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Hollande déchoit la déchéance : la fin d'un délire national et d'une folie populiste


International
Vendredi 1 Avril 2016 - 13:35

Le président de la République a décidé, faute de pouvoir réunir une majorité des 3/5e du Parlement, d’abandonner la révision constitutionnelle sur l’extension de la déchéance de la nationalité.


Une leçon pour la gauche, mais comprendra-t-elle qu’on ne gagne rien en sacrifiant ses convictions à un populisme électoralisme au nom d’une unité factice rassemblée par la bassesse ? C'est le coup de gueule d'Olivier Picard.
 
Cette fois, la gauche a vraiment touché le fond.
 
Le président de la République a décidé d’arrêter les frais en admettant un terme au processus de révision constitutionnelle qui devait consacrer l’élargissement du périmètre de la déchéance de nationalité et institutionnaliser l’état d’urgence. Il a bien fait, même si toute la classe politique pointe un fiasco et raille l’échec personnel du chef de l’État. Mais avant d’en arriver là, François Hollande a fait beaucoup de dégâts et il lui faut bien, aujourd’hui, assumer ce désastre général.
 
Un spectacle politique navrant
 
Personne ne l’obligeait, en effet, à prendre à témoin le Parlement réuni en congrès à Versailles trois jours après les attentats du 13 novembre pour promouvoir une mesure symbolique parfaitement populiste.
 
En mélangeant la définition de l’identité à la contre-attaque contre la menace terroriste, il avait au mieux cédé à l’émotion de l’opinion. Au pire, prêté la main à un cynisme démagogique parfaitement populiste qui ciblait – volontairement ou non, peu importe – les Français d’origine immigrée.
 
On voit le résultat : une majorité déchirée, une opposition hystérisée. Un spectacle politique navrant.
 
Marine Le Pen pourrait dire merci à Cambadélis
 
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a achevé de ridiculiser la lâcheté de son camp en présentant "ses excuses" au pays pour ce ratage. Des excuses ? Des excuses pour quelle faute ?

Des excuses pour avoir mis fin à une initiative qui entache l’âme de la gauche française pour longtemps ? Des excuses pour ne pas avoir été capable de saborder une éthique républicaine pour satisfaire la colère, supposée du peuple en s’alignant sur les sondages ?
 
Il ne s’est donc pas trouvé une seule voix pour arrêter ce délire national, cette obsession sécuritaire qui a saisi le pays, cette folie… que la gauche n’a pas jugée utile de raisonner. Là aurait été le vrai courage, mais qui l’a osé ? Pas même Christiane Taubira, signataire du texte de loi scandaleux en qualité de ministre de la justice, qui a mis du temps, trop de temps,  à le trouver finalement inacceptable…
 
Cambadélis aurait pu au moins reconnaître que la gauche avait compris la leçon : on ne gagne jamais rien à trahir ses convictions profondes au nom d’une unité par le bas – par la bassesse pourrait-on écrire. Il aurait mieux fait de sauver l’honneur en admettant un égarement politique lourd de conséquences qui n’a fait que légitimer les solutions simplistes de la droite la plus extrême.
 
Comme si tout cela ne suffisait pas, sous l’empire d’une veulerie généralisée, le premier des socialistes a aggravé la situation en rendant les armes. En disant aux Français qu’ils avaient raison de croire dans la fuite en avant sécuritaire, fut-elle illusoire. Marine Le Pen pourrait lui dire merci pour ces quatre mois de débat qui ont apporté de l’eau noire à son moulin. Sans même parler, elle est sûre de récupérer la mise.
 
Triste moment de décadence démocratique
 
Car la droite classique, elle-même, s’est humiliée, et a humilié la machine démocratique en laissant le Sénat jouer avec les mots pour entraver un texte qu’elle avait elle-même souhaité. Comment mieux ruiner sa propre dignité ?
 
Quant à Nicolas Sarkozy, il s’est montré très prévisible en pilonnant le renoncement de son successeur. Une posture pitoyable tant elle peine à masquer avec des effets grossiers son propre reniement idéologique.
 
Devant l’Assemblée nationale, Manuel Valls a saisi à la volée, comme une bouée, cette contradiction un peu minable, pour tenter de noyer le poisson : "Comment ne pas regretter cette incapacité à nous rassembler ?" a-t-il lancé, aux cours de la séance des questions au gouvernement, à des députés

Les Républicains, manifestement gênés aux entournures, mais dont les moins brillants éléments – généralement les plus vociférants – ont cru bon de faire les malins. Mais au final, seule la mauvaise foi très crasse a triomphé dans cet hémicycle désabusé.
 
 Triste moment de décadence démocratique, en vérité, qui a acté le naufrage d’une classe politique incapable de se sublimer au moment même où le pays doit faire face à une crise inédite qui engage son avenir. Marion Maréchal Le Pen, que la journaliste parlementaire de France 3 avait eu l’heureuse idée (si on peut dire) d’inviter – quelle experte ! – en préambule de la séance, n’a même pas eu besoin d’en rajouter dans l’antiparlementarisme. La honte absolue ! Oui, la honte.

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