essentiels ». Cette loi, en cas d’approbation, va mettre à l’écart les responsables gouvernementaux et cadres du parti « Rassemblement destourien démocratique », au pouvoir sous le président Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011), en les empêchant d’intégrer de nouveaux partis et de prendre part à la vie politique durant 5 ans. La même idée a été évoquée ici pour tenir à l’écart les caciques du défunt PRDS (parti au pouvoir sous Taya) qui ont pourtant montré qu’ils ont la peau dure et réussi à rebondir d’une manière spectaculaire, comme ils l’ont fait lors de la transition militaire 2005-2007.

Dans le rapport, il est dit également que la tension existante entre le pouvoir de la majorité et le respect des droits est probablement le plus grand défi rencontré par les nouveaux gouvernements », ajoutant, les dirigeants des pays du Moyen-Orient sont naturellement pressés d’exercer le pouvoir dès leurs victoires lors d’élections mais ils doivent le faire sans sacrifier les libertés publiques ou les droits des minorités et de la femme et les autres communautés en situation de péril ».

HRW semble donc reposer la même question qui a prévalu lors du déclenchement des « printemps arabes » : « Comment bâtir des démocraties respectueuses des droits après la chute des dictateurs. Cette exigence est subséquemment liée, note le rapport, à la « volonté des nouveaux gouvernements de respecter les droits (qui) déterminera si ces soulèvements ont donné naissance à de véritables démocraties ou ont simplement engendré de nouvelles formes d’autoritarisme. »

Tous doivent comprendre cependant, note le directeur exécutif de Human Rights Watch, Kenneth Roth, que « Les incertitudes liées à la liberté ne constituent nullement une raison pour renouer avec les méthodes prévisibles d’un régime autoritaire ». « Le chemin à parcourir peut se révéler périlleux, mais l’alternative serait de condamner à nouveau des pays entiers à un sombre avenir où règne l’oppression. »

Sans être un réel désaveu de la tendance générale qui a conduit à la chute de la plupart des dictatures dans le monde arabe, le rapport d’Human Rights Watch peut toutefois amener à réfléchir sur la suite à donner au « printemps arabe », toujours en cours dans des pays comme la Syrie et qui, au lieu d’apporter le changement escompté par les populations, est en train de créer une sorte de désordre intégral, portant à se demander si, finalement, le choix n’est pas entre le mal et le pire.

Sneiba Mohamed
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter
Les + populaires