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Hans-Georg Gerstenlauer, chef de la délégation de l'UE en Mauritanie: ‘’La tenue des élections législatives et municipales, qui aurait dû avoir lieu il y a un an..."


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Jeudi 15 Novembre 2012 - 04:40

‘’La tenue des élections législatives et municipales, qui aurait dû avoir lieu il y a un an et dont, aujourd'hui, nous ne connaissons pas encore la date, devient, maintenant, urgente et prioritaire’’


Hans-Georg Gerstenlauer, chef de la délégation de l'UE en Mauritanie: ‘’La tenue des élections législatives et municipales, qui aurait dû avoir lieu il y a un an..."
La Mauritanie vit une tension politique opposant la majorité présidentielle et l’opposition réunie au sein de la COD. Une tension accentuée par la fin des mandats du Parlement et des municipalités et des reports successifs des élections. Çà et là, quelques initiatives ont émergé, pour appeler les deux camps à la modération. Même si l’UE s’interdit de s’immiscer dans les affaires intérieures du pays, elle ne peut pas rester indifférente à cette situation. Peut-on savoir ce qu’entreprend l’ambassadeur, pour rapprocher les positions des deux camps, afin de permettre, à la Mauritanie, de sortir de cette situation par l’organisation d’élections, inclusives et non contestées ? N’avez-vous pas été sollicité par un des camps pour jouer un rôle de médiateur ?

Hans-Georg Gerstenlauer : Permettez-moi, tout d'abord, de souligner que la Mauritanie dispose des acteurs et institutions qui sont bien capables de prendre la politique intérieure dans leurs propres mains. Les différentes initiatives des acteurs politiques que nous pouvons actuellement observer sont la preuve qu’ils prennent cette responsabilité au sérieux et qu'ils sont en mesure de développer et de proposer des solutions aux problèmes actuels.

Cependant, nous, les ambassadeurs de l'Union européenne (UE) et de ses Etats-membres présents en Mauritanie, nous avons suivi, avec une certaine préoccupation, l'évolution de certaines questions. Comme partenaires et amis, nous avons donné notre conseil, sur ces deux questions importantes que sont le dialogue politique et les prochaines élections législatives et municipales.

C'est ainsi que, ces dernières années, nous n'avons pas manqué une occasion d'encourager les acteurs politiques de la Mauritanie à ce qu'il y ait un dialogue inclusif politique, avec une approche responsable, entre la majorité présidentielle et l'opposition, pour le bien commun du pays.

Dans le même esprit, l'UE a exprimé l'attente – et continue à le faire – de l'organisation rapide d’élections libres, transparentes et représentatives. Ce sont les messages que je réitère, à chaque occasion, à mes interlocuteurs, aussi bien dans le gouvernement que dans l'opposition. Personnellement, je suis d'avis que la tenue des élections législatives et municipales, qui aurait dû avoir lieu il y a un an et dont, aujourd'hui, nous ne connaissons pas encore la date, devient, maintenant, urgente et prioritaire: il est temps de demander au souverain, c'est-à-dire chaque électeur, son avis sur le futur politique du pays et sur les personnes qui le représenteront dans l'Assemblée nationale et sur le plan local.

En effet, la légitimité des élus actuels et, par conséquent, leurs décisions sont de plus en plus remises en question. En plus, il y a un grand et croissant nombre de jeunes électeurs qui n'ont encore jamais eu la possibilité de voter. Bien sûr, il faut tout faire pour que les élections ne donnent la moindre raison d'être contestées et que chaque électeur potentiel et chaque parti aient la possibilité d'y participer. Cela requiert une volonté politique, une approche constructive et un effort commun de toutes les parties prenantes. - L’organisation d’élections nécessite de gros moyens dont notre pays ne dispose pas, en totalité.


Qu’apportera l’UE, en termes de moyens financiers, de logistique et d’expertise, pour aider la Mauritanie à organiser ces scrutins ?

- En général, l’UE dispose, pour sa politique de promotion de la démocratie et les droits de l'Homme, de différents instruments afin d’appuyer les processus électoraux de nos pays partenaires. Cet appui peut se traduire, entre autres, par une assistance technique ou matérielle, la formation des acteurs organisant les élections et des missions d'observation électorale.

Dans chaque cas concret, le soutien dépendra des besoins exprimés par le pays, de la contribution des autres bailleurs mais, aussi, des disponibilités budgétaires de l'UE, des priorités existantes, ainsi que du nombre de demandes d'intervention. Par exemple, en 2006 et 2007, l'UE a contribué, en Mauritanie, avec une mission d'observation électorale, une assistance à la CENI et à l'organisation des élections, avec un montant de 6 millions d'euros (1,34 milliards d'UM). Pour ce qui est des prochaines élections législatives et municipales en Mauritanie, l'UE s'efforcera de prendre toutes les dispositions possibles pour essayer de répondre positivement aux attentes des autorités mauritaniennes, concernant l'observation des élections ainsi qu'un éventuel appui à leur organisation.

Ceci dit, je dois mettre l'accent sur l'importance, essentielle, de disposer du temps nécessaire, que ce soit pour préparer une mission d'observation électorale ou un éventuel appui à l'organisation du processus électoral. Ce sont des activités qui exigent la mobilisation de ressources humaines, logistiques et budgétaires importantes. Il va de soi que l'existence d'un calendrier électoral, précis et établi bien à l'avance, est un des facteurs-clés pour que l'UE puisse donner, le moment venu, une réponse satisfaisante aux demandes concernant l'observation des élections ou l'appui au processus électoral. - La Mauritanie a vécu une année de sécheresse particulièrement difficile en 2011.

Quelle contribution l’UE a apportée pour soulager les populations victimes de la famine ?

- La Mauritanie a, en effet, été durement touchée par la sécheresse et la crise alimentaire qui a suivi. L'UE a très vite mis à disposition des fonds, pour répondre aux actions d'urgence nécessaires et sauver, tout simplement, le plus de vies possible. Le soutien financier de l'Union européenne ne se fait pas directement mais de façon indirecte, via des partenaires onusiens ou des ONGs. Ceci explique, peut-être, pourquoi la contribution de l'UE n'est pas toujours pleinement visible, en ce domaine.

Au demeurant, l’UE a mobilisé pour la Mauritanie, dans la crise de sécurité alimentaire actuelle, 20 millions d'euros (7,6 milliards d'UM). Cette contribution à été répartie via trois activités Premièrement, une aide à hauteur de 7 millions d'euros, pour financer le plan d'urgence mis en œuvre par le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Ce plan a permis de toucher, directement, les populations rendues vulnérables par la crise alimentaire.

Ceci a été effectué par un approvisionnement des Stocks Alimentaire Villageois de Sécurité (SAVS), des distributions gratuites de nourriture et des transferts monétaires aux ménages les plus vulnérables, dans les régions du Brakna, de l'Assaba, du Gorgol et du Guidimakha, ainsi que dans les zones périphériques de Nouakchott. Cette aide d'urgence a bénéficié à plus de 100 000 Mauritaniens.

Deuxièmement, l'UE a aussi contribué, via notre agence humanitaire ECHO, à allouer plus de 5 millions d'euros à des ONGs, dont Action Contre la Faim, la Croix Rouge Française, Intermon OXFAM et ACCORD, ainsi qu'à des Agences des Nations-Unies, notamment le PAM et l’UNICEF, en charge de l'aide d'urgence pour améliorer les conditions de subsistance des ménages les plus vulnérables et, notamment, les enfants souffrant de malnutrition.

Troisièmement, plus de 8 millions d'euros sont prévus, sur une période de deux ans, afin de financer des activités pour améliorer la résilience des populations. Nous poursuivrons, ainsi, notre appui en période de post-crise alimentaire, à partir de 2013, afin de donner les moyens, aux populations les plus touchées par la sécheresse et ses conséquences néfastes, de prévenir ce genre de crise et d'améliorer leurs capacités à y résister. Je tiens à rappeler que le financement de l'aide d'urgence n'est qu'une partie de notre contribution à lutter contre la crise alimentaire dans la région du Sahel, en général, et en Mauritanie, en particulier.

Enfin, je voudrais attirer votre attention sur le fait que nos projets traditionnels de sécurité alimentaire, déjà en cours avant cette crise alimentaire, dont quatre projets liés à l'information sur la sécurité alimentaire, financés à hauteur de près d’un million et demi d'euros, et quatre projets de transferts monétaires, dotés d'une enveloppe européenne de plus d’1,9 million d'euros, ont continué pendant cette période critique. Ces 3,4 millions d'euros, pour le soutien à la sécurité alimentaire, s’ajoutent donc au montant spécifiquement mobilisé pour la crise.

- L’UE durcit, de plus en plus, le système d’octroi de visas d’entrée pour les pays africains. En Mauritanie, les étudiants en pâtissent énormément. Même les hautes personnalités de l’Etat ne sont pas épargnées. Récemment, le président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheïr, a été contraint de reporter son voyage en France, parce qu’il a estimé « inadmissible » de se présenter physiquement au consulat, pour les formalités d’usage.


Pourquoi cette espèce de tour de vis envers ceux qui veulent se rendre sur le vieux continent ?

- Je me permets de préciser qu'en matière de politique de l'UE concernant le domaine de visas, ce sont les dispositions du Traité Schengen de 1985 qui établissent les règles de fonctionnement. Ce traité comprend tous les Etats-membres de l’UE, à l’exception du Royaume-Uni, l’Irlande, la Roumanie, la Bulgarie et la Chypre. Trois pays qui ne sont pas membres de l'UE, la Norvège, l'Islande et la Suisse, ont également signé le Traité Schengen. Cette politique commune des visas permet, à chaque personne, une fois entrée, avec un tel visa, dans l'espace Schengen, d’y circuler librement.

Dès lors, les pays qui font partie de cet espace délivrent tous le même visa. En ce qui concerne la mise en œuvre de cette politique ou la question des cas individuels, je ne peux me prononcer. La délégation de l'UE n'a pas de compétence, en matière d'octroi des visas Schengen. Ce sont les consulats des ambassades des pays Schengen qui traitent des demandes et qui, après examen, délivrent les visas. - Après de longs mois de tractations, l’UE a signé un accord de pêche jugé, par les observateurs, très avantageux pour la Mauritanie, ce qui a suscité la grogne des armateurs européens qui s’estiment lésés, parce l’effort de pêche a été revu à la baisse. Face à ce mécontentement, l’UE ne risque-t-elle pas d’envisager la renégociation dudit contrat ? Sinon, va-t-elle continuer à payer, alors que ses bateaux ont pris le large ?

- Le protocole, paraphé le 26 juillet, entre les négociateurs mauritaniens et l'UE, a apporté plusieurs modifications, significatives, comparées avec son précédent, tant sur le plan environnemental que sur le plan commercial. Concernant l'aspect environnemental, le protocole est un résultat équitable qui assure, d'une part, la protection et le renouvellement de la ressource halieutique en Mauritanie et, d'autre part, reflète la politique et l'engagement de l'Union européenne, en matière de pêche responsable et durable. Je tiens à rappeler que la diminution de l'effort de pêche relève de la souveraineté mauritanienne, à travers son plan de gestion de pêche. Les avis scientifiques ont permis d'identifier les espèces menacées ou surexploitées, tout comme ils ont permis d'augmenter, sensiblement, les possibilités de pêche d'autres espèces.

En ce qui concerne les aspects commerciaux, les négociateurs de l'UE ont fait des concessions qui se traduisent en une augmentation de la charge des armateurs européens, sans vouloir, pour autant, mettre en question l'attractivité et la viabilité économiques du protocole pour eux-mêmes. En effet, celui-ci est profitable, pour la Mauritanie, en termes d'emplois, de renforcement des activités portuaires, de contrôle et de surveillance, de gestion à long terme de la ressource. Etant donné que quelques doutes persistent, parmi les armateurs européens, on veillera, constamment, à ce que les nouvelles dispositions techniques n'affectent pas la rentabilité de la pêche.

L'idée de renégocier un protocole qui n'est, d’ailleurs, pas encore en œuvre, n'est pas dans l'agenda des négociateurs de l'UE. Le protocole est actuellement soumis au processus décisionnel, au sein de l'UE, à savoir l'adoption, par le Conseil des ministres UE, suivie de la ratification, par le Parlement européen. Dans un tel processus démocratique, il est plutôt normal que des divergences soient soulevées et qu'on essaie d'y trouver des réponses satisfaisantes.

Il est vrai qu'une partie de la flotte communautaire n'est pas, actuellement, présente dans les eaux mauritaniennes mais il est vrai, aussi, que cela coïncide avec le repos biologique d’octobre/novembre et avec la période creuse, pour d'autres catégories de poisson. Je reste persuadé que ce protocole représente un saut qualitatif, par rapport aux précédents, et qu'il offre de nombreuses opportunités, pour les armateurs européens, tout en respectant, mieux, l'exigence de la durabilité de la pêche en Mauritanie.

Propos recueillis par Dalay Lam
Source: Le Calame


Noorinfo


              


1.Posté par Liss le 15/11/2012 18:15
23 Mar 2012
http://www.afrol.com/articles/35756
"For his part, Hans-Georg Gerstenlauer, head of the EU delegation in Nouakchott, reiterated that the process of democratic transition in Mauritania and its return to constitutional order in January had enabled the Council of Europe to give a green light to the return to full cooperation between the EU and Mauritania. "

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