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Hollande en Afrique : problématiques constitutionnelles et militaires


Politique
Vendredi 3 Juillet 2015 - 16:00

Pourquoi exiger de Sassou Nguesso (Congo) ce que l’on ne demande pas à d’autres Présidents d’Afrique centrale ? Sassou Nguesso (Congo) et le dialogue national Sassou Nguesso (Congo) et le dialogue national


Hollande en Afrique : problématiques constitutionnelles et militaires
Il y a deux lectures à faire du voyage de Hollande en Afrique (Bénin, Angola, Cameroun). Pour le Président français, il s’agit de peser de tout son poids pour réaffirmer l’importance de la France et des pays du front contre Boko Haram (Cameroun, Bénin).

En Angola, il s’agit de réaffirmer les liens économico-financiers entre la France et l’Angola, ce qui justifie une forte délégation de chefs d’entreprise à ses côtés.

Au cours de cette visite, il va demander aux Africains de ne pas modifier les constitutions, et sans le dire de façon explicite, il a en point de mire le Président Denis Sassou Nguesso du Congo qu’il soupçonne de vouloir modifier la constitution alors que le Président du Congo n’a rien dit de ses intentions.
 
 La deuxième lecture plus explicite est celle qui consiste à voir dans la visite du Président Hollande en Afrique une volonté d’imposer une ligne politique et constitutionnelle aux anciennes colonies françaises d’Afrique centrale.

Bien entendu, l’entourage du Président Hollande rejette tout soupçon d’ingérence de la France. De qui se moque-t-on ? Hollande avait dit vouloir supprimer la Françafrique, mais les rapports historiques entre la France et l’Afrique francophone (par la monnaie-zone Franc CFA-, par la politique-interventions au Mali, en République Centrafricaine-, par l’économie-le rôle de Total, d’Areva-) ne peuvent diluer et encore moins faire disparaitre la Françafrique, même si celle-ci change de nature.
 
 Sur le plan politique, le Président Hollande doit comprendre que, depuis les indépendances, les pays africains essaient de construire des modèles politiques et économiques qui s’appuient sur des constitutions qui trouvent leurs racines dans une sociologie de la relation qu’entretiennent le peuple et les institutions avec leurs dirigeants.

L’Occident a voulu imposer un modèle politique en Libye. Les conséquences de cette politique de domination mentale et physique sont les suivantes : absence d’Etat en Libye, migrations massives vers l’Europe à partir de la Libye et troubles politiques au Mali contenus grâce à l’intervention française (Opération Serval).
 
 Sassou Nguesso Président du Congo est depuis longtemps au coeur
des problèmatiques politico-constitutionnelles au Congo et en Afrique.
 
 Il est temps que le Président François Hollande comprenne que la politique d’ingérence est terminée, qu’il n’y a pas, en Afrique centrale, des pays et des Présidents fréquentables et d’autres non, au nom d’une géométrie politique variable. Le Président Sassou du Congo Brazzaville n’est pas sourd à la réalité internationale.

Il est au cœur des politiques d’intégration en Afrique pour avoir assumé le poste de Président de l’Union africaine, il est aussi un grand médiateur dans les conflits en République Centrafricaine et dans les Grands Lacs.

Il est au cœur d’une sociologie politique africaine, souvent incomprise du côté du monde occidental et surtout de Paris qui veut imposer sa loi d’airain de domination politique et économique aux élites africaines, malgré les discours fondés sur la coopération politique entre des acteurs égaux de la communauté internationale.
 
 On a vu ce qu’il s’est passé au Burkina Faso et au Burundi. Il y a en Afrique, et au Congo, des élections présidentielles à venir. Fort de la relation que le Président du Congo entretient avec sa population, il a organisé, à la manière africaine, une palabre politique qui lui a permis d’écouter tous les Congolais et les Congolaises des différentes couches sociales.

Ces Congolais ont évoqué les questions diverses qui touchent à la vie de l’Etat et de la Nation congolaise. A l’issue de cette palabre africaine, le Président Sassou a décidé de mettre en place une commission préparatoire au dialogue national qui aura lieu du 11 au 15 juillet 2015.
 
L'Afrique et le Congo construisent leur propre modèle de pensée

 Que la France comprenne, ainsi que ses élites, que les Africains sont capables de réfléchir à la mise en place de modèles politiques et constitutionnels qui leur soient propres en fonction de leur réalité politique. Le Congo est un pays qui depuis son indépendance est hanté par la violence. Or, le Président Sassou, en convoquant un dialogue national, souhaite travailler pour la paix et le dialogue national, que les Congolais appellent de leurs vœux, doivent répondre à deux questions fondamentales :
 
Comment devrait-on organiser au mieux les scrutins à venir dans notre pays ?
Fait-on oui ou on évoluer les institutions de la République ? Si c’est oui dans quel sens souhaite-t-on les faire évoluer et si c’est non, pourquoi ?
 
Les Occidentaux ont vendu à l’Afrique le concept de démocratie grecque comme vertu essentielle des peuples. Pourquoi la France et une partie de l’Occident s’évertueraient-elles à déconsidérer l’action de Denis Sassou Nguesso Président du Congo, qui souhaite consulter son peuple pour résoudre un problème politique et constitutionnel ?

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